Ça ne passe plus

L'ancien président de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay,... (Archives Le Progrès, Jeannot Lévesque)

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L'ancien président de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Antonin Simard

Archives Le Progrès, Jeannot Lévesque

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Marc Saint-Hilaire
Le Quotidien

ÉDITORIAL / La controverse entourant les comptes de dépenses de l'ancien président de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Antonin Simard, doit être placée dans un contexte beaucoup plus large que les quelques factures de bières et de bouteilles de vin qu'il a consommées lors de repas, dit-il, protocolaires. Il s'agit en fait d'un exemple parmi tant d'autres qui exposent la vulnérabilité de nos structures publiques.

En examinant toutes les factures sur lesquelles se trouvaient des frais d'alcool, les écarts d'Antonin Simard totalisent plus ou moins 250 $, selon les informations divulguées par Radio-Canada. L'ancien élu scolaire, qui a quitté ses fonctions en février dernier pour des raisons de santé, se défend d'avoir agi avec l'intention de frauder. Son argument se résume en quelques mots : c'est comme ça que ça marche, ça fait partie de la fonction.

Le véritable problème est justement que, pour certains, les règles qui encadrent l'administration publique peuvent être violées. Elles ont beau être déclinées clairement, ne laisser place à aucune interprétation, elles sont souvent considérées au même titre que les limites de vitesses sur nos routes, qu'on peut excéder légèrement sans crainte de se faire intercepter. C'est une réalité admise et assimilée.

Or, lorsqu'il est question de la gestion des fonds publics, la désinvolture n'a tout simplement plus sa place.

Antonin Simard subit les foudres de la population pour tous ceux qui ont exagéré de façon éhontée ; il paye pour les gestes répréhensibles qu'il a posés, certes, mais également pour ces conseillers de Saguenay qui se sont octroyé des voyages en France sur le bras des contribuables et dont la sanction n'a guère été plus dissuasive qu'une tape sur les doigts ; pour l'ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, qui a dépouillé ses électeurs de plusieurs millions de dollars, pendant plus de deux décennies, avant d'être jugé coupable de fraude. Chaque fois où l'on pense que ces pratiques n'existent plus, un nouveau scandale fait surface. Le salaire que voulaient s'accorder les administrateurs de Bombardier, après avoir été sauvés de la faillite par l'État, est une autre démonstration de tout ce qui ne fonctionne pas dans la société actuelle.  

Les payeurs de taxes ont bien raison d'être en colère, car il existe un dénominateur commun dans toutes ces affaires : le lien de confiance a été rompu.

Au coeur des débats

À l'aube des prochaines élections municipales au Québec, il sera intéressant de voir quelle place occupera la transparence dans les débats. À Saguenay plus particulièrement, où l'opposition a maintes fois critiqué le système mis en place par le maire Jean Tremblay au cours de ses 20 années au pouvoir. À cela s'ajoutent les confidences de l'ex-vérificatrice générale Rina Zampieri, qui dit avoir subi des pressions politiques dans le cadre de ses fonctions, de même que les descentes répétées de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) à l'hôtel de ville, à Promotion Saguenay et dans les bureaux de l'Office municipal d'habitation de Saguenay.

Pour ceux et celles qui réclament depuis des années que les organisations paramunicipales soient plus transparentes et que leurs activités fassent l'objet d'une plus grande surveillance au conseil de ville, l'occasion ne pourrait être plus propice. Le constat est indéniable : le peuple exige une vigilance accrue, dans les commissions scolaires, comme on le remarque dans le dossier d'Antonin Simard, mais aussi au sein de l'appareil municipal ou du gouvernement.

Car, qu'il s'agisse d'un oeuf ou d'un boeuf, la tolérance des gens a atteint sa limite et les fautifs sont dorénavant attendus avec une brique et un fanal.




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