La pépinière du Big Data

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L'industruialisation 4.0 est amorcée et les intallations de Rio Tinto au Saguenay-Lac-Saint-Jean n'échapperont pas à ce virage inévitable.

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ÉDITORIAL / Rien ne freinera la robotisation des usines et l'utilisation des métadonnées, communément présentées sous l'appellation Big Data. Le phénomène est mondial, en plein essor, et l'avenir appartient à ce créneau de haute technologie. L'industrialisation 4.0 est amorcée et les installations de Rio Tinto au Saguenay-Lac-Saint-Jean n'échapperont pas à ce virage inévitable. Aussi, deux options se présentent : soit on demeure passif devant cette mutation, soit la région prend le taureau par les cornes et profite de cette grande révolution pour se réinventer.

Le Big Data se résume ainsi : des millions, voire des milliards de données qui, une fois analysées, permettent de mieux comprendre un procédé, l'optimiser, et même prédire ses performances et défaillances. Pour une usine d'électrolyse, la maîtrise de ces connaissances numériques est un enjeu capital dans le marché actuel. Il assure une plus grande productivité, une rapidité de réaction et une précision qu'aucun être humain ne pourra jamais égaler. La moindre imperfection peut être anticipée et corrigée en temps réel. 

L'époque des boîtes à lunch cède lentement sa place à une ère où le savoir sera la clé du succès et où la main-d'oeuvre spécialisée fera l'objet d'une très forte demande. Se conforter dans l'immobilisme et nier ce constat serait tout simplement suicidaire. 

Mardi, dans le cadre du Salon de la Vallée de l'aluminium en affaires qui se déroule à Saguenay, le directeur du Centre de recherche et de développement Arvida (CRDA) de Rio Tinto, Frédéric Laroche, a confirmé cette métamorphose imminente, insistant sur les défis qu'elle suscitera en matière de ressources humaines. Pour rivaliser avec la Chine et le Moyen-Orient, a-t-il réitéré, les moyens classiques telle l'augmentation d'ampérage, ne suffisent plus. 

Bien qu'il n'ait pas foulé ce terrain glissant, on devine clairement dans son exposé que le modèle actuel est condamné à disparaître au Québec, et particulièrement ici. Cela signifie des pertes d'emplois traditionnels, certes, mais également des opportunités inédites pour une région qui cherche à s'affranchir de son passé. Car, pour appuyer chaque chercheur de demain, il faudra nécessairement une brochette de techniciens et d'ouvriers professionnels. Ce sont eux, les futurs employés de la grande entreprise.

Et c'est là que nos institutions d'enseignement doivent jouer un rôle prédominant en harmonisant leurs programmes en fonction des besoins qui se profilent à l'horizon. L'UQAC, les quatre établissements collégiaux et les centres de formation professionnelle doivent être proactifs, dans une démarche qui impliquera Rio Tinto, les gouvernements supérieurs et l'ensemble des centres de recherche du territoire régional. 

Malgré une volonté manifeste du gouvernement provincial de s'implanter dans ce créneau, le Québec est encore bien loin des chefs de file mondiaux du Big Data. 

Pourtant, les perspectives sont gigantesques. Dans un rapport publié en février 2016 pour le compte de Montréal International et de Québec International, on souligne, entre autres conclusions, que « selon une nouvelle étude du Canada's Big Data Consortium, il existe au Canada une pénurie estimée entre 10 500 et 19 000 professionnels détenant les compétences approfondies en analytique de données requises pour exercer des rôles tels que Chief Data Officer, Data Scientist et Data Solutions Architect, (et que) cette pénurie est estimée à 150 000 pour des rôles tels que Business Manager et Business Analyst ». 

Quoi qu'on en dise, la présence d'Alcan, puis celle de Rio Tinto a permis au Saguenay-Lac-Saint-Jean de s'imposer sur l'échiquier mondial de l'aluminium et de faire naître des équipementiers parmi les plus efficaces de la planète. À défaut de générer autant d'emplois que dans les années 70, nos usines d'électrolyse et le centre opérationnel de l'entreprise peuvent encore aujourd'hui avoir l'effet d'une locomotive, en devenant des laboratoires et en poussant Québec à se tourner vers le Royaume pour concrétiser un grand projet de société : celui de devenir la pépinière nord-américaine du Big Data.




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