Tous des chialeux

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Pour les nombreux adeptes de vélo, le printemps coïncide avec les premiers... (Archives La Presse)

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Le débat
Le Quotidien

Pour les nombreux adeptes de vélo, le printemps coïncide avec les premiers kilomètres d'une saison longtemps attendue. Daniel Boivin est journaliste à l'émission matinale Café Boulot Dodo, à la première chaîne de Radio-Canada, et Dominick Fortin est animateur de l'émission Le Show du matin sur les ondes de Radio X. Cyclistes expérimentés, ils se prononcent sur la cohabitation difficile sur les routes de la région.

DÉBAT - DOMINICK FORTIN / Le beau temps arrive et c'est le retour des traditionnels «tasse-toi du ch'min le bicycle». Se succèderont aussi d'autres classiques contemporains comme «les vélos n'ont pas d'affaire dans la rue», «les conducteurs de voitures sont fous», «va-t'en sur la piste cyclable» et quelques autres sophismes du genre sans pousser le raisonnement plus loin.

Des bien-pensants tenteront même de nous convaincre qu'il faut inventer de nouvelles lois afin de protéger les cyclistes... Entre vous et moi, croyez-vous vraiment que cette éternelle chicane du partage de la route se règlera à coups d'interventions gouvernementales? Vélo Québec propose entre autres d'obliger les automobilistes à passer à au moins un mètre, voire 1,5 mètre d'un cycliste qui roule en bordure d'une route.

Essayez ça pour le «fun» en pleine heure de pointe sur le boulevard Saint-Paul... J'imagine déjà le policier en train d'expliquer à un juge comment il a mesuré la distance qui séparait le cycliste de l'automobiliste pour justifier la contravention. La vérité, c'est que des imbéciles il y en a des deux côtés et qu'aucune loi ne les fera disparaître. Je suis un cycliste, je roule entre 3500 et 5000 km par année, je respecte les règles en place - ce qui n'est pas le cas de tous les cyclistes j'en conviens - et je peux vous dire que de rouler sur le boulevard Saint-Paul à vélo, c'est con et dangereux, je n'ai pas besoin d'une loi pour le savoir. La première responsabilité du cycliste est de choisir une route sécuritaire autant que possible. Il y d'ailleurs quelques perles dans la région comme la 175, la 172 vers Saint-Ambroise, la 170 entre Jonquière et Saint-Bruno, l'ensemble de la 169 ainsi que de nombreux rangs peu achalandés. Des accotements larges, une route en bon état, un débit de circulation normal, voire presque inexistant, bref, tout pour faciliter la cohabitation. Mais comme le prétendait Darwin avec la théorie de l'évolution, les faibles et les imbéciles disparaîtront les premiers, «du moins ça ressemble à ça». Je peux aussi vous affirmer que comme cycliste, des imbéciles au volant, j'en vois un ou deux par année pas plus. Par contre, ces deux-là sont dangereux. Vous savez, cette race de conducteurs qui accapare les deux voies à elle seule et qui ne fera pas le moindre effort pour mettre son clignotant, incliner son volant de 10 degrés vers la gauche afin de m'accorder un espace sécuritaire et ce, même si personne n'arrive en sens inverse... Pire encore, ce conducteur me klaxonnera probablement sans raison apparente en espérant que je sursaute tout en oubliant que je roule entre 30 et 50 km/h sur un appui de 2,4 cm et que trois enfants et une femme m'attendent pour le souper. Si vous êtes incapables de faire ce moindre effort, consultez un médecin au plus vite, car je crains pour votre santé.

Mais je tiens à le dire, la grande majorité des automobilistes sont plutôt courtois et même que la plupart du temps, ils nous font signe de passer en premier à l'arrêt même si ce n'est pas notre tour. Outre le fait que je suis un cycliste, je suis aussi un piéton. Vous savez, celui qu'on prend pour cible parce que personne ne respecte les traverses pour piétons pourtant partie intégrante du Code de la sécurité routière... Je suis aussi un sale conducteur de «pickup», et ce, la majorité du temps. Un pollueur, un danger public sur les autoroutes l'hiver, une véritable plaie dans les stationnements, enfin vous voyez le portrait. La vérité c'est que peu importe la règlementation en place, personne ne s'endure sur les routes au Québec. Les automobilistes chialent après les vélos, qui chialent contre les piétons, qui chialent contre les «pickups», qui chialent contre les motorisés, qui chialent contre les conducteurs de semi-remorques, qui chialent contre les «jeunes à calottes», qui chialent contre les «vieux à chapeaux». La solution n'est pas le gouvernement, c'est de tous ensemble prendre notre «Bovril» et de s'assurer de rentrer à la maison en toute sécurité afin de retrouver notre famille.

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