« Si tu le construis, il viendra... »

Le PDG de la minière Métaux Black-Rock, Jean... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le PDG de la minière Métaux Black-Rock, Jean Rainville, est entouré du président de Port-Saguenay, Ghislain Harvey, et du maire de Saguenay, Jean Tremblay.

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ÉDITORIAL / «Si tu le construis, il viendra...» Dans l'adaptation française de Field of Dreams, Le champ des rêves, le personnage incarné par Kevin Costner entend une voix lui répéter cette phrase, sans cesse. Le fermier décide alors d'écouter son instinct et se plie à la volonté de la mystérieuse voix, abandonnant l'agriculture pour aménager, sur ses terres, en lieu et place de ses récoltes, un immense terrain de baseball. Sans dévoiler la conclusion en détail, le dénouement de l'histoire lui donne raison.

Mardi, à l'hôtel de ville de Saguenay, le PDG de la minière Métaux Black-Rock, Jean Rainville, était entouré du président de Port-Saguenay et du maire, Ghislain Harvey et Jean Tremblay respectivement, pour expliquer en quoi consiste son projet d'usine de transformation à Saguenay. L'entreprise fait miroiter un milliard de dollars d'investissements, promet 300 emplois de qualité, évoque les résultats satisfaisants des études, mais Métaux BlackRock n'offre que très peu de certitudes, sinon qu'elle a choisi Grande-Anse comme site d'accueil pour son éventuelle unité de transformation du minerai. Et dans l'univers des mines, l'histoire a maintes fois démontré que rien n'est jamais garanti. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres: le BAPE à satisfaire; le financement à attacher; le transport à régler jusqu'à la destination finale. Rio Tinto acceptera-t-elle de partager son chemin de fer? Le peut-elle sans compromettre ses propres projets d'expansion au Saguenay-Lac-Saint-Jean? Faudra-t-il construire un autre lien ferroviaire? La direction de Métaux Blackrock affirme que des clients sont identifiés et que la demande est suffisante pour aller de l'avant et amorcer la construction de l'usine en 2018. Celle-ci devrait être complétée en 2020. Tant mieux si tout se passe comme prévu!

Dans ce casse-tête encore incomplet, toutefois, il existe une certitude: Saguenay, à travers ses différentes ramifications, a effectué un travail colossal pour mettre en valeur le potentiel de ses infrastructures portuaires.Saguenay a su s'imposer telle la meilleure option pour Métaux BlackRock.

La population en général ignore tout le chemin parcouru pour arriver à une rencontre de presse comme celle de mardi matin. Depuis 2008, le maire Jean Tremblay et son administration sont en contact avec le promoteur. Plus qu'un simple dialogue alimenté de mots doux, cette lente séduction a permis à la Ville de remplir ses engagements et de prouver son sérieux. Le PDG Jean Rainville a lui-même admis, devant les médias, qu'il était sceptique à l'égard de Saguenay lorsqu'on lui a promis une desserte ferroviaire. La Ville l'a confondu en construisant, avec l'aide des deux paliers de gouvernements supérieurs, une infrastructure de 36 millions$, pierre angulaire d'un futur parc industriel avantageusement situé et donnant accès, 12 mois par année, à la voie maritime du Saint-Laurent. Saguenay a également confirmé des exemptions de taxes et un soutien financier à l'investisseur potentiel pour le convaincre. À notre époque, malheureusement, la création d'emplois passe forcément par de tels avantages et la Ville n'avait autre choix que de se prêter aux nouvelles règles du jeu.

Étrangement, aucun représentant du gouvernement n'était présent à l'hôtel de ville de Saguenay, mardi. Il a été possible d'apprendre que ni le député Serge Simard ni le premier ministre Philippe Couillard, qui est, rappelons-le, député responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, n'ont été invités. Il s'agit pourtant d'un projet d'un milliard de dollars, dans la circonscription de M. Simard! Cette «omission» est-elle due à des relations tendues entre le promoteur et le gouvernement du Québec? Si tel est le cas, il y a lieu d'espérer que les deux parties seront en mesure de régler leurs différends, car sans un appui ferme de Québec, il est difficile d'imaginer la réalisation d'un projet de cette ampleur, surtout s'il faut une seconde voie ferrée à Saguenay.

Comme le maire Tremblay, le premier ministre Philippe Couillard devra lui aussi, sans doute, tendre l'oreille et se montrer réceptif aux demandes de Métaux BlackRock. «Si tu le construis, il viendra...»

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