Des réponses attendues

Un meurtre a été commis à Jonquière, dimanche.... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Un meurtre a été commis à Jonquière, dimanche.

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Le Service de la sécurité publique de Saguenay avait besoin de tout sauf d'une nouvelle controverse entourant ses méthodes de travail, surtout dans un dossier d'homicide, l'un des crimes les plus graves du Code criminel.

Mardi matin, le capitaine Steeve Gilbert s'est présenté devant la presse afin de rassurer la population après qu'un témoin, Dave Bussières, ait condamné publiquement le travail des patrouilleurs dans cette affaire. Ce dernier prétend que sa déposition, dans la nuit de samedi à dimanche, a été traitée de façon négligente, et que peu d'efforts ont été déployés pour retrouver son ami, Israël Gauthier-Nepton. Le corps de celui-ci a finalement été découvert par un passant, dimanche matin, dans le stationnement d'un édifice à logements du centre-ville.

Le capitaine Gilbert a assuré qu'une analyse interne est en cours et que l'organisation fera le point sur le protocole qui a été mis en branle. Il n'avait cependant que très peu de réponses aux questions des journalistes. Pourquoi n'a-t-on pas érigé un périmètre de sécurité afin de protéger les citoyens du secteur et coincer le suspect? Qui a pris les décisions? Quels efforts ont été déployés afin de retrouver la victime?

Les méthodes qui ont été employées par les agents de Saguenay sont d'une importance capitale dans ce dossier, qui devrait se traduire par un procès une fois le fugitif arrêté. Peut-on imaginer les conséquences d'une autopsie qui démontrerait qu'Israël Gauthier-Nepton a succombé à ses blessures plusieurs heures après avoir été atteint d'une balle? Un avocat de la défense pourrait-il soumettre en preuve que la victime aurait pu être sauvée, mais qu'elle est malheureusement décédée parce que les policiers n'ont pas ratissé le secteur comme il se doit, à la lumière des informations dont ils disposaient?

Un tel scénario serait épouvantable pour le corps policier saguenéen, dont la réputation a été maintes fois éprouvée au cours des derniers mois. Le cas le plus récent est le retrait des chefs d'accusation contre Michaël Dallaire, qui a pourtant été arrêté avec en sa possession des armes et une importante quantité de comprimés de méthamphétamine. Le policier qui a procédé à son arrestation fait présentement l'objet d'une enquête interne parce qu'il n'aurait pas respecté les procédures.

Une telle bourde, susceptible de mettre en péril un procès pour meurtre, serait inacceptable.

Comité de déontologie

Il n'y a pas lieu de douter de la rigueur avec laquelle la direction générale de la Sécurité publique de Saguenay tente de faire la lumière sur les événements. La présence du chef de police, Denis Boucher, et celle du responsable des relations publiques de la Ville de Saguenay, Jeannot Allard, lors du point de presse de mardi, témoignent de cette volonté de connaître le fin détail de cette affaire.

Néanmoins, ne serait-ce que pour la perception à l'égard de la sûreté municipale, il est souhaitable qu'une enquête externe soit décrétée par le Commissaire à la déontologie policière.

S'il se confirme, le récit publié par Dave Bussières sur sa page Facebook serait accablant pour le corps policier dans son ensemble. Selon lui, les patrouilleurs n'auraient même pas daigné sortir de leur voiture afin de rechercher Israël Gauthier-Nepton. Et pourtant, deux autres témoins ont confirmé avoir entendu des coups de feu dans le secteur où s'est déroulé le drame.

Dans ces circonstances, il y a lieu d'espérer qu'aucun détail, si infime soit-il, n'ait été laissé au hasard.

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