Des jeunes et des jeux

Le cycliste de Chicoutimi Antoine Duchesne... (Photo AFP, Jean-Philippe Ksizek)

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Le cycliste de Chicoutimi Antoine Duchesne

Photo AFP, Jean-Philippe Ksizek

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ÉDITORIAL / L'actualité sportive fait émerger certaines réflexions cet été. Des Jeux du Québec aux Jeux olympiques en passant par les performances exceptionnelles d'athlètes de la région, y a-t-il encore des gens qui s'interrogent sur les parcours que suivent nos jeunes avant d'atteindre les sommets?

La question est d'autant plus pertinente que les dernières décennies ont été un âge d'or du sport en termes d'investissements, d'équipements et de création de structures. Il suffit de nommer la mise sur pied des sports-études et la multiplication des programmes élitistes pour réaliser jusqu'à quel point le sport baigne dans une ère d'abondance, du moins en apparence.

Des Jeux du Québec aux Jeux olympiques comme nous le vivons en ce moment par la présentation des premiers, à Montréal, et des seconds, à Rio de Janeiro, il y a là, à la fois, toute la beauté et toute la laideur du sport au détriment du sport lui-même!

Les Jeux du Québec portent toujours les valeurs de la pratique sportive même si les victoires sont beaucoup valorisées. Il faut comprendre les délégations régionales qui sont aussi soumises à la pression sociale selon laquelle leurs succès seront jugés sur le nombre de médailles et l'amélioration de leur classement par rapport aux Jeux précédents.

Ces Jeux, il faut toujours se le répéter, constituent souvent le point de départ d'une nouvelle vie pour les jeunes qui, en quelques mois, auront réussi à s'y rendre dans l'enthousiasme, l'amitié et l'effort. Si vous les interrogez à leur retour des Jeux, majoritairement ils évoqueront avant tout leur expérience de vie, des amitiés qu'ils ont tissées et des découvertes qu'ils ont faites.

À l'autre bout du spectre se trouvent les Jeux olympiques, qui sont devenus démesurés, politisés et corrompus à certains égards, au point où il est permis de se demander quels intérêts servent-ils outre l'appétit sans fond des bureaucrates du mouvement olympique. Les droits de télévision et l'argent qui en découle, la course aux grands commanditaires, le dopage, le coût pharaonique de l'organisation des Jeux, dans des pays même qui ont des politiques contraires aux valeurs sportives, ont de quoi donner la nausée.

Pourtant, le chemin entre les Jeux du Québec et les Jeux olympiques requiert une attention particulière. Il permet de comprendre le succès des Léandre Bouchard, Antoine Duchesne, Antoine Bouchard et Audrey Lemieux (qui seront à Rio). Tous sont maintenant intégrés à des structures d'élite, mais ils sont aussi tous passés par des clubs ou associations locales, tenus à bout de bras par des personnes bénévoles et des entraîneurs passionnés, comme Roger Tremblay, en judo, et Jude Dufour, en vélo de montagne.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, tous les observateurs expliqueront le succès qu'ont eu certains jeunes par l'encadrement de leur milieu immédiat ou d'une personne en particulier dans un moment critique de leur développement. Prenez, par exemple, les qualités physiques exceptionnelles de Léandre Bouchard. N'eût été la présence d'un Jude Dufour, elles n'auraient probablement pas été exploitées.Une fois que l'on comprend ça, il faut prendre conscience que c'est à la base, dans leur environnement immédiat, que les jeunes sportifs tracent leur avenir. De là, la grande nécessité d'investir dans les ressources humaines qui font l'encadrement, les clubs et les associations.

Récemment, l'entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, Yannick Jean, a jeté un pavé dans la mare du hockey, un sport très structuré, en posant comme constat que les jeunes ne s'amusent pas suffisamment au cours de leur développement. La question mérite d'être soulevée eu égard à l'équation entre le nombre de joueurs qui parviennent à la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et les structures d'élite en vigueur.

D'autres pratiques dans d'autres sports tendent à démontrer que la notion de plaisir permet aux jeunes d'apprécier leur sport et d'y rester. Voilà une réflexion pour ceux qui ne voient que les médailles!

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