Recteur recherché

L'UQAC se cherche un nouveau recteur.... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'UQAC se cherche un nouveau recteur.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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ÉDITORIAL / L'Université du Québec à Chicoutimi fait bien piètre figure par les temps qui courent. La situation est à ce point trouble qu'il est difficile d'identifier avec justesse la source du conflit qui perdure entre l'administration et le syndicat des enseignants. Guerre de pouvoir ? Anciennes rancoeurs ? Bras de fer idéologique ? Quelle que soit la raison qui a engendré cet interminable duel ou les motivations de ceux et celles qui continuent de le nourrir, il est grand temps que ça cesse.

En novembre dernier, le recteur Martin Gauthier a renoncé à un second mandat, abdiquant devant une forte opposition issue de la communauté universitaire. Entre autres arguments, ses critiques lui reprochaient de ne pas être titulaire d'un doctorat, de gérer l'établissement telle une entreprise, d'être à la solde du gouvernement. On lui reprochait surtout d'avoir été nommé, en 2012, grâce à l'influence de l'administration précédente. 

Dans le nouveau chapitre qui est en train de s'écrire, celui qui traite de la succession de Martin Gauthier, encore une fois les forces syndicales prennent les armes et multiplient les sorties médiatiques pour obtenir gain de cause : la tête de Martin Gauthier ne suffisait pas, c'est toute l'administration actuelle qui doit quitter. Il faut faire table rase pour adopter une nouvelle vision. 

La cible est dorénavant le président du conseil d'administration, Laval Boulianne. Il y a cinq ans, lorsque Martin Gauthier a été nommé au poste de recteur, les représentants syndicaux de l'UQAC ont ouvertement dénoncé le fait que le président du conseil d'administration siège sur le comité de sélection. En exigeant une fois de plus qu'il soit exclu de ce comité, les syndicats suivent une séquence logique, amorcée il y a déjà bien longtemps. 

Les secousses quotidiennes que suscite cette saga en viennent à faire oublier l'essentiel : un nouveau recteur doit être identifié et cette personne aura une tâche cruciale à accomplir, infiniment plus importante que les divergences d'opinions qui enveniment le climat à l'UQAC. 

S'est-on même posé la question à savoir si les candidats retenus la semaine dernière par le comité de sélection étaient aptes à remplir la mission qui leur était proposée ? A-t-on limité la réflexion à la rumeur selon laquelle ils étaient liés à l'organisation de Martin Gauthier ? A-t-on, ne serait-ce qu'un bref instant, tenté de connaître leur plan respectif, leur vision, leur approche ? 

Non. Les boucliers se sont immédiatement levés et, pour des raisons qui demeurent imprécises, le processus a été annulé. 

Maintenant que le réseau de l'Université du Québec s'apprête à reprendre l'exercice depuis le début, avec l'accompagnement d'une firme de Montréal, l'intersyndicale de l'UQAC souhaite que les dirigeants soumettent un candidat de l'extérieur, qui aura « plus de chance de donner le second souffle nécessaire à l'UQAC, d'être libre de tous les a priori, influences et contraintes et, conséquemment, (qui aura) les moyens d'établir une relation avec les employés sur des bases nouvelles ».

L'idée se défend, elle a d'ailleurs été mise de l'avant dans ces pages en octobre dernier. Par contre, venant de syndicats qui représentent les employés de l'UQAC, dont ceux qui composent le corps professoral, elle soulève certains questionnements. N'y a-t-il donc personne dans cette université qui soit en mesure de s'élever au-dessus des guerres internes et de prendre le flambeau ? 

Le prochain recteur devra être en mesure de rallier tous les intervenants autour d'un projet commun, de faire briller l'université, de l'aider à s'épanouir ici comme à l'étranger, et de la redéfinir en fonction des réalités actuelles tout en protégeant sa vocation première, qui est de procurer au Saguenay-Lac-Saint-Jean l'accès au savoir. Il devra par contre s'acquitter de ses mandats avec les mêmes restrictions que celles imposées à Martin Gauthier, soit dans un contexte d'équilibre budgétaire extrêmement fragile. Aussi faudra-t-il une personne détenant toutes les qualités essentielles à un cadre supérieur, non pas un commis, dont la nomination n'aura servi qu'à calmer le jeu.

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