Assurer la suite du monde

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Laurent Thibeault.... (Archives Le Quotidien)

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DÉBAT / Les Sociétés d'histoire régionales et locales réalisent-elles leur rôle de protecteur du patrimoine?

Poser la question du rôle de la Société historique du Saguenay à l'égard de la protection du patrimoine et de sa vocation à la diffusion de l'histoire régionale, c'est comme remonter à la genèse de cette société d'histoire qui, depuis 1934, a mis en place un important service d'archives privées, un musée régional, un drapeau distinctif régional, la fête régionale du 11 juin, un premier grand spectacle historique d'envergure en 1938, une société de généalogie, le musée régional, la publication depuis 56 ans de la seule revue d'histoire régionale, Saguenayensia, la publication de plus de 60 livres à intérêt historique, l'organisation de conférences patrimoniales (soirée Saguenayensia), de croisières historiques, de conférences, de la protection des monuments notamment, la statue de la Vierge au Cap Trinité, la Poudrière à Desbiens, le monument du Coteau-du-Portage à Chicoutimi, le Monument des 21 à La Baie et ses nombreuses interventions pour protéger le patrimoine bâti, tel celui de la Pulperie de Chicoutimi.

Convenons qu'elle n'a pas toujours su imposer ses choix de protection de certaines maisons ancestrales sur la rue Racine et même celle du fondateur de Chicoutimi, Peter McLeod, contre le pic des démolisseurs pour faire place à l'évolution et à la modernité. On reconnaîtra toutefois que la SHS a toujours été sur la première ligne pour brandir les pancartes de la contestation judicieuse pour livrer notre histoire régionale et protéger notre patrimoine.

Malgré les hauts et les bas vécus au cours de ses quatre-vingt-deux années d'existence, on ne pourra jamais lui reprocher sa détermination, son obsession de l'histoire, son sens du devoir et de la responsabilité d'assurer la «suite du monde».

Une société d'histoire, c'est comme un guide spirituel de notre mémoire collective. Il reste à la population, à nos organisations publiques, aux instances gouvernementales supérieures (gouvernement provincial et gouvernement fédéral), aux organismes municipaux et scolaires, de même qu'aux diverses corporations privées, malheureusement trop timides, de s'engager davantage dans une préoccupation patrimoniale.

À titre d'exemple, si chaque grande organisation brandissait fièrement notre drapeau régional ne croyons-nous pas qu'on pourrait stimuler davantage la curiosité? Et si on savait simplement louanger par des écriteaux les oeuvres de nos bâtisseurs de pays, sans doute que nos jeunes, à qui on attribue des résultats plutôt bien ordinaires en ce qui concerne la connaissance de leur histoire, deviendront plus motivés, informés et instruits du passé. Et pourquoi ne pas trouver à instaurer à divers niveaux un cours de l'histoire régionale?

Les petites communautés, les régions éloignées sont trop souvent laissées pour compte, car il n'est pas évident que l'histoire régionale et l'histoire locale soient comprises dans la conception idéologique patrimoniale «nationale.» Faire reconnaître un bien patrimonial dans une région comme la nôtre à titre de bien culturel «national» (canadien ou québécois) n'est pas une démonstration évidente pour convaincre les fonctionnaires ou les représentants de comités «nationaux» situés à Québec et Ottawa qu'il y a aussi un patrimoine national éloigné des métropoles et des capitales. Le classement ou la reconnaissance par les ministères, provincial et fédéral, d'un bien patrimonial bâti doit faire la preuve d'un lien à l'histoire de la nation du Québec ou de la nation canadienne.

Dans notre région, seul le site d'archéologie industrielle de la Pulperie de Chicoutimi a reçu à ce jour une reconnaissance nationale tant par le gouvernement du Québec que par le gouvernement d'Ottawa. Lorsqu'il s'agit de bâtiments, de monuments d'institutions, d'entreprises privées, de résidences et de patrimoine religieux, les instances gouvernementales cherchent à diriger les dossiers vers les organisations municipales.

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