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Le départ de Pierre Karl Péladeau annoncé lundi... (La Presse Canadienne)

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Le départ de Pierre Karl Péladeau annoncé lundi a ébranlé l'échiquier politique.

La Presse Canadienne

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Le départ inattendu de Pierre Karl Péladeau a secoué le Parti québécois. À deux ans des prochaines élections générales, quelles seront les répercussions de cette démission ?

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, se retire de la vie politique pour des raisons familiales. Considérant son contexte familial actuel, il y a tout lieu de croire qu'il a pris une décision réfléchie, quoique surprenante. Ce départ, moins d'un an après son accession à la direction du PQ, laisse le parti dans une situation particulière: le devoir de choisir un nouveau chef à un an du Conseil général, lequel doit faire l'exercice de renouveler le programme et de se préparer pour la prochaine campagne électorale prévue au mois d'octobre 2018.

Il convient de placer cette décision dans un panorama de la scène politique québécoise afin de dégager quelques constats. L'effet Péladeau, l'homme d'affaires promouvant la souveraineté, ne semble pas avoir suscité l'élévation de l'appui à ce projet de société ni celui en faveur du PQ. Plus encore, malgré les ratés des libéraux depuis le début de l'année, l'intention de vote est relativement stable. À cela s'ajoute l'arrivée sur l'échiquier politique du mouvement «Les orphelins politiques» qui cherche à donner une voie «progressiste» en marge du PQ notamment.

Bien que M. Péladeau ait su enclencher le processus de la convergence de la souveraineté auprès des autres partis motivés par cette option, qu'il ait aussi jeté les bases qui ont permis la mise en place d'un Institut de recherche sur l'autodétermination et les indépendances nationales (IRAI), qu'il fut plus aguerri comme chef de l'opposition officielle, sa présence lors de la prochaine élection générale aurait pu faire l'objet de distractions: le fait qu'il soit toujours actionnaire du groupe Québecor même s'il a placé ses avoirs dans une fiducie sans droits de regard, qu'il a utilisé le lock-out chez Vidéotron et au Journal de Montréal et au Journalde Québec, et que son point de vue sur les projets énergétiques pétroliers et gaziers n'était pas clarifié, cela mettait le parti dans une position vulnérable.

L'ensemble de ces constats appelle à un surpassement au Parti québécois et il me semble que plusieurs éléments nécessitent une réflexion en profondeur au sein de cette formation politique.

À court terme, le choix du/de la chef intérimaire devrait montrer un renouveau dans la façon de concevoir le rôle de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, assurer une présence efficace et faire voir que le PQ constitue l'alternative. À moyen terme, la course à la direction se doit d'être courte eu égard aux différentes échéances évoquées plus haut et des finances du parti. Un tel exercice peut certes être un objet de division. Par contre, il y aurait lieu d'utiliser ce moment important pour entreprendre la «redéfinition» du parti qui alimenterait les délibérations du Congrès national et par la suite la plateforme électorale.

Le contenu de cette «redéfinition», il devient impératif que le PQ fasse une réelle autopsie de la défaite de 2014. Autant sur l'identification des ratés du gouvernement Marois qui ont conduit à la déroute électorale que sur sa compréhension des divers segments de l'électorat qui lui ont échappé en 2014. Par ailleurs, il devient impérieux de recentrer la question de la souveraineté: un référendum au cours du mandat, ou un plus tard, et s'y préparer en conséquence. Et surtout en faire une pédagogie permanente notamment auprès des nouvelles générations. Le parti et les candidats devraient présenter des idées plus claires, moins évanescentes, concernant leur conception de la social-démocratie incluant le rôle de l'État. Aussi, expliciter une vision compréhensible et cohérente du développement écologico-économique.

Au terme de ce cheminement, le défi du PQ est double: en finir avec la pensée magique d'attendre l'alternance politique au parlement et présenter un visage renouvelé, avec des propositions qui ont du sens pour la population, qui démontrent qu'ils comprennent la société actuelle et qu'ils sont véritablement l'alternative au Québec.

Marcel Boulais, enseignant en politique à la retraite.

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