GDPL: tout mettre dans la balance

Le départ du 1000 km du Grand défi... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le départ du 1000 km du Grand défi Pierre Lavoie en 2015.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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ÉDITORIAL / L'homme le plus heureux d'être sur son vélo ce soir, à 18 h, pour le départ du huitième Grand défi Pierre Lavoie (GDPL) sera Pierre Lavoie lui-même. Et pour cause, il se retrouvera dans l'essentiel de sa mission: faire bouger, conscientiser et attacher les fils entre la santé, la recherche et les jeunes.

Les dernières semaines ont apporté leur lot de critiques à l'organisation, que ce soit la structure financière, les fameux cubes d'énergie, dont des parents n'apprécient pas la gestion et, finalement, une déclaration à la radio d'État selon laquelle il y a un nombre disproportionné d'équipes du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui participent au GDPL par rapport au poids démographique. Ç'a été son triathlon!

Des résultats

Le GDPL est devenu un incontournable au Québec dans ses missions, et l'aménagement de ses programmes bouscule les corps publics, les écoles et leur personnel et, enfin, les parents. Un incontournable, mais pas la panacée, bien sûr, et Pierre Lavoie le reconnaît d'emblée. Toutefois, sur les résultats, il est difficile de contester les avancements des jeunes dans les saines habitudes de vie.

Dans un monde idéal, où l'État et les parents verraient à toutes formes de pérennité, notamment sur les habitudes de vie et un certain équilibre, il n'y aurait pas eu besoin d'une entreprise comme celle de Pierre Lavoie. Cette bienveillance a été abandonnée au moment où les «agressions» se multiplient et s'avèrent de plus en plus insidieuses. Il faut référer, ici, à l'alimentation industrielle, à la sédentarité et à la gestion des objets technologiques qui sont devenus indispensables à nos vies.

L'état de santé général de la population québécoise, à plus forte raison celui des jeunes, se détériore disent les études officielles, et cela met une pression énorme sur les coûts du système public. Et le constat ne date pas d'hier. La preuve: les gouvernements ont investi des dizaines de millions de dollars au cours des dernières décennies pour convaincre les Canadiens et les Québécois de revoir leurs habitudes de vie. Les ParticipACTION, l'ancien Kino-Québec, le Bonhomme Bleu et une foule d'autres programmes, dont de nombreuses fondations, souhaitent voir un changement approprié dans les habitudes de vie.

Le GDPL s'ajoute à ses offres avec une particularité: il est basé sur l'action et implique les entreprises privées. En fait, le financement du GDPL provient à 90 pour cent du privé et 10 pour cent du public. Étant donné que l'«oeuvre» sollicite la participation des écoles, entre autres choses, il est de bon aloi que l'organisation montre patte blanche. Pierre Lavoie en a fait la promesse par suite de certaines critiques sur sa structure financière. La création d'une compagnie privée, dont les fonds proviennent de l'organisation sans but lucratif du Grand défi, et qui capitalise, a soulevé des questions.

Un des défis de Pierre Lavoie est d'entrer dans la vie privée des gens par l'entremise des cubes d'énergie. Oui, ces derniers peuvent y sentir une forme d'intrusion, surtout ceux qui n'en ont pas besoin pour inculquer des valeurs de saine alimentation et d'exercice physique. Sur le fond, les résultats sont là: des milliers de jeunes Québécois bougent à l'école et à la maison avec leurs parents.

Effets bénéfiques

Et l'argent recueilli auprès des participants du 1000 kilomètres en vélo et à la Grande boucle (7000 personnes) revient aux écoles et à la recherche. Chaque équipe s'associe à une école pour financer un projet d'équipement ou d'aménagement. Dans les débats suscités au cours des dernières semaines, de nombreux internautes ont fait ressortir ces investissements. Des parents satisfaits de bouger avec leur(s) enfant(s) ont aussi appuyé publiquement Pierre Lavoie.

Le GDPL a grandi rapidement et s'est vite imposé au Québec. Il est normal qu'on porte des regards différents sur sa mission, c'est le propre de la liberté de penser, mais ne pas reconnaître ses effets positifs, c'est faire preuve de mauvaise foi. S'il y a des interventions à améliorer, il faut le dire. Il faut aussi reconnaître que le GDPL a mis au coeur de la vie des jeunes familles les saines habitudes de vie. Collectivement, c'est un plus!

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