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Partie truquée

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Myriam Ségal
Le Quotidien

On prépare pour février le sommet sur l'éducation, décrété pour calmer le printemps érable. Inutile! Les dés sont pipés, et le contribuable crachera!

Le ministre Pierre Duchesne a appuyé, soutenu les carrés rouges. Malgré cela, Pauline Marois l'a nommé à l'Éducation supérieure. Où il aurait fallu un arbitre intègre et crédible, elle a placé un partisan buté. Et il a commencé par tout donner aux étudiants, même ce qu'ils ne réclamaient pas. Un gel pour un an, en attendant la grande messe, soit. Mais pourquoi deux ans? Ne me dites pas que les délais seraient trop serrés entre mars et août pour rajuster le tir. Le ministre vient d'annuler une hausse rétroactivement, prenant les comptabilités universitaires au dépourvu.

Le gel signifie en fait une diminution des frais de scolarité, puisque le coût de la vie et le salaire minimum augmentent. On n'en a pas encore causé, et la décision est prise. Et Mme Marois veut ensuite indexer les frais de scolarité. Elle l'a dit. Que reste-t-il à décider?

Il a maintenu l'offre des libéraux de bonifier le régime des prêts et bourses. Les associations étudiantes comptaient le réclamer lors du sommet. Pas besoin, les amis, de tempêter, de manifester, d'argumenter, de convaincre! Voici sur un plateau d'argent tout ce que vous vouliez et même plus!

Coupures

Le ministre vient de couper 140 millions $ dans les budgets des universités. Avant que le sommet ait lieu, avant qu'on fasse la preuve que le gaspillage ronge ces institutions. Bien sûr, on a des indices: dans les grandes universités, on débusque des salaires luxueux, des parachutes dorés, des frais administratifs intrigants, des placements immobiliers douteux, et un train de vie princier pour les recteurs et leur aréopage d'adjoints. À notre plus modeste UQAC, de temps en temps, des repas à 300$, des bouteilles de Brouilly, des voyages, des réceptions, du golf, font la manchette. Les recteur et vice-recteurs semblent s'en donner à coeur joie.

Les universités, malgré des départements de communication bien nantis (un peu trop?), se défendent mal. Les réponses, les explications restent vagues, livrées sur un ton outré surfait. Avec qui, pourquoi, que négociait-on, qu'a-t-on obtenu par ces dépenses? Les 30 forfaits de golf dans Charlevoix ont été distribués à qui, comment?

Quand les petits recteurs des universités publiques rencontrent les princes des grands temples du savoir, se sentent-ils comme des indigents dans une cour royale? Se laissent-ils alors séduire par ce train de vie?

Il faudrait

Au lieu du concert des plaidoiries esquissées dans les rencontres pré-sommet, il faudrait cerner les mentalités, mener un examen scrupuleux et approfondi des coûts de chaque discipline, des frais administratifs. Mais aussi des frais afférents, ce fourre-tout dans lequel on enfourne des coûts aussi obligatoires que les frais de scolarité, et parfois exorbitants. Il faudrait des chiffres précis sur le remboursement des dettes étudiantes selon les diverses formations.

On oublie souvent que l'université est encore moins chère au Québec que ce qui parait: le collégial n'existe pas ailleurs; au moins une des deux années de formation générale gratuite (tout est relatif à cause des frais afférents) fait partie du cursus universitaire.

Il faudrait se demander si la piètre formation secondaire, dont le diplôme ne garantit pas une maîtrise minimale de la langue et du bagage collectif ne décourage pas les jeunes d'aller plus loin. Ils butent en masse au cégep sur l'Épreuve uniforme de français.

Mais ces questions-là seront éludées par l'argent. Le ministre Duchesne se vante de disposer de 696 millions de dollars. Où les prendra-t-il? Je subodore et redoute la réponse. Il se présente à ce sommet comme un joueur de poker fanfaron qui connaît l'ordre des cartes et qui empile devant lui un tas de jetons. Cela obsède tous les joueurs, qui en oublient que la partie est truquée.

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