L'avenir aux travailleurs

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L'auteur est Nicolas Mainville, biologiste et responsable de la campagne Forêt pour Greenpeace au Québec

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Le débat
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DÉBAT / Entre rentabilité et certification environnementale - Nicolas Mainville est biologiste et responsable de la campagne Forêt pour Greenpeace au Québec. André Tremblay est quant à lui président du Conseil de l'industrie forestière du Québec. Ils expriment leur point de vue quant au débat entourant l'exploitation de cette ressource inestimable pour la région.

Nicolas Mainville, biologiste et responsable de la campagne Forêt pour Greenpeace au Québec

Le secteur forestier québécois a été forgé par des milliers de travailleurs et a su traverser les époques grâce à leur expertise et la recherche de nouveaux débouchés. Le génie québécois et l'amour des travailleurs pour leur forêt publique sont des éléments clés qui mèneront au virage essentiel pour assurer la pérennité et le succès de l'industrie forestière au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette nouvelle ère sera bâtie sur des principes d'aménagement durable, là où la gestion intégrée des ressources permettra à une plus grande variété d'utilisateurs de la forêt de s'émanciper.

Ce virage devra se faire de concert avec la demande grandissante de grands marchés internationaux pour des produits certifiés qui garantissent, entre autres, le respect des communautés autochtones et la protection de la biodiversité. Face à la forte compétition à l'international, un secteur forestier à l'avant-garde saura se démarquer sur les marchés tout en assurant une vision à long terme pour le Québec. Ainsi, chaque hectare de forêt exploitée sera optimisé afin d'offrir non seulement de la fibre pour le secteur forestier, mais aussi une myriade d'autres produits forestiers non ligneux. La forêt sera aussi développée pour offrir des secteurs dédiés à l'écotourisme, la villégiature, la recherche et la conservation, assurant ainsi un équilibre entre exploitation et protection de la ressource. La participation et le consentement des communautés autochtones seront au coeur de cette gestion intégrée.

Investir à la bonne place

Cet avenir est à portée de main, mais d'importants changements sont nécessaires. Tout d'abord, le Québec devra faire une plus grande place aux produits du bois dans la construction. L'avènement du bois d'ingénierie donne une occasion unique pour le secteur forestier d'offrir une alternative crédible aux matériaux polluants et non renouvelables que sont le béton et l'acier. Les changements récents au Code du bâtiment, qui permettent de construire plus grand et plus haut avec du bois, devraient nourrir notre imagination et inspirer d'autres initiatives de la sorte.

Deuxièmement, la grande industrie doit investir dans ses usines, s'ouvrir à de nouveaux produits et faire le virage vers la transformation accrue des arbres récoltés en forêt publique. Nous pouvons et nous devrions créer plus d'emplois pour chaque arbre coupé en forêt. Actuellement, en exploitant des forêts à plus de 200 km des usines, les compagnies requièrent d'importantes subventions de l'État, engrangent des dépenses souche-usines faramineuses et perturbent les derniers secteurs vierges de nos forêts publiques, des refuges pour certaines espèces menacées.

Plus de 600 millions$ de fonds publics servent actuellement à soutenir le secteur forestier, près du double de ce que les contribuables reçoivent en redevances forestières de la part de l'industrie. Pourtant, certains gros joueurs peinent à rester rentables et limitent par conséquent leurs investissements au minimum. La rentabilité et les emplois forestiers ne devraient pas reposer si intensément sur les volumes de bois, mais plutôt sur la qualité des produits et la valeur de ceux-ci sur les marchés internationaux. Avec cette approche à courte vue, une grande partie des investissements servent à défricher de nouveaux territoires à l'extrême nord plutôt qu'à développer de nouveaux débouchés.

À l'inverse, reconcentrer les opérations et les investissements permettrait de respecter les exigences des marchés en assurant le retour de la certification FSC au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En mettant en place des efforts tangibles pour distribuer équitablement la ressource, tout le monde en sortirait gagnant: et les travailleurs, et notre forêt publique. Les solutions sont à portée de main. Les travailleurs forestiers et l'ensemble des Québécois peuvent et doivent exiger un changement de cap. L'avenir du secteur forestier québécois est entre les mains des travailleurs qui ont tout à gagner à développer une vision à long terme. Opposer la protection de l'environnement à la création et la stabilité d'emploi est une fausse équation: les deux sont nécessaires.

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