Sauver nos cégeps à tout prix

La FECQ propose notamment l'investissement de 18,6 millions $... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La FECQ propose notamment l'investissement de 18,6 millions $ pour les frais fixes et de 49,9 millions $ pour les activités pédagogiques.

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ÉDITORIAL / Un peuple sans éducation est un peuple qui se meurt.

Lundi, la journaliste Mélyssa Gagnon signait un papier sur les risques liés au sous-financement des établissements collégiaux au Québec, notamment ceux qui desservent les plus petites communautés. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l'on compte quatre cégeps, le modèle de financement actuel rend certaines institutions vulnérables puisqu'elle s'appuie essentiellement sur le nombre d'étudiants inscrits. 

C'est dans cet esprit que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) sonne l'alarme et réclame une révision du système d'attribution des allocations. S'appuyant sur une étude réalisée par l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), la présidente de l'organisme, Rose Crevier-Dagenais, propose un réinvestissement et une modulation des dépenses fixes, une bonification des sommes consacrées aux services aux étudiants et la mise en place d'une enveloppe dédiée à faire croître la fréquentation des élèves, dont les parents n'ont pas de diplôme d'études postsecondaires. En bref, la FECQ souhaite une répartition des budgets qui ne se résume pas strictement aux têtes de pipes, et qui avantage les établissements érigés dans les grands centres urbains. Dans la région, il y a lieu d'applaudir cette offensive. 

Il s'en trouve encore qui aimeraient voir disparaître le niveau collégial au Québec, qui militent en faveur d'un système inspiré des autres provinces, mais pour une région comme la nôtre, un tel scénario serait catastrophique. Ce ne sont pas toutes les professions qui nécessitent des études universitaires. De plus, les populations de Saint-Félicien, d'Alma, de Jonquière et de Chicoutimi profitent grandement de la présence d'un cégep sur leur territoire respectif, pour de multiples et diverses raisons. D'abord parce que ces institutions sont des générateurs d'emplois de qualité, occupés par des professionnels. Aussi, parce que les taxes que ces établissements défraient sont d'une importance significative. Mais par-dessus tout, parce que ces établissements contribuent à la rétention de toute une génération d'étudiants, qui sont l'avenir de la région ; les leaders de demain. 

L'accès à des formations techniques et à des programmes préuniversitaires est un outil de développement vital pour ces communautés, dont le bassin n'est pas comparable à celui de la région métropolitaine. Dans un contexte où les sommes octroyées sont établies en fonction du nombre d'étudiants, chaque cégep dépend de sa capacité à attirer les jeunes, même si cela implique qu'il rivalise avec une organisation voisine, elle aussi fragilisée par la formule actuelle et les coupes répétées dans le système de l'éducation. L'instinct de survie domine alors sur la logique, laquelle serait d'unir toutes les forces vives de la région autour d'une même cause : la promotion du savoir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

En épousant les recommandations de la FECQ, le gouvernement du Québec faciliterait les rapprochements et réduirait le déséquilibre entre les établissements, qui pourraient élaborer des stratégies communes, davantage axées sur les études que sur le recrutement. 

L'étude de l'IREC nous apprend que 60,9 % des personnes âgées de 25 à 64 ans au Saguenay-Lac-Saint-Jean n'ont jamais atteint le niveau collégial. À ce chapitre, la région fait piètre figure alors qu'à l'échelle provinciale, la moyenne s'élève à 50,2 %. N'y a-t-il pas lieu de se questionner sur le système en place ? 

Nous disposons de tous les outils pour renverser cette triste tendance et produire des jeunes talents, diplômés, aptes à donner un second souffle à l'économie. Encore faut-il être en mesure de conserver nos acquis. La balle est dans le camp du gouvernement Couillard. C'est à lui maintenant de démontrer dans quelle mesure il souhaite que l'éducation demeure un levier pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean et les autres régions du Québec.




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