Les dessous d'un mélodrame

Jean-Pierre Blackburn tire à boulets rouges sur les... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jean-Pierre Blackburn tire à boulets rouges sur les plus hautes instances du Parti des citoyens de Saguenay qui souhaitaient conserver leurs privilèges.

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ÉDITORIAL / Résistance, guerres de contrôle, abus de pouvoir, pressions du cabinet du maire, collaborateurs imposés... Il n'aura pas fallu attendre bien longtemps pour connaître les dessous du mélodrame qui se joue présentement au Parti des citoyens de Saguenay (PCS). À peine 24 heures après avoir monopolisé l'attention médiatique en annonçant son départ, le chef démissionnaire Jean-Pierre Blackburn a récidivé en se vidant le coeur, mardi, lors d'un point de presse à sa résidence privée.

Jean-Pierre Blackburn tire à boulets rouges sur les plus hautes instances du parti qui souhaitaient conserver leurs privilèges; il pourfend les membres du cabinet du maire Jean Tremblay, qui exigeaient que leur poste soit garanti au lendemain de l'élection; il dénonce des candidats influents du PCS, qui refusaient de se présenter aux réunions d'équipe. Il réitère sa loyauté envers sa garde rapprochée, que les membres du PCS souhaitaient voir expulsée. 

Le Parti des citoyens a tout tenté pour encadrer son ancien chef et lui dicter la marche à suivre, mais les ténors de la formation politique ont frappé un mur. Et ça s'explique très bien : comment peut-on demander à un politicien tel Jean-Pierre Blackburn de renier ceux et celles qui lui ont permis, jadis, de devenir député fédéral, puis ministre?

Au Parti des citoyens plus que nulle part ailleurs, on sait pourtant à quel point le lien de confiance est crucial dans la nomination des alliés en politique. À quel prix le maire Jean Tremblay s'est-il lui-même débarrassé de ceux et celles qui ne partageaient pas sa vision : le haut fonctionnaire Louison Lepage; l'ancien directeur général de Chicoutimi Marcel Demers; l'ex-directeur général de Saguenay Bertrand Girard? À l'inverse, jusqu'où était-il prêt à aller pour récompenser ceux et celles qui lui avaient été fidèles : l'actuelle directrice générale de l'arrondissement de Jonquière, Danielle Godin, qui a accédé à cette importante fonction sans même détenir un diplôme d'études universitaires; le conseiller déchu Fabien Hovington, coupable d'avoir mal utilisé les deniers publics, mais devenu directeur général de la Zone portuaire de Chicoutimi, etc. Et que dire du scandale de l'Immobilière, qui a coûté près de 5 millions de dollars aux payeurs de taxes?

Éteindre le brasier

À moins de trois mois des élections municipales, il sera difficile pour le PCS de dénicher une figure de proue capable d'incarner le changement à l'hôtel de ville tout en se conformant aux exigences de ceux et celles qui sont en place et qui n'espèrent qu'une chose : l'emporter pour conserver leurs fauteuils et privilèges.

Le futur candidat disposera néanmoins d'une équipe de campagne structurée et d'un portfolio de réalisations notables, attribuables à l'administration Tremblay, comme celle du quai de croisières de La Baie. En revanche, il devra aussi défendre tout le reste, ce qui inclut l'ensemble des décisions prises par ceux qui ont contribué à ce régime de 20 années. 

Jean-Pierre Blackburn n'a même pas été en mesure de rallier l'ensemble du PCS autour d'un projet de bibliothèque publique. Imaginez-vous, s'il avait proposé un vaste projet de restructuration de l'appareil municipal axé sur une plus grande transparence!

Il ne fait aucun doute que Luc Boivin serait le porte-étendard idéal pour le PCS puisqu'il connaît le parti de fond en comble, avec ses forces et ses lacunes. Il a participé à sa création et est perçu par plusieurs tel le dauphin légitime de Jean Tremblay. Son argumentaire aurait le mérite d'être conséquent et assumé. Le conseiller tarde cependant à confirmer son intérêt, pour des raisons qui lui appartiennent.

Or, le temps presse pour le PCS. Car, en plus de reprendre la campagne avec un nouveau chef, les stratèges ont maintenant la tâche d'éteindre le brasier allumé par Jean-Pierre Blackburn. 

Et plus les jours passent, plus l'incendie prend de l'ampleur.




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