Le temps du grand ménage

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La Direction de protection de la jeunesse a été l'objet de multiples critiques... (Photo 123RF)

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Le débat
Le Quotidien

La Direction de protection de la jeunesse a été l'objet de multiples critiques cette semaine. Le criminaliste Charles Cantin et l'animateur de Radio X Martin-Thomas Côté livrent leur opinion respective sur l'organisme.

Charles Cantin, criminaliste

DÉBAT / Cette semaine, c'est tout le Québec qui a droit à un 2 pour 1. Un véritable «happy hour» ! Un «happy hour» judiciaire de surcroit.

Vous avez le procès (étape plaidoyer de culpabilité/sentence) de ce beau-père débectant et hideux qui a agressé sa belle-fille sur une période de 20 ans. Résultat: cinq enfants, au vu et au su de la grand-mère (la mère de la fille). La quintessence des histoires tordues. En simultané, vous assistez et assisterez au procès de ce grand personnage qu'est M. le DPJ.

Qui est ce M. DPJ? C'est le Directeur de la protection de la jeunesse. Parce que tout le monde se demande où était cette protection de la jeunesse pendant ces vingt années (de 1993 à 2013). Ou plutôt, qu'a fait la protection de la jeunesse lors de ce délai?

Mais nous, comme membres de la société, nous étions où au même moment? Comment peut-il y avoir autant de commissions d'actes criminels à «ciel ouvert» au vu et au su de la société?

Hôpital

Et si M. DPJ n'était pas le seul à blâmer? Certes, il est sur le podium de la critique. Il ne pouvait pas ne pas savoir. Une jeune fille enceinte, en temps normal, accouche à l'hôpital.

À ce que nous savons, personne n'a parlé de sage femme dans ce dossier. Félicitations, madame, pour le bébé, nom du père s'il vous plait?

Peu importe la réponse, à cinq reprises, la même maman fera l'objet du même questionnement.

D'abord, il y a constat d'une naissance. Ensuite, à partir de l'hôpital, il y a confirmation de l'inscription de la naissance au registre de l'État civil. Que l'on ne remarque rien, à cinq occasions, avec les mêmes acteurs, ça mérite une sérieuse analyse.

Les voisins, les amis

Ces gens-là habitaient en plein centre-ville de Chicoutimi. Donc, on doit conclure qu'ils avaient des voisins. Et si ces témoins potentiels décidaient eux aussi d'appliquer l'Omertà? N'y a-t-il pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir?

L'école

Ces enfants que l'on a mis au monde ont certainement fréquenté une institution scolaire. L'école, après notre famille, représente le milieu où la proximité et la promiscuité sont extrêmement importantes.

Probablement le meilleur endroit pour soulever des doutes et des signalements quant à la sécurité d'un enfant.

La police

Pendant ces 20 ans de sévices corporels, y a-t-il quelqu'un qui aurait pu porter plainte à la police à l'endroit de ce beau-père agresseur, et de sa conjointe?

Parce que le beau-père, pendant cette période, n'a jamais changé de conjointe, mère de la victime rappelons-le.

Le problème pour le peuple spectateur actuellement réside dans le silence gravitant autour de ce dossier. Puisque le dossier est en cours, cela ajoute à cette prudence qui prend racine dans la discrétion judiciaire.

Ceci étant dit, le manque de communication entre certains intervenants sera sûrement, à mon humble avis, à vérifier dans toutes cette histoire.

La structure est-elle trop lourde pour assurer un suivi adéquat à travers ce processus où les changements de garde sont fréquents?

Mais tout cela est encore hypothétique.

En attendant, pourquoi ne pas retenir que, pour chaque mauvais dossier relié à la DPJ, il en existe des dizaines où le dénouement est extraordinaire, justifiant la raison d'être de ce personnage qu'est M. DPJ?

Comme chaque printemps, c'est peut-être seulement le temps de faire un grand ménage.

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