Concertation à renouveler

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Alain Gagnon, président du Syndicat des employés de... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Alain Gagnon, président du Syndicat des employés de l'aluminium d'Arvida.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / L'économie de la région se trouve à la croisée des chemins. Comment faire émerger de nouvelles idées d'une structure longtemps dépendante de la forêt, de l'aluminium et de l'énergie? Le professeurs, Marc-Urbain Proulx, et le syndicaliste, Alain Gagnon, réfléchissent plus que quiconque à l'avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean du point-de-vue que leur confère leur travail respectif. Ils nous livrent, en partie, leur réflexion.

Il y a déjà plus d'un an qu'a eu lieu le Sommet économique régional. Plusieurs groupes ont déposé des mémoires afin d'exposer leurs orientations, réflexions et solutions. C'est le cas du SNEAA, en collaboration avec Unifor, qui représente près de 50 000 membres au Québec et plus de 300 000 membres au Canada dans plus d'une vingtaine de secteurs économiques. Dans le secteur de l'aluminium, Unifor représente plus de 3000 membres au Québec.

Au début des années 80, la compagnie Alcan, principal employeur de la région, a annoncé qu'il ne fallait plus compter sur elle comme principal pourvoyeur. Le choc fut très grand. En réaction, la population et les acteurs régionaux se sont organisés.

Tant les gouvernements,les organisations régionales que les entreprises et les syndicats ont pris les choses en main pour faire de la région un pôle mondial de l'aluminium.

Au cours des années suivantes et encore aujourd'hui, différentes actions ont été priorisées, dont le développement de l'expertise, notamment par la création d'une chaire de recherche à l'Université du Québec à Chicoutimi. On a aussi implanté des institutions de R et D tels le Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA) et le Centre des technologies de l'aluminium du Canada.

Parallèlement, diverses interventions ont été mises de l'avant pour soutenir l'industrie et les PME, notamment en créant un organisme d'aide au financement et en offrant un crédit d'impôt pour favoriser le maintien des activités de transformation.

À la suite des recommandations du comité «TransforAction» formé sur l'initiative du SNEAA, au début des années 2000, la Société de la Vallée de l'aluminium (SVA) a été créée.

Au cours des 30 dernières années, la région s'est concertée pour assurer la pérennité d'une industrie vitale pour la communauté et ses habitants. Avec le contexte économique qui a complètement changé depuis la crise financière de 2008 et qui ne sera plus jamais le même, on se doit de franchir un pas de plus pour donner à notre économie régionale un second souffle. Pour ce faire, il faut une action de concertation renouvelée et articulée autour des deux grands moteurs économiques de notre région: l'aluminium et la forêt.

À titre de mauvais exemple de doublons, le 21 mai dernier le gouvernement du Québec allait de l'avant avec son projet de créer un centre d'expertise de l'aluminium au Québec, le CeAl. On reprend ici les activités déjà offertes par le CQRDA, qui couvre efficacement l'ensemble du Québec. Il faut arrêter de créer des doublons au profit de Montréal. Il faut plutôt s'associer et unir les forces de chacun. Bref, il faut se concerter.

Dans notre région, il y a de formidables infrastructures en recherche et développement, expertes en transfert de technologies. Il y a aussi de nombreuses entreprises dans le secteur de l'aluminium (transformation et utilisations combinées au secteur recherche et développement), et finalement la SVA, qui mène ses activités et présente une valeur ajoutée inégalée pour les entreprises.

Malheureusement, toutes ces organisations travaillent en silo. Lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay, le premier ministre Philippe Couillard a mentionné qu'il y avait des lacunes dans la structure actuelle et a critiqué Investissement Québec, une organisation qui manque de «vigueur» et qui pourrait mieux s'acquitter de son devoir.

Lors du Sommet économique de juin 2015, Rio Tinto mentionnait qu'il y avait l'équivalent de la production de métal en fusion produite à l'aide des salles de cuves précuites, soit 172 000 tonnes, disponible pour des projets dans la région. Pourquoi ne pas saisir la balle au bond et se servir davantage d'Investissement Québec?

Alain Gagnon

Syndicaliste

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