Que la vraie campagne débute

Jean-Pierre Blackburn... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Jean-Pierre Blackburn

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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ÉDITORIAL / En confirmant son intention de porter les couleurs du Parti des citoyens (PCS) et de briguer les suffrages en novembre prochain, Jean-Pierre Blackburn a donné le véritable coup d'envoi à la course à la mairie de Saguenay et, à moins d'une candidature inattendue, susceptible de brouiller les cartes, les électeurs de la capitale régionale connaissent désormais les choix qui s'offrent à eux.

Jean-Pierre Blackburn a finalement succombé à l'appel du PCS, qui cherchait depuis plusieurs mois un porte-étendard pour affronter l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) et sa chef, Josée Néron, de même que l'indépendant Arthur Gobeil, personnalité bien connue dans le monde des affaires. 

Bien qu'on ne puisse appuyer cette affirmation sur un sondage, il y a lieu de croire que l'ancien ministre fédéral amorce sa campagne avec une longueur d'avance sur ses adversaires, notamment dans l'arrondissement de Jonquière, qu'il a représenté sous Brian Mulroney de 1984 à 1993, puis sous Stephen Harper, de 2006 à 2011. Au cours de ses deux séjours à Ottawa, l'ancien titulaire de Développement économique Canada n'a été impliqué dans aucune controverse et bénéficie d'un capital de sympathie élevé. L'un des rares reproches qui lui ont été fait, à l'époque, est d'avoir présumément favorisé sa région au détriment d'autres territoires du Québec. 

Par contre, cette notoriété est loin de lui garantir l'accès à l'hôtel de ville. Sur l'échiquier municipal, surtout en campagne, les sondages fluctuent d'une journée à l'autre. L'histoire nous a démontré plus d'une fois que le porte-à-porte, les assemblées de cuisine et les alliances locales sont les ingrédients essentiels d'une élection victorieuse. Jean-Pierre Blackburn en sait quelque chose, lui qui a mordu la poussière face à Marcel Martel, au milieu des années 1990, lorsque Jonquière était une ville. L'ancien député jouissait pourtant d'une confortable avance lorsque la campagne a débuté, mais celle-ci a fondu comme neige au soleil à mesure que le scrutin approchait. 

Dans l'entrevue accordée au journaliste Stéphane Bégin, mercredi, Jean-Pierre Blackburn a tenu des propos qui laissent croire qu'il a appris de cet échec : « Je suis un citoyen comme vous, et je serai un maire pour vous. » Une fois l'onde de choc estompée, il devra se définir comme candidat, au-delà des slogans et des grandes lignes de son parti. Et cette tâche est loin d'être simple. 

Dans l'esprit collectif, le Parti des citoyens de Saguenay demeure intimement lié au maire Jean Tremblay et à son bilan, mais également à tout ce qu'il laisse derrière lui. S'il souhaite ne pas avoir à répondre constamment du bilan de l'administration Tremblay, Jean-Pierre Blackburn devra rapidement s'approprier la formation et la marquer de sa signature. Il ne peut se lancer dans la course avec une plateforme électorale clé en main et une mise en scène déjà tout orchestrée. La population n'est pas dupe, et malgré la popularité dont a bénéficié Jean Tremblay pendant deux décennies, l'étoile du maire a bien pâli, au cours de l'actuel mandat. 

Le candidat pressenti du PCS devra également s'affranchir de certaines positions du passé, comme celle sur le nom de la ville fusionnée. En défendant le nom de Saguenay, au détriment de celui de Chicoutimi, il s'est aliéné des personnes qui, encore aujourd'hui, militent pour le retour du nom de l'ancien chef-lieu régional. Ces personnes ne se comptent pas en milliers, mais sont néanmoins bien présentes et n'hésiteront pas à hisser le drapeau de l'appartenance pour obtenir réparation. 

Certains syndicats pourraient également manifester contre le candidat. Après l'élection du gouvernement Harper, en 2006, Jean-Pierre Blackburn avait dramatiquement revu sa position sur la loi anti-briseurs de grève, provoquant la colère de tous les représentants syndicaux. Lui en tiennent-ils encore rigueur, au point de faire dérailler son nouveau projet de carrière ? On verra.

Une chose est certaine: Saguenay est en pleine campagne électorale.




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