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DÉBAT / Bien que la dépendance à l'alcool soit un problème bien présent dans la... (123rf)

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Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Bien que la dépendance à l'alcool soit un problème bien présent dans la société, elle est souvent l'objet d'incompréhension et de jugement. La chef de programme en dépendance Marie Lehoux, et Me Julien Boulianne, un avocat ciminaliste qui a renoncé à l'alcool il y a une trentaine de mois, partagent leurs sentiments sur le sujet.

Nous avons tous déjà eu un proche, un collègue ou du moins une connaissance qui avait des problèmes de consommation d'alcool, de drogue ou même les deux. Nous avons tous été témoins un jour ou l'autre d'une situation embarrassante où quelqu'un était dans un état d'intoxication. Nous avons involontairement éprouvé un sentiment de condamnation ou de pitié. Mais qu'en est-il de ces hommes et femmes, et de ces jeunes, qui sont aux prises avec une dépendance? Une dépendance si forte qui les pousse parfois à commettre des gestes regrettables pour lesquels ils accumulent un sentiment de plus en plus grand de culpabilité et de détresse psychologique. Que se passe-t-il pour ces personnes dépendantes, lorsqu'elles appellent à l'aide, lorsqu'elles n'en peuvent plus et qu'elles expriment le désir de changer, parfois pour la énième foi?

Pour l'alcoolique, le toxicomane ou le joueur compulsif, il y a une première étape - essentielle et incontournable - qui le mènera vers le rétablissement, vers le début d'une nouvelle vie. Cette étape est d'admettre, un seul moment, que sa consommation est problématique. Une reconnaissance que ses habitudes de consommation lui apportent davantage de désagrément et de difficultés que de plaisir. À partir de cet instant, le changement devient envisageable.

Toutefois, il est difficile pour la personne dépendante de demander de l'aide. La honte, le jugement des autres, l'impression d'être faible, voilà des sentiments que peut vivre un alcoolique ou un toxicomane. Ensuite, le chemin peut sembler long vers le mieux-être, car une fois la demande d'aide réalisée, viennent la difficulté à affronter la réalité et les conséquences de ces années de consommation. Faire face à la vie de façon sobre, en pleine connaissance des impacts de nos choix passés, de tous ces ressentiments, peut devenir insupportable et parfois, vous pousser à la rechute. Cette gestion des émotions, que le dépendant avait l'habitude d'automédiquer depuis trop longtemps, n'arrive plus à se faire sans l'aide de la substance. L'impression de ne jamais y arriver vient alors hanter la personne souffrante.

C'est à ce moment que des professionnels du Centre de réadaptation en dépendance (CRD) peuvent vous aider. D'abord, un intervenant en dépendance ne juge pas et comprend ce que le dépendant vit. Un intervenant en dépendance peut évaluer avec vous l'ensemble de la situation et vous guider sur les changements que vous devez d'abord faire pour vous permettre d'avancer vers une vie plus équilibrée. Un intervenant en dépendance offre des moyens, qui vous ressemblent, adaptés à votre réalité pour faire du ménage dans votre vie, pour identifier vos souffrances afin que vous puissiez faire des choix vers le rétablissement.

Que ce soit en rencontre individuelle, en atelier de groupe ou lors d'échange avec d'autres dépendants, les services sont multiples et adaptés. Dans un processus de réadaptation, il n'y a pas de recette magique, c'est une multitude de solutions qui s'offrent à nous. Et, petit à petit, le dépendant chemine, se comprend mieux, s'aime davantage, se choisit, prend de meilleures décisions. Parfois, le dépendant chute à nouveau, il se croyait plus fort, ayant probablement sous-estimé l'impact d'une rencontre ou d'une émotion. Quelle belle occasion que la vie lui offre alors pour se reprendre et mieux comprendre sa problématique et bonifier sa façon de réfléchir, bonifier ses choix et enfin, prendre les décisions qui l'aideront à être heureux.

Au CRD, l'engagement de l'équipe est de vous soutenir vers un meilleur équilibre de vie. L'engagement est aussi de vous offrir un soutien médical au besoin, pour vous supporter dans l'arrêt, pour permettre à votre corps de mieux s'adapter sans la substance. C'est aussi de vous offrir un soutien psychologique pour évaluer vos blessures, vous connaître et comprendre pourquoi vous avez fait ces choix.

L'engagement du CRD, c'est également un support à l'acquisition de bonnes habitudes de vie et d'organisation de votre environnement, éléments qui vous permettront de poursuivre sainement votre parcours.

Au CRD, vous trouverez quelqu'un qui vous comprend, qui vous accepte et qui vous accompagne vers un chemin où vos choix seront en équilibre avec votre bien-être.

Marie Lehoux, chef de programme en dépendance

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