Jean se démarque

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Mireille Jean représente le PQ aux élections partielles... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Mireille Jean représente le PQ aux élections partielles dans Chicoutimi.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Le Quotidien

Denise Turcotte, attachée politique du député péquiste Sylvain Gaudreault.

La campagne pour l'élection partielle dans Chicoutimi a finalement pris sa place dans l'actualité, beaucoup grâce aux débats présentés par le Cercle de presse, Radio-Canada, KYK-FM et la Chambre de commerce.

L'initiative de la Chambre de commerce mérite une mention spéciale, puisqu'elle a rompu avec sa tradition de débats-repas à 50$ du couvert pour offrir un débat ouvert à tous et gratuit. Souhaitons que cette formule soit maintenue.

L'économie du 21e siècle

Les candidates ont beaucoup parlé d'économie pendant ces débats. Mais elles ne sont pas de la même trempe: alors que la libérale Francyne T. Gobeil promet d'appuyer tous les projets sans discernement ni analyse et répète qu'il faut lui faire confiance parce qu'elle «est bonne pour pousser des dossiers», sa vis-à-vis Mireille Jean du Parti Québécois propose une approche réfléchie, où la grande entreprise est vue comme un partenaire avec lequel on doit négocier pour maximiser les emplois, protéger l'environnement et garantir l'acceptabilité sociale. C'est l'idée même du développement durable, déjà défendue par ses collègues Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier.

Mireille Jean se démarque également par sa vision large où les entrepreneurs sont soutenus non seulement dans le secteur manufacturier, mais aussi dans les services, l'économie sociale et la culture, richesse régionale souvent oubliée. Elle parle de maillages et de l'UQAC qu'il faut mettre à contribution. On sent la femme d'affaires à l'aise dans la nouvelle économie mondialisée. Son idée de centre de données est porteuse pour Chicoutimi qui compte déjà un pôle important en technologies de l'information avec CGI. Et ses propositions concernant l'électrification des transports sont intéressantes dans la région-amiral de l'aluminium, matériau léger que nous avons l'immense avantage de produire avec de l'énergie verte. C'est étonnant que les libéraux aient raté l'occasion de mettre le sujet à l'avant-plan, eux qui déposaient jeudi une nouvelle stratégie énergétique. Sans doute étaient-ils trop préoccupés par «l'affaire Hamad» ?

Le boulet de la corruption

On le sent, les tractations de Sam Hamad avec Marc-Yvan Côté et sa fuite en Floride ont choqué la population. Côté, c'est ce que ma grand-mère aurait appelé «un bâton merdeux»: quelqu'un qu'on ne doit jamais toucher sous aucun prétexte. Il y a plus de dix ans qu'il a été banni à vie du Parti libéral du Canada parce qu'il a reconnu avoir utilisé 120 000$ d'argent liquide pour financer illégalement les campagnes électorales de 21 circonscriptions du Québec. Personne ne peut imaginer que Sam Hamad l'ignorait.

L'attitude du premier ministre est tout aussi désolante. Est-ce parce que Philippe Couillard a lui-même de graves problèmes de «prudence» (Arthur Porter, l'Arabie Saoudite, son compte dans le paradis fiscal de Jersey, ses rencontres comme ministre de la Santé avec son futur employeur PCP) qu'il lui a fallu six longs jours pour admettre que Sam Hamad avait «manqué de prudence» ? Sa désinvolture n'a fait qu'amplifier la crise et elle n'a pas aidé sa candidate dans Chicoutimi.

Et le dernier sondage?

Je n'aime pas l'idée d'un sondage à trois jours du vote, même si son résultat reflète ce que j'entends. Dans une partielle où le taux de participation est déjà bas, les sondages de dernière minute peuvent donner l'illusion que les jeux sont déjà faits et encourager l'abstention, l'annulation ou une division dommageable du vote. Je me demande même si de tels sondages ne devraient pas être interdits.

Je préférerais que le journal publie un tableau des enjeux en comparant les positions des candidates et qu'il nous parle d'elles en allant au-delà de leurs biographies officielles. C'est sans doute plus d'ouvrage et moins spectaculaire qu'un sondage, mais cela serait plus utile pour aider les citoyens à faire un choix éclairé. Je crois profondément que le vrai pouvoir appartient aux électeurs. Alors, ne laissez ni les autres ni Segma décider à votre place: allez voter!

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