Le temps est venu

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, et le... (Photo Le Quotidien, Denis Villeneuve)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, et le conseiller Luc Boivin ont expliqué que le nombre de conseillers à La Baie ne devait pas être réduit.

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ÉDITORIAL / Les braises n'ont pas fini de rougir dans la démarche de s des districts électoraux à Saguenay - il reste d'autres étapes -, mais il serait étonnant que les dispositions du projet de loi 212 soient renversées. C'est donc dire que la position du maire Jean Tremblay de faire passer le nombre de conseillers de 19 à 15 et d'établir six conseillers à Chicoutimi et à Jonquière chacun, et trois à La Baie devrait résister.

Mercredi, le maire, l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), des conseillers, le mouvement Collectif des citoyens pour la démocratie et des citoyens ont défendu leur point de vue devant la Commission de l'aménagement du territoire. Cette démarche de redécoupage est encadrée par le projet de loi 212, soumis par le député libéral de Dubuc, Serge Simard.

Tendance

Au départ, il faut avoir en tête que la réduction du nombre de conseillers est une forte tendance au Québec, mais pas une obligation du gouvernement. Rien n'empêche une ville de présenter un modèle différent. Il reste, cependant, que la diminution s'impose un peu partout: Sherbrooke, avec une population de 154 600 habitants, en a 10, et Trois-Rivières, avec 135 054 citoyens, est représentée par 16 élus, et ce nombre passera à 14 en 2017. Au Canada anglais, les villes semblables à Saguenay en ont beaucoup moins. Donc, on ne peut attribuer au maire seul cette volonté de revoir à la baisse le nombre d'élus.

À la lumière des mémoires présentés mercredi, il est tentant de croire que les conclusions sont partagées. C'est vrai pour la révision, mais pour le reste, il est difficile de savoir ce que priorisent les opposants (au maire) à part qu'ils souhaitent une consultation populaire qui pourrait déboucher sur un modèle différent des autres villes. Isabel Brochu, du Collectif des citoyens pour la démocratie, ne voit pas comment le gouvernement pourrait refuser à Saguenay une proposition à contre-courant si elle vient du plus grand nombre d'électeurs. Et si le collectif ne lâche pas le morceau, c'est que son intention n'est pas d'en arriver à un projet de 15 conseillers! Lui aussi souhaite l'égalité effective, mais pas sur la même base mathématique que celle du maire!

Cela étant dit, la proposition de Saguenay soulève sa part de questions. En dépit de l'argument majeur que le maire a livré mercredi, soit «conserver les limites des arrondissements actuels, d'appliquer la règle proportionnelle des arrondissements plutôt que dans l'ensemble du territoire», il en résultera un déséquilibre dans la représentativité. Un déséquilibre, oui, mais comment faire autrement à moins de réduire à deux le nombre de postes élus à La Baie ou encore y annexer des électeurs de Laterrière ou de Chicoutimi? Le principe du respect des limites des arrondissements vaut là aussi.

Dans un monde idéal, suivant la répartition de la population à Saguenay, 67 437 personnes dans Chicoutimi, 60 256 à Jonquière et 18 617 à La Baie, il faudrait avoir un nombre de conseillers proportionnel à la population.

Le choix entre un nombre égal d'électeurs à plus ou moins 15 pour cent dans chaque district ou le maintien de trois conseillers à La Baie créera de toute manière une exception, pour ne pas dire du mécontentement.

Encore des débats

L'aval, obtenu mercredi, ne constitue qu'une première étape et ne met pas fin aux discussions. Saguenay soumettra au cours des prochaines semaines le redécoupage aux citoyens. Il faut s'attendre à ce que les opposants se fassent entendre de nouveau. Une fois cette étape passée, le greffe de la ville déposera le projet final à la Commission de la représentation électorale, qui découle de la Direction générale des élections (DGE).

Ladite commission analyse la carte électorale en fonction d'un certain nombre de critères, tels l'égalité effective (poids du vote), la géographie, l'histoire et l'intérêt des collectivités. Elle peut, cependant, autoriser des exceptions sur la représentativité.

C'est là que nous verrons si Saguenay a bien fait ses devoirs. Et une chose demeure, la carte électorale doit être réglée pour l'élection de 2017, question d'équité entre tous les contribuables. On est fusionné ou on ne l'est pas...

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