Prêcher par l'exemple

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ÉDITORIAL / On a beau avoir les meilleurs arguments du monde ou le discours le plus persuasif qui soit, toute démarche de promotion tombe caduque si celle-ci n'est pas appuyée par l'exemple. Les gouvernements n'échappent pas à cette règle élémentaire, alors que l'industrie forestière réclame une plus grande utilisation du bois d'oeuvre dans la construction au Québec de même qu'au pays, ainsi que des garanties de prêt pour traverser la crise.

Au cours des prochaines semaines, mais également des prochains mois, le sort de la forêt devrait être l'un des sujets les plus chauds de l'actualité au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La guerre commerciale qui s'annonce entre le Canada et les États-Unis, comme les pressions - souvent injustifiées - des groupes environnementaux, pousse l'industrie manufacturière dans ses derniers retranchements. Est-il besoin de rappeler l'importance de ce moteur économique pour la région? Selon les données du Conseil de l'industrie forestière du Québec, ce sont plus de 5000 emplois qui dépendent de ce secteur d'exploitation dans la région.

Mercredi, pendant que s'achevait la période de grâce conclue en 2006 avec les Américains, le Groupe de travail sur la forêt présentait le fruit de ses réflexions, débutées au lendemain du Sommet économique régional de 2015. On n'aurait pu trouver meilleur moment.

Le mandat de la table de travail était, essentiellement, d'identifier des pistes de solution pour freiner l'érosion de l'industrie, laquelle, entre 2002 et 2013, a été marquée d'une diminution du nombre d'emplois de 36,2%, et d'une réduction massive de la possibilité forestière, qui est passée de 9,5 millions à 6,9 millions de mètres cubes (26,2%). Présenté par le recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi et président du Groupe, Martin Gauthier, le rapport est composé de 16 recommandations. D'entre elles, il faut surtout retenir la nécessité de promouvoir davantage le matériau bois en vantant ses propriétés environnementales. Bien que ce ne soit pas indiqué aussi clairement, cette stratégie vise à faire contrepoids aux charges des Greenpeace et autres mouvements qui discréditent ad nauseam le modèle québécois.

Aussi le recteur Gauthier a-t-il répété, à maintes reprises, ce qui s'apparente à un futur slogan: «Quand on construit en bois, on combat les changements climatiques».

Le principe est noble, certes, mais c'est surtout dans l'action que ce type de stratégie engendre des retombées concrètes. Et c'est là que le gouvernement du Québec, comme celui du Canada, doit s'impliquer en exigeant une utilisation accrue du bois dans ses infrastructures. Il existe déjà une Charte du bois, mise en place sous le gouvernement de Pauline Marois et élaborée en grande partie grâce à la collaboration de l'UQAC. Le député libéral de Dubuc, Serge Simard, a également reconnu le travail de son ancien collègue du PQ, Denis Trottier, dans la rédaction de ce document. Si elle ouvre la porte à une plus grande variété d'applications pour le bois, la construction d'édifices de cinq ou six étages par exemple, il demeure qu'elle ne fait pas office de norme et que nul n'est tenu à y référer.

Québec et Ottawa doivent donc prêcher par l'exemple, pour leurs projets d'abord, mais également en incitant les entrepreneurs à intégrer davantage de bois dans leurs plans et devis.

À l'aube d'un conflit qui fait craindre le pire à l'industrie forestière et dans l'absence de solution pour pallier aux conséquences des restrictions américaines, ne serait-il pas propice de faire preuve, nous aussi, d'un certain protectionnisme?

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