Centre Georges-Vézina

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Le Centre Georges-Vézina... (Archives Le Quotidien)

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Le Centre Georges-Vézina

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Le Quotidien

Le projet de réfection du Centre Georges-Vézina, qui prévoyait le rétrécissement de la patinoire, a suscité de vives réactions. Depuis sa sortie dans le Progrès-Dimache, le maire Jean Tremblay a assoupli sa position, mais le dossier est demeuré sur toutes les lèvres. Le patineur de vitesse Marc Gagnon est l'athlète olympique le plus décoré de l'histoire du pays. L'entraîneur René Matte a quant à lui dirigé les Saguenéens de Chicoutimi avant d'entreprendre une carrière en Suisse.

Marc Gagnon: un outil essentiel

La glace de dimension internationale du Centre Georges-Vézina est une nécessité pour le patinage de vitesse sur courte piste, le sport le plus performant pour l'équipe canadienne aux Jeux olympiques depuis des décennies.

Premièrement, une glace de dimension internationale est nécessaire pour développer la vitesse chez les jeunes et ce, dès l'âge de 12 ou 13 ans. De plus, toutes les compétitions des niveaux provincial et élite doivent être présentées sur une glace de dimension internationale. Sinon, c'est trop dangereux. Il faut donc garder cette réalité en entraînement question de demeurer sécuritaire.

C'est pour cette raison que ces surfaces glacées de dimension internationale sont obligatoires, comme le site d'entraînement du Centre d'excellence Marc Gagnon, un centre québécois de développement où tous les meilleurs patineurs de la région se retrouvent, incluant des patineurs de Saint-Félicien, Alma, La Baie, Chicoutimi et d'autres villes .

Tout le monde sait qu'en sport, pour être le meilleur, tu dois t'entraîner avec les meilleurs. Donc, s'entraîner avec un groupe de dix patineurs de ton calibre ou mieux favorise largement le développement comparativement à un ou deux athlètes dans un club. Le patinage de vitesse au Québec, le plus grand fournisseur de talent au pays, passe par ce système partout en province. Et Dieu sait que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est l'un des plus importants producteurs de talent en patinage de vitesse courte piste. Et voici la récolte olympique des sept derniers Jeux:

  • Albertville 1992 = 3 médailles
  • Lillehammer 1994 = 1 médaille
  • Nagano 1998 = 1 médaille
  • Salt Lake City 2002 = 5 médailles
  • Turin 2006 = 2 médailles
  • Vancouver 2010 = 4 médailles
  • Sotchi 2014 = 3 médailles

Sans parler de toutes les médailles en coupes du monde et en championnats mondiaux.

Maintenant, chers défenseurs de la petite glace qui parlez au nom de tous les partisans, voici quelques réflexions pour vous.

Vous savez, si votre équipe gagne, le spectacle sera bon. Dernièrement, les gradins du Centre Bell se sont vidés à Montréal. Pourquoi? Parce que la glace est de dimension internationale? Bien sûr que non. Parce que le spectacle n'était pas à la hauteur des attentes des partisans? Oui. Surtout que les Canadiens de Montréal viennent de perdre 17 matchs en 22 parties. Et pourtant, la glace est petite. Est-ce que Marc Bergevin demandera de diminuer la surface glacée pour garder le monde?

Vous savez, le spectacle passe par la qualité de ses participants. Je ne sais pas ce qui se passe avec l'équipe de hockey - ou ses dirigeants - depuis que la glace de dimension internationale a été faite en 2002. Mais je crois que l'on cherche une solution à des contre-performances et un manque d'intérêt au mauvais endroit.

Qui plus est, ces jeunes hockeyeurs ont la chance d'avoir un double avantage: apprendre à mieux patiner et être techniquement plus en forme en raison d'une plus grande surface glacée, ce que plusieurs experts attribuent comme force supérieure chez les Européens. Surprise, ils jouent sur des glaces de grandes dimensions. Le deuxième avantage évident est que les autres équipes de la LHJMQ sont un peu déroutées quelques fois par année quand elles se présentent au Saguenay.

Si vous croyez que vous améliorerez votre spectacle en amputant une grosse partie du système de développement du patinage de vitesse au Québec, nous espérons que le hockey amènera 19 médailles olympiques aux jeunes de la région dans les prochains 20 ans. Mais pour moi, vous cherchez des réponses à vos problèmes à la mauvaise place. Et messieurs, vous auriez peut-être avantage à prendre exemple sur l'Europe et à prévoir ce qui pourrait arriver au hockey alors que le président des Flames de Calgary travaille pour faire agrandir les patinoires de la LNH. Intéressant non? Ça me dépasse de voir un débat entre le patinage de vitesse et le hockey au Centre Georges-Vézina, un débat concernant un pas vers l'avant qui a été fait il y a 14 ans pour ensuite retourner en arrière.

René Matte: les avantages

Doit-on privilégier une glace olympique?

Sur une vision à long terme, nos grands décideurs du hockey pourraient se poser la question suivante: avec une glace olympique, ne développerait-on pas davantage d'habiletés individuelles? Car si notre hockey mineur se jouait sur une glace de dimension olympique comme c'est le cas en Europe, on pourrait développer davantage la mobilité et l'agilité des joueurs. De plus, le fait de devoir jouer sur ces surfaces immenses procure aux joueurs la seconde de plus pour y aller d'un geste technique supplémentaire, pour créer de l'offensive et ainsi améliorer le spectacle.

Europe vs Amérique du Nord

Je me permets de comparer le développement des joueurs européens à celui des Nord-Américains. Cette année, c'est ma 10e saison en Suisse et je peux vous garantir que le hockey européen est en nette progression par rapport à celui en Amérique. On voit de plus en plus d'Européens dominer la LNH.

Une question s'impose: pourquoi? Tout simplement parce qu'on développe le joueur individuellement, qu'il soit grand ou petit. Pourquoi? Parce que chaque club professionnel engage des entraîneurs pour développer les habiletés individuelles du joueur avec un accent prioritaire sur le patinage, qui est la base et le moteur du joueur de hockey, et tout ce qui entoure le contrôle de la rondelle, les passes et les tirs. Ici en Suisse, la plupart des clubs doivent développer un joueur dès son mouvement junior (hockey mineur) pour ainsi alimenter son club professionnel. Alors, leur plus gros défi est de développer le joueur individuellement 2-3 fois/semaine sans compter l'entraînement régulier avec son équipe attitrée. Et avec une patinoire de grandeur olympique, tu n'as pas le choix, tu dois être capable de te déplacer avec aisance et vitesse en plus de contrôler la rondelle sous tous ces angles (passes/tirs). Ici, même les gros gabarits savent patiner et jouer avec la rondelle.

Patinoire olympique égale talent

Au cours de la saison 2012-13, il y a eu le lock-out des joueurs de la LNH. Dans notre championnat, on a eu la chance d'accueillir certains joueurs. Allez demander aux David Desharnais, Patrice Bergeron, Tyler Seguin, Matt Duchesne, Roman Josi ou encore à Pavel Datsyuk s'ils ont apprécié leur séjour en terre helvétique. Tous seront unanimes, le fait de jouer sur une patinoire de dimension olympique augmente la qualité du spectacle. Les joueurs sont toujours en mouvement et plus créatifs. Le jeu en lui-même est davantage axé sur la possession de la rondelle et non sur le «dumping» pour éviter les revirements. Donc, plus offensif et spectaculaire.

Et les plus petits joueurs ont plus de chance de se faire valoir et d'exploiter leur talent. La preuve? Pierre-Marc Bouchard. Il domine le championnat suisse avec 57 points en 38 parties, lui qui était devenu trop petit ou trop fragile pour la LNH. En Suisse, il revit et fait rêver les admirateurs de Zug avec ses passes millimétrées et sa finesse de patinage.

Glasse rétractable

En terminant, rêvons un peu et demandons au maire Tremblay d'avoir une glace rétractable. Pourquoi pas! Comme le toit de l'ancien SkyDome de Toronto, maison des Blue Jays. Pour ainsi forcer les joueurs à sortir de leur zone de confort en s'entraînant sur une glace olympique et mettre l'accent sur le travail de leurs habiletés techniques. De cette façon, Yanick Jean pourrait engager un «skills coach» 2 fois/semaine et le match pourrait se jouer sur une patinoire de dimension canadienne, et ainsi être plus physique avec de l'émotion. Les partisans seraient comblés et les joueurs mieux développés. Et l'entraîneur pourrait travailler avec des conditions semblables aux autres équipes de la LHJMQ et avoir un système de jeu et un plan de match adapté autant à la maison qu'à l'extérieur. Alors M. Tremblay, ce n'est pas une bonne idée? Et en plus, tout le monde du patin à glace au Saguenay serait heureux!

Bonne réflexion.

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