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Francyne T. Gobeil, avec le chef du Parti... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Francyne T. Gobeil, avec le chef du Parti libéral, Philippe Couillard.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

 

Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / L'élection partielle bat son plein dans Chicoutimi. Un premier sondage donne une mince avance au Parti québécois, six points devant le Parti libéral en deuxième place. L'ancien candidat libéral, Carol Néron, et l'attachée politique du député péquiste Sylvain Gaudreault, Denise Turcotte, analysent cette campagne.

CAROL NÉRON - À un peu plus de deux semaines seulement du scrutin pour élire un successeur à Stéphane Bédard (PQ) dans Chicoutimi, péquistes et libéraux sont à toutes fins utiles nez à nez, révèle un sondage Segma Recherche.

La consultation ayant été menée en plein coeur de la tourmente ayant suivi l'arrestation de l'ancienne ministre Nathalie Normandeau, ce résultat a de quoi surprendre. Faut-il croire pour autant que, week-end pascal oblige, l'affaire est chocolat pour la porte-couleurs des libéraux, Francyne T. Gobeil? Surtout pas... Restons dans le domaine de la métaphore en disant qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, surtout quand il est question de politique et d'élection partielle!

Les quelque six points d'écart séparant la candidate libérale de son adversaire péquiste, Mireille Jean, se situent dans ce que les sondeurs définissent dans leur jargon comme étant la «marge d'erreur». Dans le cas présent, ce résultat est révélateur d'une tendance lourde susceptible de jouer en faveur du PLQ, le 11 avril prochain. En effet, le sondage évalue le taux d'indécis à un respectable 26%. C'est dans ce lot que se retrouvent habituellement, à tout le moins au Québec, les électeurs qui votent traditionnellement pour les libéraux et qui permettent à ces derniers de bénéficier, le jour du vote, de la «prime à l'urne».

Raynald Harvey, de Segma Recherche, y allait d'un constat troublant, voire inquiétant pour les péquistes: au début du sondage, Francyne T. Gobeil semblait éprouver beaucoup de difficulté à résister à la tempête médiatique déclenchée par l'irruption massive de l'UPAC - il y a de ces coïncidences bizarres! - dans sa campagne électorale. Or, au fil des jours, poursuit le sondeur, l'impact a commencé à s'estomper à un point tel qu'au moment de conclure la consultation, la «candidate libérale s'est retrouvée au coude à coude» avec sa principale adversaire. Les péquistes, même s'ils ne l'admettront pas publiquement, ont toutes les raisons de paniquer face à ce renversement de situation révélateur d'une tendance lourde qui, de toute évidence, sera difficile à endiguer.

Depuis quelques années, le glissement du vote péquiste dans Chicoutimi ne cesse de se confirmer. Le phénomène a été particulièrement évident le 7 avril 2014, lorsque Stéphane Bédard a été élu presque de justesse face à son principal adversaire, le libéral Michel Malette.

En fait, le gros problème du PQ demeure toujours le même: le chef. Pierre Karl Péladeau ne parvient toujours pas à se démarquer, il fait du sur-place même quand il ne recule pas tout simplement dans les sondages. L'impression qu'il continue de dégager auprès de l'électorat, plusieurs mois après avoir succédé à Pauline Marois, ne sert pas la stratégie de sa candidate. Dans ce cas-ci, on peut même parler de boulet...

Un sondage CROP, réalisé la semaine dernière auprès de 1000 internautes et passé complètement inaperçu dans le flot d'actualité, place le PQ en troisième position dans les intentions de vote des Québécois.

Dans un tel contexte, les électeurs de Chicoutimi pourraient bien être tentés de confier la barre du comté à Francyne T. Gobeil, afin de la soumettre à la difficile épreuve du pouvoir. Un test de deux ans, en somme, question de vérifier en temps réel ce dont elle est capable quitte à la remercier, ou la confirmer dans son rôle, à l'issue des prochaines élections générales. C'est ce qu'on appelle une occasion en or à laquelle, pour un électeur, il peut être difficile de résister. Du jamais vu, en tout cas dans Chicoutimi.

Les Québécois ne sont pas dupes. Ils constatent que, même mal-aimé, le gouvernement est parvenu à l'équilibre budgétaire, alors qu'à Ottawa Justin Trudeau renoue, dans le jovialisme et l'esprit enfumé «peace and love» typique des années soixante, avec les déficits se chiffrant en milliards de dollars. Ajoutez à cela le rêve indépendantiste caressé par Pierre Karl Péladeau et joué en symphonie répétitive depuis l'arrivée de ce dernier à la tête du PQ, et vous comprendrez pourquoi Francyne T. Gobeil pourrait bien se préparer à écrire une page d'histoire le 11 avril prochain.

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