Moi, mon labrador

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
DÉBAT / Le débat sur les pitbulls a suscité de vives réactions au Québec. À... (123rf)

Agrandir

123rf

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Le débat sur les pitbulls a suscité de vives réactions au Québec. À Saguenay, le maire Jean Tremblay demande au gouvernement d'exiger la stérilisation de ce type de chien. À Québec, Régis Labeaume va plus loin et décrète une interdiction de la race à compter du 1er janvier 2017. L'intervenante en modification comportemental chez Solutions Canines SM, Sandra-Marie Hrycko, et l'avocat criminaliste Charles Cantin se prononcent sur le sujet.

«Oh le beau labrador! Viens Junior, viens flatter le beau chien!» C'est le commentaire que j'entends le plus souvent lors de mes sorties.

J'ai une petite labrador chocolat de 18 mois, alors les gens prennent pour acquis que c'est acceptable de la flatter n'importe quand. Règle de sécurité fondamentale: ne jamais approcher un chien qu'on ne connaît pas, encore moins avec un enfant!

Faut avouer que Hope aime le monde... beaucoup!

Faut dire que son arrivée a été planifiée: recherche sur la race, évaluation de nos besoins et de notre capacité à lui offrir ce dont elle a besoin pour s'épanouir, discussions avec plusieurs éleveurs, choix de la lignée, etc.

Faut ajouter que nous avions un plan de match et que nous avons mis tous les efforts pour l'aider à y arriver: socialisation dès l'âge de sept semaines, sorties, cours, sports canins de toutes sortes. Elle a aussi été stérilisée.

Bref, rien n'a été laissé au hasard.

Un bon chien, ça demande du temps, des efforts, un minimum de connaissances et ça implique une préparation. Une question de responsabilité quoi!

Mais au Québec, on peut acheter un chien sur un coup de tête, en animalerie, chez Monsieur Chose qui vient d'avoir une portée - oups! - ou même sur Kijiji. Des chiens provenant d'usines à chiots ou mis au monde pour arrondir les fins de mois, ou simplement parce qu'on ne veut pas payer pour faire stériliser. Des chiens dont on ne connaît pas la génétique et qui peuvent présenter des tares physiques ou mentales.

Au Québec, il est permis d'avoir un chien sans aucune formation, sans aucune connaissance.

Au Québec, c'est OK d'utiliser des techniques barbares comme des colliers électriques ou à piques si un chien «n'écoute pas», mais payer un éducateur canin diplômé, ah ça non, ça coûte trop cher!

Au Québec, c'est acceptable d'enfermer un chien 8 à 10 heures par jour dans une cage. C'est OK de lui enfiler un collier à chocs ou à la citronnelle parce qu'il jappe chaque fois que quelqu'un passe dans la rue ou de lui foutre une claque parce qu'il a grogné lorsqu'on a assis la petite Rose sur son dos pour prendre une photo. Pas étonnant que nos chiens capotent!

Des faits

En Ontario, depuis l'arrivée de la loi interdisant les pitbulls, le nombre de morsures dues aux chiens de ce type a diminué. Mais attention! Le nombre total de morsures a augmenté! Il y a plus de morsures qu'avant l'entrée en vigueur de la loi! (http://globalnews.ca/news/2 527 882/torontos-pit-bulls-are-almost-gone-so-why-are-there-more-dog-bites-than-ever/)

La Coalition nationale sur les animaux de compagnie (http://www.ncac-cnac.ca/Breed-ban-doc-fr.pdf) a publié un document, fruit d'une consultation avec divers organismes et spécialistes du domaine canin, sur l'inefficacité de l'interdiction de races dans la prévention des morsures. Des lignes directrices pour les municipalités ont aussi été développées. Conclusion? Interdire une race, ça ne marche pas!

Une approche basée sur l'éducation et le contrôle des naissances serait, à mon humble avis, plus efficace.

1. Éduquer les propriétaires par le biais de cours obligatoires pour l'obtention d'une licence ce la ville;

2. Rendre la stérilisation obligatoire pour tous les chiens sauf ceux appartenant aux éleveurs ayant un permis à cet effet;

3. Interdire la vente d'animaux dans les animaleries tout en exerçant un contrôle plus important des éleveurs de fonds de cours, des usines à chiots et tutti quanti (le Québec est la pire province au Canada en matière d'usine à chiots et de gens qui accouplent leurs chiens pour arrondir leurs fins de mois).

J'ajouterais aussi injecter les fonds nécessaires, donner au MAPAQ les moyens financiers pour inspecter et contrôler l'industrie, former des agents de contrôle animalier, faire respecter les lois déjà en vigueur et imposer de lourdes sanctions aux contrevenants.

Interdire un type de chien, c'est viser le blanc et tuer le noir.

Entretemps, moi mon labrador ne risque rien, parce qu'elle a une belle gueule et parce qu'on a pris nos responsabilités.

Sandra-Marie Hrycko, intervenante en modification comportemental chez Solutions Canines SM

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer