Le sort en est jeté

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

La semaine dernière, je participais au cinquième symposium scientifique du Consortium Ouranos (www.ouranos.ca). Ce consortium de chercheurs, créé il y a dix ans, est un des groupes de recherche les plus avancés au monde dans le domaine de l'évaluation des impacts et de l'adaptation aux changements climatiques. J'y agis à titre de membre du comité scientifique depuis sa création, ce qui me donne une perspective unique sur l'évolution de la situation. Mes constats sont à la fois enthousiasmants et désespérants.

Du point de vue négatif d'abord, le constat que la concentration de gaz à effet de serre ne cesse d'augmenter à un rythme accéléré est désespérant. Nous atteindrons de manière inéluctable les 400 parties par million de CO2 dans l'atmosphère à l'hiver 2014. Gregory Plato, un des scientifiques qui pilote le développement du nouveau modèle planétaire canadien (un des cinq simulateurs climatiques les plus avancés) nous a clairement démontré ce que plusieurs scientifiques prévoyaient depuis 2008, c'est-à-dire que nous ne pouvons plus éviter un réchauffement de plus de quatre degrés d'ici 2100. Même si on arrêtait d'émettre en 2050, ce qui est illusoire, il faudrait absorber des centaines de millions de tonnes de CO2 par année jusqu'en 2100 pour espérer stabiliser le climat à «+3,6 degrés», très loin de la cible de deux degrés promise par l'accord de Copenhague conclu en 2009. Le sort en est jeté, le climat planétaire va se réchauffer, vite et violemment. Le créneau d'opportunité qui existait pour changer le cours des choses au cours des 20 dernières années a été manqué. Il nous faudra vivre avec les conséquences.

Positif

Sur le plan positif, les trois jours du symposium nous ont montré que la recherche sur l'atténuation des impacts et l'adaptation avance rapidement dans les universités, chez Hydro-Québec et dans les ministères du gouvernement du Québec. C'est rassurant, car cela nous permettra d'être mieux préparés à ce qui s'en vient. En effet, sur notre territoire, le réchauffement va dépasser les 5 degrés en moins d'un siècle. En moyenne annuelle, cela signifie que le climat de la Montérégie va ressembler à celui de l'Illinois en 2050 et que nos hivers vont raccourcir d'au moins un mois de chaque côté. Le climat ne permettra plus de fabriquer du sirop d'érable dans le sud du Québec, alors qu'il sera idéal pour le faire ici, mais nous n'avons pas beaucoup d'érables... Trouvez l'erreur!

Cela peut avoir l'air anecdotique, mais la transformation des écosystèmes va être un défi auquel il faut se préparer dès maintenant. C'est dans ce cadre que le projet Carbone boréal (carboneboreal.uqac.ca) prend toute son importance. Les forêts absorbent du CO2 par la photosynthèse. En planter de nouvelles aujourd'hui contribuera donc à absorber plus de CO2 en 2025 et chaque année par la suite. C'est l'un des moyens envisagés pour contrôler la montée de la concentration de CO2 qui est à notre portée. Mais attention, il ne faut pas planter n'importe quel arbre, n'importe où. Dans les faits, nos plantations qui servent actuellement à la recherche vont nous donner les réponses nécessaires pour faire les interventions de grande envergure dont nous aurons besoin dans 10 ou 20 ans. Il faudra aussi planter plus au nord. Nous démarrons d'ailleurs un projet cet hiver pour planter des dispositifs expérimentaux à Fermont, au 53e parallèle le printemps prochain. Je ne pense pas qu'on y mette des érables à sucre, mais les modèles nous montrent que ce sera envisageable dans 30 ans.

2100

Dans un article publié dans la revue Nature Geoscience l'an dernier, des scientifiques du centre canadien de modélisation du climat ont évalué qu'à l'horizon 2100, des efforts de plantation pourraient contribuer à réduire l'impact du réchauffement de l'ordre de 0,25 à 0,45 degré. C'est donc une des voies qu'il faut résolument emprunter pour combattre le réchauffement.

Claude Villeneuve remet son cachet à la campagne majeure de

développement de l'UQAC.

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