Une biblio, mais pas dans l'église

Patrimoine Saint-Édouard souhaite que l'église soit transformée en... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Patrimoine Saint-Édouard souhaite que l'église soit transformée en bibliothèque.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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ÉDITORIAL / La Baie doit-elle avoir une nouvelle bibliothèque publique, moderne, avec toutes les commodités que ce type d'établissement offre aujourd'hui ? Sans aucun doute ! Le succès inattendu de celle de la rue Saint-Dominique, à Jonquière, fait foi de l'importance d'une telle infrastructure dans sa communauté. Il en est de même à Chicoutimi ou à Alma, où des mises à jour majeures, voire des aménagements complets, ont permis aux bibliothèques d'antan de franchir la nouvelle ère avec panache. Une bibliothèque publique, désormais, est bien plus qu'un espace réservé à la lecture ou au prêt de livres ; elle est un lieu de culture, d'interaction, d'accès à l'information et aux nouvelles technologies de communication. Mais dans une église, au coût estimé de 15 à 20 millions de dollars ? Non.

L'expression « faire du neuf avec du vieux », vous connaissez ? Présentement, le débat entourant la métamorphose de l'église Saint-Édouard, à La Baie, est devenu un enjeu électoral de premier ordre. Il est également apparu comme le catalyseur d'une guerre interne au Parti des citoyens de Saguenay, à un point tel qu'il a mené à la défection de l'ex-chef de la formation politique, Jean-Pierre Blackburn. La dernière goutte d'eau, celle qui a fait déborder le vase. Le candidat Blackburn a été catégorique : il endosse le projet de transformation ; le PCS, lui, s'y objecte sous prétexte que le bâtiment n'est pas adéquat et que le coût n'en vaut pas le lampion.

D'un oeil extérieur, imperméable aux considérations émotives, la seconde position se défend mieux. Comment la nécessité de doter La Baie d'une bibliothèque au goût du jour doit-elle absolument être compatible à la volonté de préserver un patrimoine bâti ? N'y a-t-il pas d'autres solutions, mieux adaptées à la réalité ?

Une étude effectuée dans les années 1990 à la demande du conseil d'administration de la bibliothèque de La Baie écartait l'option de l'église Saint-Édouard, pour des raisons techniques. Imaginez aujourd'hui, avec l'avènement des nouveaux besoins en matière technologique.

Le destin des églises

Personne ne souhaite la démolition de l'église Saint-Édouard. Ce lieu de culte a marqué la vie de générations de fidèles et, encore de nos jours, il surplombe avec élégance le boulevard de la Grande-Baie Sud.

Doit-on l'entretenir avant qu'il ne connaisse le même sort que l'église Fatima, par exemple ? Ce serait certes souhaitable, ne serait-ce que pour conserver le legs architectural d'un passé pas si lointain, dans cette agglomération à vocation de plus en plus touristique. Dans le contexte où, tôt ou tard, un parc public sera aménagé dans le secteur, démolir ce monument pourrait être une erreur irréparable et regrettable.

Des personnes remplies de bonne foi se sont accrochées au projet de bibliothèque publique pour justifier la conservation de l'église Saint-Édouard de La Baie. La démarche est louable, mais elle n'est pas pour autant justifiée.

Il s'agit quand même de 14 à 20 millions de dollars, pour une église qui ne correspond pas à l'image des bibliothèques publiques de notre époque. Celles-ci sont inspirantes ; elles sont des locomotives architecturales de leur secteur respectif. Passez faire un tour sur la rue Collard, à Alma, sur la Saint-Dominique à Jonquière, ou sur la Racine à Chicoutimi pour réaliser ce à quoi ressemble une bibliothèque.

C'est ce dont La Baie a besoin : un bâtiment actuel, vitré sur toutes ses façades, invitant, accueillant, ensoleillé, érigé en plein coeur de l'arrondissement ou intégré au projet de développement de l'ancien site de la Consol.

Quant à l'église Saint-Édouard, le destin de cette dernière est malheureusement le même que celui d'autres lieux de cultes qui ont été désertés par les croyants, puis ignorés lors de la capitation.




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