Économie et avenir

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ÉDITORIAL / À l'heure des bilans de toute sorte, il faut vite se tourner vers 2017 afin de tenter de savoir de quoi l'année sera faite. L'exercice pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean comporte son lot de difficultés parce que le discours ambiant risque de ne pas s'arrimer aux statistiques, exactement comme en 2016.

La dernière année en a été une de paradoxes. Rarement la contestation et l'insatisfaction ont fait autant de bruit, alors que les statistiques sur l'emploi ne présentent pourtant pas un portrait si catastrophique. Plusieurs préviendront, avec raison, que ces chiffres ne disent pas tout. Ils servent néanmoins à comparer avec les périodes précédentes et avec les autres régions du Québec. En septembre dernier, par exemple, il y avait 128 100 personnes à l'emploi dans la région, ce qui constituait une hausse de 5,5 pour cent par rapport à 2006 . Même le taux de chômage, affiché en décembre, se situant à 7,2 pour cent, contre 6,8 pour la moyenne québécoise, indique que la région s'en sort pas trop mal.

C'est beaucoup de statistiques, il faut en convenir, mais parfois pour voir clair à travers les signaux qui nous parviennent, elles sont nécessaires. Le malheur avec les statisques, c'est que les incrédules en rajouteront une couche pour faire la démonstration contraire. À ce chapitre, probablement que les investissements publics et privés seront évoqués, étant à la traîne par rapport à la moyenne québécoise. D'autres indicateurs peuvent être lancés, comme la moyenne de la valeur des maisons, le revenu moyen et la démographie. Et là, il faudra admettre que ça tourne pas rond dans la région.

Au-delà des chiffres, 2017 recèle sa part de défis et de paradoxes également. D'abord, il se créera des emplois en raison du vieillissement de la population, ce qui est à la fois positif et négatif. La génération des baby-boomers continuera de sortir du marché du travail, notamment dans le secteur public, ce qui se traduira par des centaines d'emplois à combler. Autre paradoxe, dans l'industrie traditionnelle de la forêt, les problèmes des dernières années ont découragé beaucoup de jeunes qui se sont détournés des métiers du bois. Là encore, il y a des centaines d'emplois à pourvoir.

Économie et solutions d'avenir

Tout en continuant à agir sur ses forces, la région doit aussi penser à l'avenir. Les réflexions sont de plusieurs ordres, mais deux retiennent l'attention, à court terme. D'abord, les prévisions démographiques méritent des actions rapides, vigoureuses et innovantes pour inverser une tendance bien engagée et déprimante. « Comment devenir une région de jeunes ? », voilà un beau défi à la veille des élections municipales. Il est à espérer qu'il ne soit pas trop tard pour intervenir et que les élus, de tous les paliers, prennent la situation au sérieux. D'ailleurs, n'y aurait-il pas lieu de tenir un sommet des jeunes pour qu'ils disent ce qui les retiendrait. Des étudiants, des artistes, des professionnels, des trippeux, des créateurs, des inventeurs, des entrepreneurs, autour d'un même projet : l'avenir de la région.

Autre réflexion, comment turbo-propulser l'université régionale ? Pourquoi accepter qu'une université régionale sonne comme université de seconde zone auprès des gouvernements ? Oui, l'UQAC progresse depuis plusieurs années, avec ses nouvelles formations comme la médecine et la physiothérapie, mais comment demeurer les bras croisés devant des projets tel l'Institut nordique du Québec à l'Université Laval. Chicoutimi, Rouyn-Noranda et Rimouski ne sont même pas partie prenante du projet.

Le dynamisme d'une région passe par une institution comme l'université. Si le premier ministre Philippe Couillard a cru qu'il était bon de mettre son poids politique pour faire aboutir des projets au zoo de Saint-Félicien et aux Serres Toundra - et il faut s'en réjouir- il peut aussi faire franchir un nouveau pas à l'UQAC en y faisant atterrir des projets de recherche en lien avec l'avenir de la région et sa reconversion. Le Royaume en a bien besoin...

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