Alma perd un grand bâtisseur

L'ancien maire d'Alma, Nicol Tremblay.... (Photo archives Le Quotidien)

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L'ancien maire d'Alma, Nicol Tremblay.

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ÉDITORIAL / Les drapeaux de l'hôtel de ville d'Alma étaient en berne la semaine dernière pour rendre un dernier hommage à l'ex-maire Nicol Tremblay, un homme fier, avocat de profession, qui a marqué la capitale jeannoise non seulement à titre de premier magistrat, mais également en tant que citoyen engagé, habité d'opinons pertinentes et argumentées.

Nicol Tremblay a présidé le conseil de ville de 1987 à 1991. Bien que bref, son passage à la mairie demeure l'un des plus significatifs de l'histoire d'Alma, voire de la région. Encore aujourd'hui, élus et citoyens récoltent le fruit de son travail. Malheureusement, l'histoire ne retient souvent que les inaugurations, les annonces et autres cérémonies officielles. Collectivement, on attribue alors le mérite à ceux et celles qui sourient devant les caméras. La politique est parfois cruelle.

héritage

Alors qu'il était maire, Nicol Tremblay a obtenu d'Alcan la confirmation qu'elle demeurerait à Alma, mettant la table à la construction, à la fin des années 1990, d'une nouvelle usine qui demeure l'un des joyaux de la division aluminium de Rio Tinto et le principal citoyen corporatif de la municipalité. C'est au terme de négociations serrées avec Nicol Tremblay que l'ancien président et directeur général de la compagnie, Jacques Bougie, a approuvé l'acquisition du site sur lequel est maintenant érigée l'aluminerie. L'éclatement du bloc de l'Est communiste a retardé le projet de quelques années, mais celui-ci s'est finalement matérialisé.

L'ancien maire Tremblay a également joué un rôle de première importance dans le maintien des opérations à la papeterie PFR d'Alma. Plusieurs estiment que sa défaite aux mains de Jean-Maurice Harvey, lors de l'élection de 1991, est entièrement attribuable à l'énergie qu'il a déployée dans ce dossier. Devant la menace réelle qui pesait sur l'usine, Nicol Tremblay a suspendu toutes ses activités de campagne afin de se consacrer exclusivement au comité sociopolitique qu'il avait formé et qui était composé de représentants des parties patronale et syndicale, de l'adjointe du député Jacques Brassard, Louise Accolas, ainsi que de l'urbaniste Jean-Claude Lusinchi. Sur le plan politique, le prix à payer a été très élevé, mais jamais Nicol Tremblay n'a regretté sa décision. Il lui était impossible de trahir ses convictions et serrer des mains, tout sourire, pendant que des centaines de travailleurs étaient sur le point de perdre leur emploi.

Nicol Tremblay a bien tenté de reprendre son siège en 2003, lorsque Jean-Maurice Harvey a tiré sa révérence après trois mandats, mais il a plié l'échine contre Gérald Scullion au terme d'une course à quatre candidats.

Nicol Tremblay a aussi oeuvré pour différentes causes sociales et sportives, avec le même acharnement qui l'a animé sur la scène municipale. Il aimait profondément sa ville et sa population, souhaitant par-dessus tout qu'Alma soit à la hauteur de son statut de capitale du Lac-Saint-Jean.

«La politique a occupé la plus grande partie de sa vie et c'est sans doute ce qui l'a amené au droit. À l'université, cependant, il trouvait de très nombreuses occasions de sortir le nez de ses livres pour régler le sort du Monde», témoignait son frère Rémi-Gilles, lors des funérailles. On ne pourrait mieux décrire cet homme qui avait une opinion sur tout.

L'héritage de ce fils d'épicier, cinquième d'une grande famille de quinze enfants, est considérable et mérite d'être reconnu à sa juste valeur, et pourquoi pas devenir source d'inspiration à une époque où le leadership et la vision sont des qualités plutôt rares en politique municipale.

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