Au-delà de 2022

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Étienne Jacques, chef des opérations Métal primaire, était... (Archives Le Quotidien)

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Étienne Jacques, chef des opérations Métal primaire, était le conférencier invité devant 125 membres de la Chambre de commerce du Saguenay, mardi.

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Le débat
Le Quotidien

DÉBAT / Rio Tinto affirme que sans un nouveau site d'entreposage des résidus de bauxite, l'usine d'alumine Vaudreuil pourrait cesser ses activités en 2022. Le chef des opérations Étienne Jacques implore les décideurs de la région afin qu'ils appuient l'entreprise. Un comité de citoyens s'oppose toutefois au projet proposé par Rio Tinto, qui souhaite étendre son site actuel jusqu'aux frontières du quartier Panoramique. Lana Pedneault représente le comité alors que Carl Dufour est conseiller municipal de Saguenay. Ils s'expriment sur le sujet.

Carl Dufour, conseiller municipal à Arvida

Je suis impliqué dans le dossier du site de disposition des résidus de bauxite depuis l'annonce du projet à l'été 2015. Cette implication me donne une connaissance du projet qui me permet de tracer un portrait clair et personnel, permettant de mieux comprendre les enjeux ainsi que les détails entourant ce dossier très sensible qui crée des inquiétudes au sein de la population.

Ce projet sera réalisé en deux phases. La phase 1 consiste à augmenter le volume du site actuel et est prévue entre 2016 et 2030. Lors de la phase 2, un nouveau site de disposition sera créé à l'est du ruisseau Lahoud (dans le boisé Panoramique). La période de vie prévue pour ce second volet est de 2022 à 2047.

Bien que ce projet présente des contraintes importantes, dont le fait que le site de la phase 2 est entouré de voisinages résidentiels avec un dégagement de 500 mètres et qu'il empiète sur le boisé Panoramique, il compte cependant plusieurs avantages. Parmi eux, la proximité de l'usine qui rend le projet économiquement viable, la composition du sol du site qui est propice et enfin, le fait incontournable que le terrain appartient à Rio Tinto.

Le projet aura évidemment d'autres impacts tant économiques que sociaux, environnementaux et législatifs qu'il faut aborder. Dans un premier temps, il est nécessaire de se pencher du côté de l'économie locale: sa réalisation permettrait d'assurer le maintien de plus de 1000 emplois directs et indirects ainsi que des retombées économiques régionales importantes qui sont de l'ordre de 135 M$ par année.

À l'échelle sociale, n'oublions pas que la fermeture des entreprises Novelis et Graphic Packaging, de même que le long conflit de travail dans le domaine de l'automobile, ont miné la confiance de la population, et ce, partout dans la région. Le projet Vaudreuil au-delà de 2022 rassurerait certainement nos concitoyens quant à la pérennité de la base économique régionale. Alors posons-nous la question: la région peut-elle se permettre d'ignorer ce projet, ou de simplement le refuser sans autres alternatives?

Poursuivons du côté environnemental, lequel est bien sûr un élément clé dans ce dossier si particulier. Les limites du terrain prévu pour la phase 2 sont à 500 mètres des résidences, ce qui est presque le double de celles qui séparent le lac de boues rouges actuel des quartiers Dubose et Saint-Mathias. Plus encore, les résidus de bauxite seront asséchés à un taux comparable à celui du sol naturel avant d'être emmenés sur le site.

En ce qui concerne l'urbanisme municipal, certaines démarches ont été entreprises par Rio Tinto afin de réaliser le projet selon les règles de l'art. Le terrain, actuellement, est prévu à des fins d'utilisation de «parc et espace vert», avec une possibilité d'utilisation industrielle du boisé Panoramique au schéma d'aménagement et de développement de Saguenay. La réalisation de la phase 2 du projet demande cependant une modification du plan d'urbanisme et du règlement de zonage de Saguenay.

Évidemment, des questions demeurent en suspens, auxquelles les conseils d'arrondissement de Jonquière et de Chicoutimi devront s'attarder. Parmi elles, il est légitime de se demander: pouvons-nous empêcher l'entreprise d'utiliser une partie de son terrain à ses propres fins? Aussi, si la phase 2 est autorisée, comment pouvons-nous assurer une cohabitation harmonieuse avec la population avoisinante? D'autre part, est-ce que Saguenay peut collaborer avec l'entreprise pour s'assurer de l'acceptabilité sociale du projet? Et si oui, comment peut-elle le faire? Tous ces aspects et plusieurs autres doivent être pris en compte dans la réflexion.

Il m'apparaîtrait difficile de freiner un projet qui a un impact économique aussi important dans la région. Cependant, l'opération et l'aménagement de la phase 2 dans l'actuel boisé Panoramique devra se faire dans un souci constant de réduire les impacts et les inconvénients. Le rôle de la Ville pourrait être celui de partenaire dans la recherche de solutions afin d'assurer une étroite collaboration entre toutes les parties impliquées et la réalisation d'un projet économiquement fort et socialement acceptable.

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