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La Web Shop a été fondée à Alma... (Archives Le Quotidien)

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La Web Shop a été fondée à Alma en 2010.

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Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Peut-on encore prospérer en affaires au Saguenay-Lac-Saint-Jean, voire même au Québec ? Pierre Bouchard est président fondateur de STAS et Keyven Ferland est président fondateur de la Web Shop.

Keyven Ferland, président fondateur de la Web Shop

Depuis quelques années, on entend parler de campagnes de sensibilisation pour stimuler l'entrepreneuriat chez les jeunes. Des conférences dans les écoles. Des ateliers structurés. Des campagnes télévisées, dans les médias sociaux. On lit également dans les journaux, à quel point c'est important de changer notre modèle économique. Il faut cesser d'attendre après le gouvernement ou les multinationales parce qu'ils sont confrontés à un changement drastique de l'économie, eux aussi. D'un côté, il y a la population vieillissante qui cessera de remplir les coffres de l'État. Moins d'argent, moins de services. De l'autre, l'ouverture et l'arrivée de nouveaux marchés changent la «game». On ne peut plus se fier sur nos 300 millions$ de profits. Ce n'est plus assez pour assurer la croissance, l'innovation et la pérennité de la grande entreprise.

On entend beaucoup parler du nombre d'entreprises qui n'auront pas de relève, lorsque l'heure de la retraite aura sonné. Ce qu'il faut comprendre en réalité, c'est qu'au lieu de vendre à un jeune et assurer sa retraite, un entrepreneur de carrière devra fermer boutique, puis travailler dans une cabane à patates afin d'avoir un peu d'argent. Non, il ne gardera pas «sa shop». D'abord parce qu'il n'a plus la même passion qui l'animait il y a 40 ans, et également parce que gérer des «Y», ce n'est pas si facile que l'on pourrait croire.

Pendant ce temps-là, il y a des gros sièges sociaux qui sont vendus. De grosses transactions, et on s'étonne que ce soit vendu ailleurs. Pourtant, si on n'a pas de relève pour les petites entreprises, pourquoi en aurions-nous plus pour les grandes?

En fait, peut-être qu'il y en a une couple qui aimeraient y goûter. Tenter leur chance. Que ce soit acheter une petite entreprise existante, ou encore créer un groupe de gens d'affaires et ramasser la grosse «business». Des personnes qui rêvent en cachette d'être capitaine d'un bateau. Traverser quelques lacs, une couple de tempêtes. Embaucher plus de membres d'équipage. Revendre le bateau pour en acheter un plus gros, afin de traverser l'océan. Parce qu'au fond, cet entrepreneur sait que ce n'est pas une mer calme qui va faire de lui et de son équipage de meilleurs marins.

Mais, d'un autre côté, quand il voit comment on traite ceux qui risquent tout pour suivre un projet plus grand, ça lui enlève le goût. Il se demande pourquoi lui, plus qu'un autre, devrait risquer tout. Pourquoi devrait-il cesser de compter ses heures, foncer le mât baissé, si au fond, on lui reproche constamment de ne pas être parfait; de toujours repousser les limites de son bateau et de ne pas se contenter de son petit plan d'eau.

L'imparfait, on a ben de la misère avec ça au Québec. Pourtant, c'est uniquement dans l'imparfait qu'apparaît la performance. Tsé, faut pas arrêter de critiquer. C'est bon la critique, mais la bonne critique; celle qui parle des idées. Pas celle qui parle des gens. Y'a une bonne différence entre les deux.

Le véritable entrepreneur est de cette race qui ne se motive pas par la gloire, le pouvoir ou l'argent, mais plutôt par l'encouragement et la confiance.

Mais, le coin de pays d'où tu viens a fait un choix différent. Il n'en veut pas vraiment de «phénomène» sur son lac. T'as un projet? Fine! Mais tant que celui-ci ne fait pas de vague.

On est peut-être rendu à se demander si nous ne sommes pas en train de gâcher nos enfants. On est peut-être en train de briser leur belle innocence, celle qui leur permet de rêver sans limites à ce qu'ils feront quand ils seront plus vieux. J'espère qu'ils ne se décourageront pas en nous regardant traiter ceux qui se risquent pour des projets trop grands. Il ne faudrait pas. L'avenir du Québec en dépend.

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