Se valoriser à travers le patrimoine

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Anne-Julie Néron....

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Anne-Julie Néron.

 

Le Quotidien
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Le patrimoine bâti et historique constitue un héritage inestimable pour la région. Que doit-on faire pour le protéger et le mettre en valeur? Laurent Thibeault et Anne-Julie Néron dirigent la Société historique du Saguenay et la Société d'histoire du Lac-Saint-Jean respectivement.

DÉBAT / En 1996, nous mettions sur pied le SARP afin de sensibiliser les citoyens et les élus à la protection du patrimoine bâti. Depuis, nous avons vu évoluer les mentalités autour du patrimoine.

Il y a 20 ans, les bâtiments historiques étaient considérés sans intérêt et sans valeur. Aujourd'hui, ils sont appréciés pour leur cachet et pour ce qu'ils représentent. Ils contribuent à l'identité de nos communautés, car ils constituent des lieux où la population se reconnaît. Le lien entre le sentiment d'appartenance et les bâtiments patrimoniaux a d'ailleurs été démontré et les spécialistes en revitalisation le constatent: le patrimoine est un moyen d'impliquer sa communauté dans un projet commun. Sans ces lieux significatifs, on perd nos repères culturels et identitaires.

Partout au Québec, les municipalités se positionnent pour être de plus en plus attrayantes et la mise en valeur du patrimoine est une stratégie utilisée pour définir leur image. Baie-Saint-Paul, par exemple, a fait de son patrimoine bâti sa marque de commerce, ce qui lui a permis d'attirer les touristes, de donner une image créative de son centre-ville, de maintenir sa population, de diversifier son économie et les entreprises sur son territoire. D'autres municipalités de toutes tailles, comme Tadoussac, L'Anse-Saint-Jean et Saint-Jean-sur-Richelieu, enrichissent l'offre touristique grâce à leur image axée sur la mise en valeur du patrimoine bâti.

La mise en valeur du patrimoine fait partie d'une démarche de développement durable et de revitalisation. Au cours des dernières années, notamment, le SARP a été identifié dans la MRC Domaine-du-Roy comme un acteur de premier plan pour accompagner les municipalités dans la revitalisation de leur territoire. La Ville d'Alma compte quant à elle intégrer le SARP à son plan de développement durable. Ces exemples démontrent l'importance, pour les municipalités, d'avoir un noyau identitaire fort afin de susciter la rétention des citoyens dans les centres-villes et les villages.

On ne peut certes pas tout conserver, mais il faut trouver des solutions innovatrices. La démolition est la solution la moins créative et elle cause souvent plus de problèmes qu'elle n'en règle. Elle risque de démobiliser les citoyens, dans un contexte où le gouvernement accorde de plus en plus de responsabilités aux communautés locales. Elle crée par ailleurs des espaces vacants, qui amoindrissent le cachet et l'intérêt des rues commerciales. Ces vides deviennent des vides identitaires: les citoyens perçoivent leur milieu de façon plus négative et leur intérêt à s'investir dans la communauté diminue. Il faut donc se demander, quand on démolit, ce qu'on fera de l'espace vacant. Nos élus ont le devoir de réfléchir aux impacts (sur la communauté, le paysage, le tourisme, etc.) de la démolition d'un bâtiment patrimonial avant de procéder. La protection du patrimoine bâti dépend ainsi énormément de la sensibilité et la créativité des élus municipaux.

Dans les périodes de restriction économique, le patrimoine bâti est souvent perçu comme une dépense inutile: on pense aux solutions à court terme plutôt qu'aux avantages à long terme. Pourtant, il a été démontré que l'argent dépensé par les municipalités pour la mise en valeur des bâtiments est amorti en retour de taxes foncières. De plus, il n'y a pas que les enjeux économiques qui doivent être considérés dans les choix liés au patrimoine: il y a aussi des enjeux sociaux, culturels, touristiques, environnementaux, etc.

Notre région n'est pas la seule qui vit de tels défis. Elle doit y faire face et exploiter son patrimoine pour dynamiser ses communautés, attirer de nouveaux citoyens et de nouvelles entreprises, à l'instar d'autres communautés qui le font et en récoltent les avantages. Le SARP est devenu un acteur incontournable et son expertise est unique au Québec, ce qui constitue un atout majeur pour notre région.

Ce texte a été rédigé conjointement avec Danielle Larouche, directrice générale de 1991 à 2011, et Dominique Poirat, architecte et directrice du Service d'aide-conseil à la rénovation patrimoniale (SARP).

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