De la pression sur le forum

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ÉDITORIAL / Le Forum régional sur les «Composantes du pacte social de l'aluminium» qui se tient aujourd'hui, à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), constitue-t-il un contrepoids en soi ou un événement sans beaucoup de contrepoids?

La question n'altère en rien la pertinence de ce forum, organisé par le professeur Marc-Urbain Proulx, du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT). Bien sûr que l'absence officielle de Rio Tinto, pour qui, après tout, cette réflexion est tenue, laissera une ombre sur les conclusions, tout comme la décision, de dernière heure, du Syndicat national de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), de ne pas se présenter.

Aux absents, il faut ajouter la Chambre de commerce et d'industrie de Saguenay-Le Fjord et la Société de la Vallée de l'aluminium (SVA). On a beau dire que les absents ont toujours tort, quand l'interpelé principal n'assiste pas au party, la danse risque de tourner en rond. La Chambre a répondu par une formule choc: nous sommes davantage pour les pistes de solution que pour les prises de position!

Ce constat étant fait, une nécessaire réflexion était pourtant dans l'air du temps. Elle aura lieu et pour avoir de la crédibilité, les participants devront résister à la tentation du règlement de compte et de la séance de défoulement.

Mécontentement

C'est vrai que l'actualité des deux dernières années a créé du mécontement dans beaucoup de couches de la société régionale. Qu'il suffise d'évoquer la gestion des berges, le projet d'expansion du site des boues rouges, les pertes d'emplois et le recours à la sous-traitance pour mesurer le besoin de s'asseoir ensemble.

Marc-Urbain Proulx avait certainement à la base l'idée de regrouper tout le monde à la table en choisissant comme thème «le pacte social». Dans son énoncé, il survole plusieurs enjeux, dont celui l'accroissement de la production au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une idée qui vient heurter le discours de Rio Tinto, qui soutient, de son bord, que le marché n'a pas de place pour une once de plus.

Par surcroît, Rio Tinto et les autres producteurs nord-américains viennent de voir entrer dans leur marché le dragon chinois. En effet, lundi, Zhongwang USA a fait l'acquisition d'Aleris Corp, un important transformateur d'aluminium au coût de 2,33 milliards américains. Aleris Corp est un client de Rio Tinto et va-t-il le demeurer, c'est-à-dire que Zhongwang fera-t-elle entrer l'aluminium qu'elle fabrique en Chine aux États-Unis?

Voilà le genre de problème qui préoccuppe Rio Tinto ces temps-ci. Le marché se bouscule et les cycles ne tiennent pas plus que quelques mois. En d'autres mots, l'alumineur ne voit pas comment il peut construire une nouvelle usine alors que l'avenir est incertain, selon sa lecture. Et après tout, il a inauguré en 2015 l'aluminerie de 400 000 tones de Kitimat (Colombie-britannique), qui a coûté 4,8 milliards$, soit presque deux fois les prévisions. Des gestionnaires en ont payé le prix d'ailleurs.

Double défi

Il n'y a pas que les participants au Forum qui se demandent si, finalement, la région en obtient pour son argent. Les Jeannois et les Saguenéens espèrent toujours la réalisation de nouvelles phases à Alma et Arvida et ne veulent pas, pour la plupart, entendre que les avantages offerts à Rio Tinto dans la région apportent comme résultats que les quatre alumineries sont toujours actives, alors qu'il s'en ferme aux États-Unis.

Oui, il y a la région, notre avenir et le besoin absolu d'un nouveau pacte social, mais comment en obtenir un dans un marché au coeur d'une centrifugeuse. En l'absence de joueurs majeurs, le Forum fait face à un double défi: dégager des idées innovantes et finir par atteindre Rio Tinto!

Il faut donner la chance aux coureurs et ne pas oublier que la série de rencontres «Saguenay Vision 2025», orchestrée par le prof Proulx au début du millénaire, avait la grande vertu d'être critique, certes, mais surtout d'être constructive.

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