Cette chose qui te mine

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
DÉBAT / La détresse psychologique et le suicide ont été au coeur de l'actualité... (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Le Quotidien

DÉBAT / La détresse psychologique et le suicide ont été au coeur de l'actualité cette semaine. Josée Séguin est la fondatrice de l'entreprise de consultation Zone N et est détentrice de baccalauréats en récréologie et en psychologie. Hélène Fortin est quant à elle responsable de la Fondation Dédé Fortin, créée après le suicide de son frère, l'ex-chanteur des Colocs Dédé Fortin, pour appuyer financièrement les organismes dédiés à la prévention du suicide et à la santé mentale.

Hélène Fortin, de la Fondation Dédé Fortin

La Fondation Dédé Fortin est témoin, plusieurs fois par année, de l'impact de la détresse vécue chez les personnes touchées par le suicide.

La détresse psychologique, c'est quoi au juste?

La détresse psychologique, c'est ce petit quelque chose, au début, qui nous mine, puis qui tranquillement prend de plus en plus de place, au fur et à mesure qu'on sent que nos capacités pour faire face à nos difficultés ne sont pas à la hauteur de la situation ou du malaise vécu.

Cet état peut amener la personne à douter que sa situation pourra s'améliorer.

Lorsque la situation perdure, que la personne voit la situation comme insurmontable, qu'elle doute de plus en plus de sa valeur comme personne, l'idée du suicide s'installe chez elle. Il est donc possible de dire que le suicide se construit généralement à partir du regard que la personne porte sur elle-même, sur les autres et son avenir.

La personne en vient à croire que cette souffrance vécue sera permanente et l'amène à perdre espoir. La personne finit par se dire cela d'elle-même: «Je ne vaux rien», «Personne ne peut m'aider» et «Ma situation ne changera ou ne s'améliorera jamais».

La souffrance agit face au suicide comme l'alcool dans la conduite automobile: la vision de la personne est «brouillée», un peu comme si elle portait des lunettes fumées dans une pièce obscure, il sera alors difficile de trouver une lueur d'espoir.

Attendre un peu!

Plusieurs personnes qui ont pensé au suicide nous ont dit qu'ils sont heureux d'avoir attendu avant de poser un tel geste. Ils témoignent qu'aujourd'hui, cette situation ou ce moment de vie qui a été tellement difficile a fini par être moins lourd, qu'ils ont pu mettre leur attention sur ce qui valait encore la peine.

Quoi faire si on se reconnaît dans cet état? Ne pas rester seul avec sa détresse. Rappelez-vous les moments qui ont été moins faciles et que vous avez surmontés.

Tentez de vous centrer sur une raison de vivre, une valeur ou croyance qui a pu vous protéger dans un moment difficile.

Parlez à quelqu'un en qui vous avez confiance et dites-lui que vous n'allez pas bien. Consultez un professionnel de la santé: médecin, pharmacien, psychologue. Appelez la ligne d'intervention suicide 1-866-APPELLE (24/247/7). Au travail vous pouvez consulter votre programme d'aide aux employés (PAE).

Vous êtes inquiets pour une personne de votre entourage?

Les changements de comportements, les messages verbaux comme «je pense au suicide», «les autres seraient mieux sans moi» et le don d'objets peuvent être des signes précurseurs du suicide.

Demandez à la personne si elle pense au suicide. Cela ne lui donnera pas l'idée de le faire, au contraire, elle sentira que vous êtes préoccupé par sa situation.

Créez un filet de sécurité autour de la personne en partageant votre inquiétude avec des membres de votre entourage. Dites à la personne qu'elle est importante pour vous.

Vous pouvez vous aussi contacter la ligne d'intervention suicide 1-866-APPELLE pour discuter de la personne qui vous inquiète.

Vous êtes endeuillé par le suicide d'un être cher? Le décès par suicide amène également une détresse chez les endeuillés. Alors que la personne croyait être un fardeau pour ses proches ou que ceux-ci seraient soulagés, les personnes endeuillées ressentent de la culpabilité, de la colère, de la honte, du rejet et de l'incompréhension.

Ne restez pas seuls. Parlez de votre peine à une personne de confiance.

Vous pouvez vous aussi contacter la ligne d'intervention suicide 1-866-APPELLE, des services individuels et de groupe sont disponibles dans la majorité des régions du Québec.

Appelez!

T'es important (e) pour moi. Le suicide n'est pas une option.

Avec la collaboration de Sylvie Fortin

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer