Que la fin d'un chapitre

Le conseiller municipal Bernard Noël... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le conseiller municipal Bernard Noël

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ÉDITORIAL / Le plaidoyer de culpabilité prononcé lundi par le conseiller Bernard Noël devant la Commission municipale du Québec (CMQ) clôt un chapitre dans son affaire de voyage au prestigieux Tour de France et révèle une facette de sa personnalité que le public ne connaissait pas: il est capable de mensonge et de fraude. Et il n'est pas au bout de ses peines puisque la police et l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont ouvert un dossier.

Du même coup, le conseiller se rend passible d'une suspension de sa fonction d'élu municipal ou d'une amende. Déjà, il a confirmé qu'il mettra fin à sa vie politique en novembre 2017. Une triste fin de carrière pour un voyage de 5500$, pour assister à un départ du contre-la-montre, la dernière chose qu'un amateur de cyclisme voudrait voir, si ce n'est que pour observer la couleur des souliers et les casques aérodynamiques des coureurs.

Bernard Noël se parjure, dit avoir menti à tout le monde, déclare avoir fraudé, et affirme, sous serment, avoir élaboré en solitaire un mécanisme de fausse facturation qui lui permettrait de séjourner en France en compagnie de sa conjointe et de sa fille, sur le bras de Promotion Saguenay et de la Coupe des Nations, en juillet 2013.

À plusieurs endroits dans son plaidoyer, il disculpe le maire Jean Tremblay et les administrateurs de Promotion Saguenay d'avoir été parties prenantes de cette entrave au Code d'éthique et de déontologie pour les élus de Saguenay.

Le conseiller municipal prend le blâme dans son entièreté et s'excuse auprès du maire et de tous ceux qu'il a floués.

Une fois que le plaidoyer est enregistré au tribunal, tout le reste tombe, c'est-à-dire les témoignages de certains administrateurs de la Coupe des Nations. Même la sortie de M. Noël, après la révélation de l'affaire, devient caduque, lui qui avait mis tout son coeur à se disculper lors de la seule entrevue qu'il a accordée au Quotidien dans ce dossier.

Même chose pour les affirmations de l'ancien directeur général de la Coupe des Nations, Lauréat Larouche, selon lesquelles le maire Tremblay et son bras droit, Ghislain Harvey, auraient donné leur bénédiction à Bernard Noël pour ce périple en France. Cette hypothèse n'est qu'une invention de Bernard Noël.

«Le Grand prix cycliste (Coupe des Nations) a servi de transit pour récompenser Bernard, pour ce qu'il a fait lors des Jeux du Québec. Nous avions une organisation en santé, qui avait budgété l'achat des maillots et des médailles. Les 5500$ qui ont été demandés à Promotion Saguenay n'avaient rien à voir avec ça», a rapporté Lauréat Larouche, convaincu des explications fournies par son ancien président.

L'ancien directeur de la Coupe des Nations ne pourra jamais relater sa version des faits devant la Commission municipale.

Au bout du compte, l'histoire retiendra que Bernard Noël, de façon unilatérale et sans résolution pour endosser sa démarche, a décidé de voyager aux frais de la princesse avec sa conjointe et sa fille.

À défaut d'éclabousser qui que ce soit hormis le principal intéressé et sa famille, l'affaire Bernard Noël soulève une nouvelle fois le débat sur la vulnérabilité de l'appareil municipal à Saguenay. L'ex-conseiller Fabien Hovington a lui aussi profité des failles du système pour visiter Nice, sous prétexte de mettre en valeur le Festival forestier de Shipshaw.

Est-ce que les enquêtes menées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) mettront en évidence des lacunes dans l'appareil municipal? Les aveux déposés lundi à la Commission municipale du Québec sont-ils susceptibles de mener à des accusations criminelles? Bernard Noël et Fabien Hovington sont-ils deux cas isolés, des individus qui ont su abuser de la confiance qu'entretenait le maire à leur égard?

Le plaidoyer de culpabilité du conseiller Noël est un point tournant dans cette saga peu édifiante, mais de nombreuses questions demeurent sans réponses. Reste maintenant à savoir de quoi sera composé le prochain chapitre.

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