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Remabec était prêt à investir 30M$ à la scierie de l'Ascension à condition que le syndicat accepte d'ouvrir le contrat de travail.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

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ÉDITORIAL / La scierie de L'Ascension est susceptible d'accueillir un projet d'investissement de 30 millions de dollars, lequel permettrait de bonifier l'usine d'une ligne de production supplémentaire en plus de la rendre plus compétitive.

Dans un marché aussi fragile que celui de la forêt, l'abandon de ce projet serait catastrophique pour la communauté jeannoise, mais également pour les centaines de travailleurs de la division, tant en forêt qu'à la scierie.

Présentement, tout laisse croire que la partie patronale et le syndicat de l'usine sont dans une impasse en ce qui a trait à la négociation d'un nouveau contrat de travail.

D'une part, l'employeur fait porter le blâme aux travailleurs qui, selon la direction, refusent d'ouvrir prématurément leur convention collective. La sortie publique du porte-parole de l'entreprise, Pierre-Olivier Lussier, dans l'édition de lundi, campe bien la position des dirigeants en regard de l'avenir de L'Ascension: sans nouveau contrat de travail, il n'y aura pas d'investissement.

Quant à eux, les représentants syndicaux affirment être de bonne foi dans ce dossier et accusent l'employeur d'être trop gourmand, de vouloir casser le syndicat, de leur imposer un recul de 12% par année (salaire, avantages sociaux) et de les contraindre à des horaires inacceptables. Aussi le syndicat refuse-t-il de porter l'odieux de l'éventuel échec du projet de modernisation.

Qui a raison, qui a tort? À juste titre, on dit souvent que rien n'est tout noir ni tout blanc dans un tel bras de fer médiatique, dont l'objectif est, la plupart du temps, d'influencer l'opinion publique.

Enjeux

Dans ce cas-ci par contre, il existe des enjeux de première importance qui débordent largement le cadre des relations de travail: la pérennité d'une usine et la survie d'un village. L'intervention du maire de L'Ascension, Louis Ouellet, qui s'est invité dans le débat en début de semaine, témoigne de la préoccupation qui règne au conseil de ville.

Au cours des dernières décennies, les litiges entre le syndicat et l'employeur de la scierie de L'Ascension ont rarement - sinon jamais - défrayé les manchettes. Pourquoi en est-il autrement aujourd'hui, au moment où tous devraient pourtant travailler de pair afin de faire atterrir les 30 millions de dollars que la compagnie entend investir dans l'avenir de l'usine? Qui plus est, alors que se profile un éventuel conflit du bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis?

L'actuelle convention collective de l'usine Remabec de L'Ascension arrivera à échéance le 31 décembre prochain. Il reste donc plusieurs mois pour que l'une et l'autre des parties impliquées se rapprochent et établissent un dialogue plus constructif.

Car, bien que le syndicat puisse faire valoir la compétence reconnue de ses membres, plaider l'ouverture dont il a fait preuve au fil du temps et mettre en relief la grande performance de leur division, il demeure qu'en fin de compte, malgré tous les arguments, c'est le consortium Saputo - Réjean Paré qui tient les cordons de la bourse.

Établi à La Tuque, le groupe Remabec est le plus grand entrepreneur forestier privé au Québec avec une récolte annuelle de quelque 3 millions de mètres cubes de bois. Il possède deux usines de sciage au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit celle de L'Ascension et une autre à Dolbeau-Mistassini, mais la plus grande part de ses opérations se déroulent en Mauricie.

Doit-on craindre que les dizaines de millions d'investissements projetés à L'Ascension soient finalement attribués à une autre division du groupe? À une époque où la région tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu, il serait périlleux de faire fi de la menace que brandit l'employeur et pousser la compagnie jusque dans ses derniers retranchements.

La gueule de bois pourrait alors être très pénible.

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