Un ménage s'impose chez Pexal Tecalum

L'usine d'extrusion Pexal Tecalum d'Alma.... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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L'usine d'extrusion Pexal Tecalum d'Alma.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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Il est temps que cessent les luttes de pouvoir qui paralysent l'usine d'extrusion Pexal Tecalum, un joyau technologique de 13,5 millions de dollars financé entièrement à partir des fonds publics. Aussi, si les promoteurs Sylvain Gagnon (Intgr-Al) et Jean-François Harvey (Isofor) ne peuvent mettre de côté leurs différends et s'acquitter de leur mission première, soit de faire fonctionner l'usine, l'heure est venue pour eux de céder la place. L'intérêt supérieur de la région doit passer avant les conflits de personnalités.

Il faut reculer de quelques années pour bien comprendre l'enjeu.

Lorsqu'on a confirmé l'implantation d'une usine d'extrusion d'aluminium à Alma, le 13 avril 2013, c'est toute la filière de la transformation du métal gris qui s'est levée pour applaudir. Cette infrastructure longtemps espérée était considérée tel un chaînon manquant de l'industrie régionale. Pour une fois, l'espoir qu'un tel établissement s'épanouisse en territoire éloigné était permis, après les échecs d'Alumiform à Saguenay et de Finalu à Dolbeau-Mistassini.

Tous les éléments étaient réunis pour que ça fonctionne: la participation financière du fédéral; la présence d'un organisme public et crédible, le CEE-UQAC, pour gérer les infrastructures, l'acquisition de la technologie et pour identifier le groupe d'entrepreneurs privés qui serait aux commandes des opérations; il y avait également le soutien indéfectible du conseil de ville d'Alma, qui a offert un terrain d'une valeur de 250 000$, en plus de garantir un congé de taxes de cinq ans et l'octroi d'une subvention de 750 000$.

Depuis des années, on tentait de dénicher des investisseurs pour mener le projet à terme, mais aucun fonds privé n'était disposé à débourser les sommes nécessaires à sa concrétisation. C'est l'intervention du député conservateur Denis Lebel, alors ministre fédéral du Développement économique pour la région du Québec, qui a été la bougie d'allumage de cette réalisation. Le député de Lac-Saint-Jean a usé de toute son influence pour qu'Ottawa, à travers différents programmes, se lance dans l'aventure. L'ex-ministre voulait à tout prix une annonce majeure à Alma, qui venait d'être annexée à sa circonscription de Roberval.

Voilà pour la genèse.

L'usine d'extrusion d'Alma devait être un outil de développement pour les PME saguenéennes et jeannoises, une carte de visite pour les investisseurs étrangers et un complément au Centre des technologies de l'aluminium (CTA-CNRC), lequel dispose de la technologie de soudure par friction-malaxage. Elle devait être un symbole de réussite, non pas un champ de bataille.

Trois ans plus tard, malgré toutes les conditions favorables mises à sa disposition, le sort de Pexal Tecalum est incertain, voire sérieusement en péril.

L'interruption des activités, il y a quelques semaines, de même que des problèmes avec certains créanciers, dont Desjardins, font craindre le pire. On en sait peu sur les circonstances entourant la crise qui sévit à l'intérieur du groupe. Ce qui est certain, par contre, c'est que les clients s'impatientent et qu'ils risquent de perdre la foi en cette jeune entité. Pexal Tecalum se spécialise dans les extrusions fines, à petits volumes, un créneau rempli de promesses.

Le CEE-UQAC, le conseil de ville d'Alma et Développement économique Canada n'ont rien à se reprocher dans cette histoire. Aussi ont-ils limité leurs commentaires à un communiqué laconique. Derrière les portes closes, toutefois, on devine que tous les scénarios sont analysés pour dénouer l'impasse, incluant le remplacement des opérateurs incubés. Nul ne souhaite que cette bâtisse devienne un éléphant blanc.

L'effondrement de l'usine almatoise aurait des conséquences catastrophiques dans une région qui se débat, jour après jour, pour faire reconnaître son statut de Vallée de l'aluminium.

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