Élection partielle: un bon diplomate

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Vue de Chicoutimi... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Vue de Chicoutimi

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

 

Le débat
Le Quotidien

Le 11 avril, les contribuables de Chicoutimi éliront un nouveau député à l'Assemblée nationale. Quels sont les enjeux de la campagne pour les aspirants au siège laissé vacant par Stéphane Bédard ? Marc-Urbain Proulx est professeur en sciences économiques à l'Université du Québec à Chicoutimi.

Qu'il soit dans l'opposition ou membre du gouvernement, le candidat qui sera nouvellement élu le 11 avril dans le comté de Chicoutimi aura un rôle a priori limité, mais potentiellement important. D'une manière générale, ses électeurs s'attendront à ce qu'il draine davantage de ressources dans le comté. Ressources qui sont actuellement rares au gouvernement du Québec. Les priorités y sont nombreuses, y compris les urgences. Les programmes réguliers amaigris sont débordés, si encore existants.

Déjà difficile pour un ministre, la tâche de ratisser des fonds ne sera pas facile pour un simple député. Face aux difficultés pour satisfaire ses électeurs, le futur député de Chicoutimi devra surmonter ses frustrations. Pour ce faire, il pourra se tourner vers quelques dossiers d'intérêt supérieur à élaborer dans son comté et à faire circuler dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

L'un de ceux-ci concerne la poursuite de la consolidation de l'agglomération urbaine de Saguenay. La 1re phase de cet important chantier amorcé avec la fusion des municipalités en 2002 s'avère réussie. Le temps est venu de passer à la 2e phase concernée par le renforcement de cette agglomération en misant sur les partenaires. Il est important de considérer que le budget annuel de la ville de Saguenay ne représente que 22% du budget global du secteur public présent dans cette ville. Les trois hôpitaux, les deux cégeps, Emploi Québec, les services sociaux, Transport Québec, le scolaire, l'UQAC et ses centres de recherche, la Sûreté du Québec, etc. sont aussi des acteurs publics essentiels pour toute stratégie de développement concernant ce pôle de services supérieurs le plus imposant au nord des Laurentides.

En ajoutant les divers services spécialisés du secteur privé, les arts et la culture et certains groupes dans le tourisme, l'environnement, l'habitat, etc., le futur député de Chicoutimi dispose d'une importante masse critique d'expertises et de ressources qui représente le véritable moteur du développement contemporain. Bien réel, ce moteur illustre encore beaucoup de potentiels à actualiser.

Saguenay nécessite à cet effet un projet de collectivité capable de soutenir et de maximiser les convergences et les synergies. Une telle médiation des diverses forces éclatées n'est pas impossible puisque d'autres villes y réussissent au Québec grâce à une diplomatie appropriée. À Saguenay, cette diplomatie que pourrait initier le nouveau député devra aussi considérer les complémentarités et les interdépendances avec les pôles intermédiaires, souvent trop concurrents, de sa périphérie tels que Baie-Comeau, Val-d'Or, Alma, Sept-Îles, Chibougamau, Dolbeau, Rouyn-Noranda, etc. Des alliances élargies et des partenariats intercités s'avèrent possibles, même incontournables sur certains enjeux.

À cet effet d'alliances nordiques, l'un des enjeux majeurs concerne la fonte d'aluminium. Je m'explique. Avec l'énergie propre de plus en plus produite en périphérie, les alumineries possèdent un bel avenir au Québec, même si elles créent désormais moins d'emplois par tonne fondue. Plusieurs nouvelles usines sont attendues au cours des deux prochaines décennies, dont certaines seront géantes comme celle de Sept-Îles. Le futur député de Chicoutimi et ses alliés éventuels de la périphérie pourraient faire établir la règle politique formelle statuant que la fonte d'aluminium doit être localisée dans la vaste zone qui produit l'énergie propre octroyée.

La vallée du Saint-Laurent possède déjà un important secteur manufacturier qui ne traverse pas ou si peu les Laurentides. En matière de géographie économique, il apparaît tout à fait équitable que l'énergie du Nord ne traverse pas cette chaîne de montagnes pour produire de l'aluminium primaire dans la vallée laurentienne. Les erreurs du passé avec des localisations non optimales comme à Deschambault ne doivent pas être répétées avec l'énergie de la nouvelle ligne de transport Chamouchouane-Bout-de-l'Île d'Hydro-Québec. Pour faire respecter cette légitime équité en regard de la périphérie, une alliance nordique s'avère nécessaire. Saguenay peut en être l'initiateur. Voilà un bon dossier à placer sur le bureau du prochain député.

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