Les rivalités, du passé

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Le président de Diffusion Saguenay, Pierre Mazurette, lors d'une entrevue éditoriale au Quotidien.

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ÉDITORIAL / Diffusion Saguenay termine sa cinquième saison complète d'activités. Née de la faillite du Théâtre du Saguenay, l'organisation peut affirmer, aujourd'hui, qu'elle a relevé son plus imposant défi : celui de regrouper l'ensemble des activités culturelles au sein d'une même Église, en dépit des chasses gardées, des conflits de personnalités et des déchirements engendrés par la fusion des trois anciens diffuseurs du territoire saguenéen.

Au cours d'un entretien éditorial, le président de Diffusion Saguenay, Me Pierre Mazurette, évoque la « rivalité malsaine » qui régnait à l'époque et qui, inévitablement, influençait négativement la qualité de l'offre culturelle. L'avènement de Diffusion Saguenay a permis de marier les arrondissements, non sans difficultés, mais surtout les genres, dans l'intérêt du grand public comme dans celui des initiés.

Car il s'agit bien là de la vocation principale d'un diffuseur majeur : promouvoir la culture sous tous ses aspects. Le succès au guichet enregistré lors de la visite d'un humoriste ne constitue-t-il pas une belle occasion de mettre en valeur un jeune talent régional, de faire découvrir un peintre émergent ou de donner une voix à des comédiens inconnus?

La quête de profits ne peut être le leitmotiv d'une entreprise telle que Diffusion Saguenay. Pourtant, depuis cinq ans, l'OSBL a su rentabiliser ses opérations et engranger des surplus totalisant 118 000 dollars, alors que 75 % de ses revenus - 3 millions de dollars - sont générés par la vente de billets. Plus encore, 110 employés travaillent sur une base régulière pour la corporation, dont une vingtaine de techniciens de la scène.

Les critiques ont été vives à l'égard de Diffusion Saguenay et certains acteurs de l'industrie continuent de dénoncer le monopole de l'organisation et son contrôle presque absolu sur le monde du spectacle, elle qui est gestionnaire des principaux lieux de diffusion à Saguenay. Pierre Mazurette sait qu'il compte des détracteurs, mais il répète être ouvert à négocier avec tout le monde. Plusieurs ententes de partenariats plaident en faveur de ses dires : Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Société d'art lyrique du Royaume, Québec Issime, Festival Jazz et Blues, Regard sur le court, Zone portuaire et Théâtre La Rubrique.

Le bébé de Mazurette

Un autre partenariat pourrait bientôt voir le jour et celui-là, Pierre Mazurette le présente comme son bébé.

Fermé à l'automne 2014, le Palace d'Arvida n'a jamais été remplacé dans le paysage immobilier de la corporation, le bâtiment patrimonial offrant un cachet unique propre aux structures des années 1920. Il est absolument inacceptable que ce cabaret de quelque 400 places, érigé à l'ombre des vieilles cheminées de l'usine d'Arvida, disparaisse en ruines.

Au conseil d'administration de Diffusion Saguenay, on rêve non seulement d'obtenir les quelque trois millions de dollars nécessaires à la rénovation de l'immeuble, mais également à un éventuel partenariat avec le département d'Art et technologies des médias (ATM) du Cégep de Jonquière, lequel y installerait, au sous-sol, des studios de captation et d'enregistrement, tel que le révélait la journaliste Mélyssa Gagnon dans Le Progrès-Dimanche du 8 mai dernier. Faute de pouvoir confirmer quelques détails que ce soit concernant l'avancement de ce projet, c'est sans réserve que Pierre Mazurette verbalise son désir de faire du Palace un endroit où le passé cohabitera avec l'avenir; un lieu de diffusion qui, par son architecture, témoignera de l'histoire de la région tout en démontrant qu'il est possible d'acquérir, ailleurs que dans les grands centres urbains, les compétences technologiques les plus pointues.

Comme quoi le rôle de diffuseur majeur ne se limite pas à produire l'artiste de l'heure, dans le seul dessein de remplir les salles et d'empocher les dividendes.

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