À travers les yeux de son enfant

Des judokas en action.... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Des judokas en action.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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CHRONIQUE / Vivre les Jeux du Québec à travers les yeux de son enfant est une expérience qui vient chercher aux tripes. Dans la victoire aussi bien que dans la défaite, le parent partage l'émotion de son jeune dans des poussées d'adrénaline comparables à celles qu'on ressent sur une montagne russe, fois mille.

Mercredi, j'étais l'un de ces parents alors que mon fils rivalisait d'adresse avec les meilleurs judokas du Québec.

On ne le dira jamais assez, le parent est un élément crucial dans le développement d'un jeune. Il le pousse à s'accomplir, certes, mais doit aussi savoir le réconforter et tendre l'oreille lors des échecs. Il doit être bienveillant, comme ce père de Dolbeau-Mistassini qui a accompagné son fils à l'hôpital après que celui-ci se soit blessé à une épaule lors d'un combat. 

Le parent pleure de joie quand son enfant remporte les grands honneurs, comme ce fût le cas lors de la victoire de nos équipes de curling mardi dernier, au Centre Mistouk. Dans la défaite, il lui arrive parfois de retenir ses sanglots, ne voulant pas en rajouter sur la déception que vit son fils ou sa fille. Puis, il l'encourage à regarder vers l'avant. La vie n'est jamais faite que de réussites.

Pas donné à tous

La joie d'une victoire ou l'amertume d'une défaite sont éphémères, mais c'est dans l'exemple et le support qu'on définit la grandeur d'un parent. Avez-vous déjà vu un père semoncer son enfant après une contre-performance ? Moi oui, à quelques occasions. Vous savez, cet adulte qui n'en est pas un ; cet ignare qui considère l'échec de son fils tel un affront, qui est incapable de mettre de côté sa petite personne au profit du jeune. Celui qui nous pousse à intervenir dans sa juridiction familiale, celui qu'on ne peut s'empêcher d'apostropher. 

Heureusement, ce parent-là n'est pas légion, et on le constate dans l'appui que les spectateurs réservent aux athlètes lors de ces Jeux. 

L'entraîneur

Les entraîneurs ont eux aussi une responsabilité bien plus vaste que celle de porter un jeune jusqu'au podium. Ils sont des modèles, qui marquent la vie d'un jeune à une période où il est en proie aux influences extérieures et qu'il se cherche une place à lui, dans la collectivité. 

Au cours des derniers jours, j'ai vu des dizaines d'entraîneurs encadrer, conseiller, applaudir et consoler les participants des Jeux. On n'estime pas suffisamment le bien qu'en retire le jeune. Car, en plus de s'épanouir dans sa discipline, il utilise le sport comme levier pour son avenir. Tous ces conseils qu'il reçoit, ces tapes dans le dos, l'aident à franchir l'étape de l'adolescence et à affronter le monde adulte. Et ces personnes significatives feront inévitablement de lui un meilleur père ou une meilleure mère.

L'idée derrière tout ça n'est pas d'embellir la vérité, de dire que tout a été parfait malgré une erreur. Tout est dans la façon de parler au jeune et, selon ce que je vois depuis le début des compétitions, toutes disciplines confondues, nos athlètes ont la chance de compter sur des personnes de qualité qui ont compris l'importance de leur rôle. 

Mon fils n'a pas remporté une médaille mercredi, mais il a appris énormément. Il aura une autre chance demain, puis lors d'un prochain tournoi. Et ce sera la même chose lorsqu'il entreprendra une carrière professionnelle, quelle qu'elle soit. Ainsi va la vie.

Pour ma part, il m'a encore fait vivre des sensations extraordinaires, et je lui en suis extrêmement reconnaissant. Il m'a donné un accès privilégié à son univers, celui des Jeux du Québec, et il m'a rempli de fierté. C'est dans ces moments qu'on se rappelle qu'être parent est la plus belle chose qui soit.




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