Autoroute de l'Aluminium

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«En ce sens, Le Progrès profite de la première édition historique de cette nouvelle mouture du samedi pour alimenter les réflexions et suggérer que la 70 porte le nom de l'autoroute de l'Aluminium.»

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ÉDITORIAL / La construction, toujours en cours, de l'autoroute 70 entre Alma et La Baie, n'aura pas été un exemple de diligence et de cohésion politique, mais le nom qui lui sera éventuellement attribué pourrait, lui, passer à l'histoire comme une grande justice et justesse.

En ce sens, Le Progrès profite de la première édition historique de cette nouvelle mouture du samedi pour alimenter les réflexions et suggérer que la 70 porte le nom de l'autoroute de l'Aluminium.

Et si on attend la fin des travaux, diront les plus cyniques et méfiants à l'égard des politiciens, ça prendra encore plusieurs années avant que la décision de donner un nom au lien routier entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean soit prise.

Nom pour nous rappeler

Pour donner une âme à cette autoroute, un peu comme ç'a été fait pour la 40 rebaptisée Félix-Leclerc, le moment est venu au Royaume de donner un nom à un projet qui n'en finit plus de finir.

Un nom qui ralliera le plus grand nombre de Jeannois et de Saguenéens possible, reflètera une réalité incontestable dans la région, aura une portée historique de premier plan et rendra hommage à des générations de travailleuses et de travailleurs. Sans compter que l'aluminium a façonné le Saguenay-Lac-Saint-Jean d'aujourd'hui et lui a permis de se moderniser à une époque où il était surtout rural, loin et ignoré des grands centres, et considéré comme contrée avec des lacs poissonneux et des hommes et des femmes qui ont la vie dure.

Le choix du nom aluminium réfère principalement au sang, à la sueur, aux efforts et au génie de tous ceux et celles qui ont travaillé directement pour les grands propriétaires, Alcoa, Alcan et Rio Tinto, et à tous les autres qui ont oeuvré en aval et en amont des usines et des barrages érigés sur tout le territoire. Il évoque aussi cette généreuse nature qui a attiré Arthur Vining Davis au début des années 1900, qui était séduit, bien sûr, par l'eau, et aussi, par la terre qui devait contenir les ingrédients pour faire de l'alumine.

Le nom aluminium, faut-il insister, constituerait un pied de nez aux politiciens ou officiels qui entretiennent la volonté de se voir ériger une statue à chaque extrémité de l'autoroute. Ce plus important lien routier de la région appartient, par surcroît, aux citoyens qui ont bâti la région. Il garantirait une place aux ouvriers dans l'histoire et assurerait à leur mémoire une éternité bien méritée.

Toutes les alumineries de la région se trouvent dans l'axe Alma-La Baie en passant par Jonquière et Laterrière. Les barrages et autres installations occupent l'ensemble du territoire, comme les travailleurs de l'aluminium et leur famille. Un bon vendeur affirmerait qu'il s'agit de la meilleure option pour le client !

Au Québec, pour éviter le chaos et l'« originalité » de certains élus ou encore du simple citoyen, la responsabilité de la dénomination d'un lieu et d'une rue relève de la Commission de toponymie. Celle-ci établit les critères de choix à l'intérieur desquels doivent réfléchir les gens intéressés par la nomination des biens publics. La Commission n'agit pas seule ; il y a des mécanismes de consultation à la fois du milieu municipal et du public de prévus. Jeudi, la porte-parole de la direction régionale du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification, Véronique Lalancette, a indiqué au Progrès qu'aucune démarche de dénomination n'est entamée pour le lien routier Alma-La Baie. Avis aux intéressés...

Un exemple sur la 30

Pour ceux qui s'interrogent sur la faisabilité ou encore la pertinence de donner une caractéristique du genre à une autoroute, il faut savoir que l'autoroute 30 a été baptisée autoroute de l'Acier en raison de la présence d'aciéries entre Sorel-Tracy et Vaudreuil.

Évidemment, l'appellation autoroute de l'Aluminium évoque aussi la couleur grise sur le drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le gris forme une croix qui va dans toutes les directions.




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