Vraie campagne

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Mireille Jean représente le PQ aux élections partielles... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Mireille Jean représente le PQ aux élections partielles dans Chicoutimi.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / L'élection partielle bat son plein dans Chicoutimi. Un premier sondage donne une mince avance au Parti québécois, six points devant le Parti libéral en deuxième place. L'ancien candidat libéral, Carol Néron, et l'attachée politique du député péquiste Sylvain Gaudreault, Denise Turcotte, analysent cette campagne.

DENISE TURCOTTE - C'est sur fond d'austérité et de morosité économique que se déroule la campagne pour l'élection partielle dans Chicoutimi, fief péquiste depuis 1973. Quatre femmes et deux hommes sont candidats, mais une lutte à deux se dessine entre le Parti Québécois représenté par la femme d'affaires Mireille Jean et le Parti libéral défendu par Francyne T. Gobeil, ex-chef de cabinet du maire de Saguenay.

Preuve que l'enjeu est de taille, les chefs nous visitent. Pierre Karl Péladeau est venu faire campagne avec Mireille Jean en présence d'un Stéphane Bédard détendu et souriant. Les députés Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier, deux politiciens estimés, sillonnent aussi Chicoutimi avec madame Jean pour montrer l'équipe formidable qu'ils formeraient pour défendre la région. De son côté, le premier ministre Couillard est plus présent que jamais et Serge Simard, plutôt discret ces derniers mois, refait surface pour la campagne. Les deux hommes ne ménagent pas les efforts pour tenter de contrer l'impact négatif des arrestations de l'UPAC sur le Parti libéral.

À deux semaines du vote, la «vraie campagne» est lancée et les enjeux pour Chicoutimi commencent tout juste à être abordés. Autour de moi, j'entends surtout parler de l'économie dans Chicoutimi et de l'insatisfaction envers le gouvernement Couillard.

Chicoutimi «capitale régionale 2.0»

Chicoutimi, c'est la fière ville de services, de commerce, de savoir, la «capitale régionale». Mais les temps sont durs et beaucoup de gens s'inquiètent de ce que leur réserve l'avenir. L'économie mondialisée carbure aux nouvelles technologies et à l'innovation; cela demande une profonde adaptation. Chicoutimi a tous les leviers qu'il faut pour tirer son épingle du jeu: université, collège, centres de recherche, hôpital régional, concentration de firmes d'experts, ingénieurs et professionnels, importantes infrastructures de commerce de détail... Tout est là, mais encore faut-il une vision, du leadership et du soutien concret pour que les opportunités se transforment en bonnes affaires. En ce sens, la candidate du Parti Québécois Mireille Jean est vraiment la mieux outillée: entrepreneure, elle connaît les nouvelles technologies et la culture numérique. Elle sait comment gagner au jeu de la nouvelle économie et c'est précisément ce dont Chicoutimi a besoin. Il y a bien sûr des projets importants qu'il faut défendre (bloc opératoire de l'hôpital, centre pour la détention des prévenus et autres projets d'infrastructure), mais au moment où même Rio Tinto annonce encore des rationalisations, il faut aussi et surtout un message d'espoir pour les entrepreneurs et pour les travailleurs.

Punir les libéraux

Les électeurs sont mécontents, on le sent. Les coupes dans la santé, dans la prévention, dans l'éducation, dans les services à la petite enfance, en culture, ce ne sont pas des économies, ce sont des problèmes qu'on prépare pour plus tard. L'austérité frappe dur dans une ville de services comme Chicoutimi, surtout que les milliers d'emplois promis ne sont pas au rendez-vous. La concentration des pouvoirs vers Québec fait mal aussi, parce que ce sont les outils de prise en charge du développement qui s'envolent. Philippe Couillard, qui joue à celui qui n'est jamais coupable de rien, mérite un blâme sérieux pour tout cela et aussi pour son refus de condamner la corruption dont son parti est accusé. Alors que Nathalie Normandeau, vice-première ministre dans un gouvernement dont il a fait partie est arrêtée par l'UPAC, monsieur Couillard, tel un ivrogne au lendemain d'une brosse, se limite à dire: «On a changé». C'est insuffisant, insultant même.

Vivement des débats!

Il faudra surveiller les débats d'ici l'élection. Il semble qu'il y en a trois ou quatre en préparation, espérons qu'aucune candidate ne se défilera. En cette ère de communication directe, pourquoi se contenter des commentaires et des sondages? C'est en entendant les candidates défendre et confronter leurs idées que les électeurs pourront en comparer la valeur et décider d'aller voter. Le défi des organisations sera ensuite de «faire sortir le vote».

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