Ras-le-bol dans le Haut du Lac

Gilles Potvin et Richard Hébert... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Gilles Potvin et Richard Hébert

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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ÉDITORIAL / Pouvez-vous imaginer le ras-le-bol des maires Richard Hébert et Gilles Potvin, pour avoir choisi la voie des médias afin de blâmer le premier ministre et député de Roberval, Philippe Couillard.

Maires respectifs de Dolbeau-Mistassini et de Saint-Félicien, ils ont été, jusqu'à cette semaine, loyaux envers M. Couillard. Faut-il leur reprocher d'avoir appuyé ce dernier avant, comme après l'élection du gouvernement libéral? Qui aurait fait autrement?

En campagne, Philippe Couillard leur a promis d'appuyer un projet d'aluminerie dans le Haut du Lac; il a aussi juré, une fois au pouvoir, qu'aucun travailleur forestier ne perdrait son emploi en raison de la protection du caribou de bois, un engagement qu'il ne pourra vraisemblablement pas respecter. Sous le règne de Philippe Couillard, la situation de l'industrie forestière est demeurée critique et, avec le décret de nouvelles aires protégées et un conflit commercial imminent avec les États-Unis, il n'y a rien de rassurant pour l'avenir. Une chose est certaine, ce n'est pas en subventionnant la sylviculture et en nommant un négociateur dans le litige du bois d'oeuvre que l'industrie forestière se relèvera.

Confiance effritée

À Dolbeau-Mistassini comme à Saint-Félicien, les élus ont choisi «le bon bord», cet argument qui s'invite lors de chaque campagne provinciale ou fédérale, sous des traits fréquemment remodelés. Ils ont offert un pont d'or au premier ministre en espérant récolter le fruit de leur positionnement. Or, l'arbre n'a fourni que quelques bourgeons fragiles et aujourd'hui, la confiance qu'ils avaient investie s'est effritée. Le pont d'or semble quant à lui s'être volatilisé puisque, selon Richard Hébert, il est plus difficile que jamais d'obtenir une rencontre avec le premier ministre.

Dans ces circonstances, doit-on se surprendre du coup de semonce des maires Potvin et Hébert? Nullement. Ces derniers ont l'impression d'avoir été floués par un gouvernement centralisateur, qui les a même privés de leur principal organisme de défense et de revendication. En abolissant la Conférence régionale des élus (CRÉ), le gouvernement de Philippe Couillard a retiré à ces maires une table de concertation régionale où ils avaient leur mot à dire, dans l'intérêt de leur collectivité. Dorénavant, leurs préoccupations sont portées par deux personnes seulement à la Table des préfets, un comité restreint dont on connaît encore très peu le niveau d'influence. Au moins, la CRÉ disposait de ressources humaines et financières pour étayer ses dossiers. Elle bénéficiait également de la contribution des intervenants du monde politique, économique et communautaire. Les batailles qu'elle menait ne faisaient pas toujours consensus, certes, mais au moins leur essence était régionale.

En fait, dans la tourmente engendrée par la sortie publique des maires Hébert et Potvin, il n'y a que la réaction du préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, qui suscite l'étonnement. Par le biais d'une entrevue accordée au journaliste Louis Potvin, ce dernier persiste à défendre le premier ministre Couillard, blâmant plutôt Ottawa en référence au dossier de la forêt. À peine invite-t-il le député de Roberval à mettre plus de pression sur le gouvernement fédéral. Serait-il aussi patient envers Denis Trottier, ancien député péquiste?

Tous les élus municipaux devraient prendre acte de cette saga et se demander s'il y a lieu de soutenir une candidature plutôt qu'une autre lors des élections provinciales et fédérales. À Alma, Marc Asselin a toujours pris grand soin de demeurer impartial sur la place publique, faisant passer l'intérêt de sa municipalité devant son allégeance politique. En agissant ainsi, non seulement fait-il preuve de sagesse, mais il s'est donné également la liberté de critiquer librement celui ou celle qui a été élue par ses citoyens.

Gilles Potvin et Richard Hébert se sont réapproprié cette liberté de parole cette semaine.

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