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Justin Trudeau... (PHOTO Chris Young, Archives La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau

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ÉDITORIAL / Dans deux mois presque jour pour jour, Saguenay aura une occasion en or de mettre en valeur ses plus beaux atours, d'un océan à l'autre, alors que le premier ministre Justin Trudeau et ses 180 députés débarqueront en ville pour leur caucus estival.

Au-delà de ses rivières et de ses montagnes, de son hospitalité et de ses plages, cependant, il est primordial que la région profite de l'événement pour sensibiliser Ottawa quant à ses besoins en matière de développement. La liste est longue et en marge des activités du caucus, il sera crucial de bien transmettre nos priorités.

Lorsqu'il est question d'Ottawa et de ses champs de compétences, on pense systématiquement à la base militaire de Bagotville, dont l'avenir repose sur l'achat éventuel de nouveaux chasseurs. Le débat entourant l'acquisition de F-35, de même que la possibilité de remplacer l'actuelle flotte de CF-18 par des appareils de type Super Hornet, une solution intérimaire en attendant de statuer quant à l'achat de chasseurs de nouvelle génération, seront des sujets certainement abordés par le premier ministre Trudeau et son ministre de la Défense, Harjit Saijan, lors de leur passage. L'ajout d'une escadre de drones, un projet qui est présentement dans les cartons du gouvernement Trudeau, doit également être à l'ordre du jour.

L'économie du savoir devra elle aussi être au coeur des priorités soumises aux élus libéraux. En octobre 2015, le député Denis Lemieux s'est engagé à appuyer la construction, au coût de 20 millions de dollars, d'infrastructures dédiées au Centre de recherche universitaire interdisciplinaire sur la qualité et les saines habitudes de vie de l'UQAC. Depuis, très peu de détails ont circulé quant à ce projet. Pourrait-il être annoncé officiellement au cours du caucus du mois d'août? Si oui, le gouvernement fédéral ne pourra certes pas limiter son intervention strictement à la construction d'édifices. Il devra greffer à cette démarche les budgets nécessaires pour une chaire de recherche sur les saines habitudes de vie, par exemple. Nul n'ira s'opposer à un investissement aussi important dans une région éprouvée par les crises qui frappent la grande industrie de l'aluminium et celle de la forêt, mais si Ottawa souhaite réellement faire du Saguenay-Lac-Saint-Jean le pôle académique de la qualité de vie au pays, il faudra s'assurer d'en faire un véritable créneau d'expertise, pérenne et axé essentiellement sur la recherche.

Toujours en ce qui a trait à la recherche, le Centre des technologies de l'aluminium, une succursale du Centre national de recherches du Canada (CTA-CNRC), est l'une des pièces maîtresses de la stratégie de la Vallée de l'aluminium. Entre autres équipements et expertises qui y sont disponibles, le procédé de soudure par friction-malaxage constitue une avancée technologique de premier ordre dans le secteur de la transformation du métal gris. Consolider, voire renforcer la présence du CTA en bonifiant les enveloppes qui lui sont consenties pour la recherche, serait un autre signal positif de la part du gouvernement.

En regard de l'industrie forestière et celle des pâtes et papiers, Justin Trudeau devra être rassurant auprès des responsables de ces filières ainsi que du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui craignent un nouvel affrontement économique avec les États-Unis. Dans le contexte où les intérêts du Québec et de l'Ontario ne sont pas les mêmes que dans l'ouest du pays, dans ce dossier, le gouvernement fédéral devra clairement définir sa position.

Il en est de même pour le dossier du lait diafiltré, dont l'importation sans cesse croissante au Canada vulnérabilise le système de la gestion de l'offre. Et les annonces dans tout ça? Le 22 août 2002, alors que Jean Chrétien était au pouvoir et que le caucus libéral se tenait à Saguenay, Ottawa et Québec avaient confirmé la construction conjointe d'une route à quatre voies divisées dans la Réserve faunique des Laurentides, un chantier dont la facture totale a dépassé le milliard de dollars.

On n'en demande pas tant cette fois-ci. Quelques gestes concrets et une ouverture tangible quant aux enjeux du Royaume suffiront.

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