Y aura-t-il une campagne à Alma ?

Le maire d'Alma, Marc Asselin... (Archives le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le maire d'Alma, Marc Asselin

Archives le Quotidien, Gimmy Desbiens

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ÉDITORIAL / À six mois du prochain scrutin municipal, le maire d'Alma, Marc Asselin, est toujours seul en lice et son erre d'aller ne s'est pas s'être estompée depuis l'élection de 2013. Les célébrations du 150e anniversaire d'Alma et la tenue récente des Jeux du Québec, avec les investissements importants que ceux-ci ont générés, ont fait contrepoids au ralentissement économique dans la région. Ainsi, malgré la morosité actuelle, la capitale jeannoise a su briller de tous ses feux. Faut-il s'étonner, dans ce contexte, qu'aucun candidat n'ait encore manifesté son intention d'affronter le maire sortant ?

Marc Asselin n'est pas reconnu pour ses sorties à l'emporte-pièce ni pour ses projets démesurés. Ses positions sont souvent posées et stratégiques. Il fait peu de faux pas, s'implique activement à l'Union des municipalités du Québec (UMQ), et dévoile des surplus budgétaires année après année. 

En 2013, c'est avec une majorité écrasante de 66,1 % qu'il a vaincu son principal adversaire, Jean Paradis, pourtant un rival de grande qualité, avantageusement connu dans le milieu almatois. 

L'issue de cette élection a confirmé le taux de satisfaction des Almatois à l'égard de leur maire, mais surtout à quel point les contribuables de la Cité de l'Hospitalité se confortent dans la stabilité et dans la continuité. À preuve, non seulement le maire Asselin a-t-il été reconduit sans peine, mais tous les conseillers sortants ont eux aussi vu leur mandat renouvelé. 

Des huit conseillers en poste, sept n'ont même pas eu à faire campagne faute d'adversaires. Le huitième, Gino Villeneuve, a quant à lui obtenu la faveur populaire dans son quartier, avec plus de 60 % des voix.

L'union fait la force

D'un point de vue strictement démocratique, il y a néanmoins lieu d'éprouver un certain malaise en tant qu'électeur lorsque nul n'ose se frotter à une administration en place. La communauté almatoise est-elle devenue à ce point résiliente qu'elle ne génère plus d'idées nouvelles, contrastantes, innovantes ? N'oublions pas qu'il s'agit de la deuxième ville en importance au Saguenay-Lac-Saint-Jean, qu'elle dispose d'un budget avoisinant les 65 millions de dollars, qu'elle profite d'une présence industrielle solidement ancrée et d'atouts de développement indéniables ! 

« C'est l'fun d'être le maire d'Alma », répétait à qui voulait l'entendre le prédécesseur de Marc Asselin, Gérald Scullion. Lui non plus n'a jamais été réellement en danger au cours de son règne de six ans. Et comme Marc Asselin, il n'a été l'objet d'aucune opposition au sein de son conseil. 

L'unité ; voilà peut-être ce qui fait d'Alma ce qu'elle est. À l'abri des micros et caméras, il y a sans doute eu des frictions, à l'époque comme aujourd'hui, mais devant le public, le conseil ne donne jamais l'impression d'être en situation de rupture. 

Est-ce qu'un tel modèle pourrait faire place à une opposition organisée comme celle qui s'est enracinée à Saguenay, par exemple ? Ou est-ce mieux ainsi : des élus qui acceptent de marcher dans la même direction, sans quitter les rangs ? 

La question se pose : qui aura l'audace de menacer cet équilibre ? 

Car visiblement, la population s'accommode de la formule qui lui est suggérée. Rarement au cours de la dernière décennie des citoyens se sont présentés en masse lors d'une assemblée publique pour dénoncer une décision ou pour se plaindre de leurs élus. 

Approbation unanime ou désintéressement total ? La réponse à cette question se déclinera peut-être lors de la prochaine campagne... si campagne il y a.




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