Difficile à comprendre

Le stationnement à étages est toujours condamné d'accès... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le stationnement à étages est toujours condamné d'accès et l'hôtel-boutique qui avait été promis se résume à des plans d'architecte qui ne prendront jamais forme.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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ÉDITORIAL / Pourquoi Saguenay souhaite-t-elle accommoder le promoteur immobilier Paul Boivin avec autant d'insistance ?

En décembre 2012, Le Quotidien dévoilait la volonté de la Ville de céder, pour un montant de 335 000$, les deux étages abritant le CLSC de Chicoutimi, un stationnement à étages d'une centaine d'espaces, un second stationnement de 60 cases, extérieur celui-là, ainsi que l'ancien atelier de lutherie Jones Robert, sur la rue Hôtel-Dieu. En contrepartie, l'homme d'affaires s'engageait à effectuer des travaux de rénovation à l'autogare et d'investir au moins une dizaine de millions de dollars dans les infrastructures qu'il avait acquises. Entre autres projets, Paul Boivin devait aménager un hôtel-boutique au centre-ville de Chicoutimi. Il avait alors un délai de 48 mois pour s'acquitter de ses obligations.

Près de quatre années se sont écoulées depuis. Le stationnement à étages est toujours condamné d'accès et l'hôtel-boutique qui avait été promis se résume à des plans d'architecte qui ne prendront jamais forme. Un tel établissement n'était pas viable dans la région, a plaidé Paul Boivin pour justifier l'abandon de la démarche. Bref, à moins que certaines clauses n'aient pas été divulguées, la seule condition respectée par l'acquéreur a été la reconduction du bail avec le CLSC, signée en mars 2014 pour une période de cinq ans. Au-delà de ce pacte, rien n'est assuré.

Pourtant, l'administration du maire Jean Tremblay continue de chercher des solutions pour permettre au promoteur de prospérer. L'ardeur déployée par le maire afin de regrouper cinq organismes culturels au 400 de la rue Racine soulève des questions de la part de l'opposition, laquelle se demande pourquoi on rejette aussi fermement l'option que représente le couvent des soeurs du Bon-Conseil, situé à deux pas de l'immeuble de Paul Boivin.

Tel que décrit dans l'édition de lundi, sous la plume du journaliste Louis Tremblay, l'ancien couvent pourrait accueillir non seulement les cinq organismes culturels - l'École de musique, les Farandoles, l'Académie de ballet, le Festival de musique du Royaume et le Centre Bang-Espace culturel -, mais également le ministère de la Culture, par le biais d'Archives et Bibliothèque nationale du Québec, et éventuellement 75 chambres destinées aux étudiants de l'UQAC. Le tout pour à peine 12,3 millions de dollars, sans tenir compte des subventions disponibles pour le maintien des édifices du patrimoine religieux.

Cependant, le maire Jean Tremblay ne veut rien entendre: les négociations sont entreprises avec Paul Boivin pour la relocalisation des organismes culturels à l'intérieur de son bâtiment et il s'agit, présentement, de l'unique scénario envisagé.

L'implantation de ces organisations en plein coeur de la Racine serait certes plus profitable pour le secteur, plus dynamisant, plus logique géographiquement parlant, mais comment la Ville pourra-t-elle s'assurer que, cette fois-ci, les travaux d'infrastructures seront exécutés selon les termes de l'éventuelle entente?

Bien qu'il soit payé rubis sur l'ongle par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour la location des espaces du CLSC, Paul Boivin n'a jamais honoré le contrat qu'il a négocié en 2012 et officialisé au début de 2013. Pendant que d'autres commerces se sont modernisés dans le secteur, celui du promoteur semble être figé dans le temps. Le stationnement à étages est devenu, quant à lui, une grossièreté dans le paysage urbain, qui rappelle à quel point les contribuables se sont fait avoir dans cette saga.

Rien de bien édifiant pour le centre-ville de Chicoutimi, chef-lieu naturel de la grande ville fusionnée.

C'est pourtant à ce même promoteur que le conseil entend garantir, pour des années, les loyers de cinq organisations culturelles. Visiblement, à Saguenay, chat échaudé ne craint pas l'eau froide.

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