À Bagotville, armés ou non

Le député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux,... (Archives Le Quotidien)

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Le député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, a invité mardi la population à participer activement à la consultation portant sur la révision de la politique de défense compte tenu de l'importance des installations militaires dans la région.

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ÉDITORIAL / Quelle que soit la tangente empruntée par Ottawa quant à l'utilisation de drones militaires, Bagotville doit à tout prix être dans les plans de développement, ce créneau qui constitue l'avenir de la défense aérienne.

Le député fédéral Denis Lemieux invite la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean à participer à une consultation pancanadienne visant à définir la nouvelle politique nationale de défense. Entre autres choses, il insiste sur la nécessité de faire atterrir des drones dans sa circonscription, ces appareils sans pilote qui seraient complémentaires à la flotte de CF-18 déjà existante et à celle d'éventuels chasseurs de nouvelle génération.

On a beau s'opposer aux aéronefs commandés à distance, nul ne pourra empêcher leur prolifération au-dessus des champs de bataille du 21e siècle.

Le gouvernement de Justin Trudeau a confirmé, en mars, sa volonté de doter les Forces de drones, sans toutefois définir si les appareils canadiens seront armés ou si leur action se limitera strictement à la surveillance.

En 2006, l'ancien premier ministre Stephen Harper avait promis d'établir le premier escadron canadien de drones à longue portée à la Base fédérale de Goose-Bay, sur le territoire de Terre-Neuve-et-Labrador. Une décennie plus tard, ce sont les libéraux qui sont au pouvoir et ceux-ci ne sont pas liés aux engagements de leurs prédécesseurs. En levant la main, Denis Lemieux vient de faire de Bagotville une option tout à fait défendable. Pour Chicoutimi-Le Fjord comme pour toute la région, l'implantation d'un escadron de drones serait une excellente nouvelle, car elle permettrait la croissance de Bagotville, une base qui dispose d'un couloir aérien plus qu'adéquat et qui est située à un battement d'ailes de Valcartier, où les forces terrestres sont établies.

On oublie trop facilement l'importance de la Base fédérale de Bagotville, qui emploie plus de 1500 personnes et qui génère des retombées économiques estimées à près de 150 millions de dollars annuellement, selon les données disponibles sur le site des Forces armées canadiennes. S'il n'avait pas manifesté clairement sa position à l'égard des drones, Denis Lemieux ne se serait pas acquitté de son mandat premier, lequel est de veiller aux intérêts de sa circonscription.

Armés ou non

Il appartient au gouvernement Trudeau de statuer si les drones canadiens seront armés ou non.

En 2014, les conservateurs n'avaient laissé place à aucune interprétation. Tel que le rapportait Le Devoir, à l'époque, le Guide d'acquisition de la Défense était explicite: des appareils qui vont fournir «une force de frappe de précisions en soutien aux forces terrestres ou spéciales».

Comme le gouvernement précédent, le chef d'état-major de la Défense nationale, le général Jonathan Vance, se dit lui aussi favorable aux drones équipés d'armements. Devant le comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, en mars, il a affirmé qu'il serait ridicule d'avoir un appareil en mesure de détecter le danger, mais incapable de frapper afin d'enrayer la menace.

Bien qu'ils ne se soient pas encore mouillés, on sait d'ores et déjà que les libéraux ont demandé aux fournisseurs intéressés de leur soumettre des modèles capables de tirer un missile de type Hellfire ou de jeter deux bombes de 113 kilogrammes. Sans dire que les dés sont pipés, le gouvernement en place n'est visiblement pas fermé à l'idée de déployer des drones lors d'opérations tactiques.

Compte tenu de la controverse engendrée par l'utilisation de drones armés par les Américains, en Afghanistan et en Irak, le débat sera certainement abordé sous tous les angles au cours de la réflexion à laquelle nous convie le député Denis Lemieux. En revanche, dans la région, il serait dommage de se laisser distraire par la vocation finale des appareils au point d'oublier l'enjeu primordial: assurer la pérennité de Bagotville au-delà de l'ère des avions conventionnels.

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