Les alliés d'Antoine

Antoine Bouchard n'aurait pu s'accomplir à un tel... (Photo PC)

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Antoine Bouchard n'aurait pu s'accomplir à un tel niveau sans le soutien de ses proches, celui de ses partenaires d'entraînement et sans les entraîneurs qui ont croisé sa route.

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ÉDITORIAL / Antoine Bouchard mérite toute l'attention qui lui est accordée après avoir offert la performance de sa vie à Rio. Or, comme tout athlète, le judoka jonquiérois n'aurait pu s'accomplir à un tel niveau sans le soutien de ses proches, celui de ses partenaires d'entraînement et sans les entraîneurs qui ont croisé sa route.

Parmi ceux qui l'ont épaulé, du moment où il a foulé un tatami pour la première fois jusqu'à la concrétisation de son rêve olympique, le directeur du club Judokas Jonquière, Roger Tremblay, peut lui aussi se bomber le torse. Ce dernier a consacré sa vie au judo et a guidé des générations d'athlètes dans leur devenir, à l'intérieur du dojo comme à l'extérieur dans bien des cas.

Je suis de ceux qui ont bénéficié de ses enseignements. Plus de trois décennies se sont écoulées depuis l'époque où j'apprivoisais les rudiments de base du judo, presque toutes les fins de semaine, aux quatre coins de la province ou du pays. Depuis quelques années par contre, c'est dans le rôle de parent accompagnateur que je revois ce diable d'homme aux différents tournois, que je le vois dormir parmi les plus jeunes membres de son club, dans un sac de couchage, sur un tatami aussi inconfortable que ceux de mon adolescence. Il continue de prêcher par l'exemple et de partager son savoir.

À travers de multiples générations de judokas, Roger Tremblay n'a vu que deux de ses athlètes atteindre les Jeux olympiques: Jean-Pierre Cantin à Barcelone, en 1992 (9e), et Antoine Bouchard cette année. Dimanche après-midi, alors que tout le pays avait les yeux rivés sur l'écran en espérant une médaille pour le Canada, je n'ai cessé de penser à ce passionné et à tous les sacrifices qu'il s'impose pour modeler des athlètes à son image, d'une part, mais aussi des adultes accomplis, habités de valeurs tels le respect et le dépassement de soi.

L'héritage d'Antoine

Pour le sport du judo, l'exploit d'Antoine Bouchard aura des effets immédiats et considérables en matière de recrutement. Il en a été de même lorsque Nicolas Gill s'est imposé aux Jeux de Barcelone (3e) et de Sydney (2e), ainsi que dans le cas d'Antoine Valois-Fortier, médaillé de bronze à Londres en 2012. Chaque fois, des centaines de jeunes au Québec ont tenté l'expérience du judo, puis en ont fait leur sport de prédilection. Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'engouement sera encore plus significatif cette fois-ci.

À 21 ans, Antoine est à l'aube de sa carrière et il sera sans doute l'un des favoris de sa catégorie lors des prochains Jeux d'été, qui auront lieu à Tokyo. D'ici là, il sera l'ambassadeur d'une discipline encore peu connue, comme l'ont été Alexandre Despatie pour le plongeon et Marianne Saint-Gelais pour le patinage de vitesse. Combien sont ceux qui ont applaudi les prouesses du Jonquiérois dimanche, et pour qui, jusqu'alors, les ippon, waza-ari, adjime, kumi-kata et autres termes associés au judo n'avaient strictement aucun sens?

Avant Gill, l'espoir d'une médaille olympique était presque utopique pour les judokas canadiens. Rien qu'obtenir un laissez-passer pour la reine de toutes les épreuves était un défi titanesque pour les athlètes, qui devaient s'illustrer à l'international malgré un manque flagrant de ressources, dans un environnement marginal et surtout, avec un encadrement nettement moins structuré qu'aujourd'hui, alors que l'élite du pays peut dorénavant s'épanouir au Centre national d'entraînement de Montréal, dans des conditions optimales.

C'est justement parce qu'ils servent à nourrir la quête vers l'excellence et qu'ils suscitent la fierté des peuples que les Jeux sont si importants. Ils sont synonymes de retombées inestimables pour le sport amateur, ainsi qu'une source de motivation sans égale pour les athlètes. Il serait d'une tristesse infinie que ces considérations soient évacuées en bloc en raison des scandales qui ont éclaboussé l'univers olympique au cours des dernières années.

Dimanche, c'est toute la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui est passée à un doigt d'une médaille et qui s'est dit, une fois la déception passée: la prochaine sera la bonne!

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