Une gifle pour Couillard

Phillippe Couillard était à Chicoutimi, lundi, pour soutenir... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Phillippe Couillard était à Chicoutimi, lundi, pour soutenir sa candidate, Francyne T. Gobeil.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Le gouvernement de Philippe Couillard a reçu, lundi soir, une gifle dont l'empreinte pourrait être encore bien visible en 2018, alors que tous les Québécois seront conviés aux urnes.

Nul besoin de recul ni d'une analyse bien approfondie pour faire l'autopsie de l'élection partielle qui vient de se conclure.

D'abord, la cote d'amour des Chicoutimiens à l'égard du Parti québécois est visiblement demeurée intacte, malgré le départ de Stéphane Bédard dans des circonstances encore obscures et malgré l'impopularité du chef Pierre Karl Péladeau au sein de l'électorat. Le PQ n'avait qu'à présenter une candidate crédible pour reconfirmer son emprise sur le territoire et c'est exactement ce qu'il a fait.

La nouvelle députée Mireille Jean peut franchir le seuil de l'Assemblée nationale sans complexe et sans le sentiment d'avoir été portée par l'héritage de la famille Bédard. Tout le mérite lui revient, de même qu'à ceux qui l'ont entourée depuis qu'elle a signifié son intention d'être candidate. La population de Chicoutimi l'a adoptée dans une forte proportion pour ses idées, mais aussi pour l'étonnante maturité politique dont elle a fait preuve au cours des dernières semaines.

Outre sa réussite en affaires et son intérêt pour les nouvelles technologies, il est difficile de trouver des similitudes entre la femme qui a été élue, lundi soir, et celle qui a été défaite, en 2005, dans sa tentative de déloger Jean Tremblay de la mairie de Saguenay. Cette fois-ci, les adversaires étaient moins redoutables que le maire Tremblay, certes, mais il demeure que Mireille Jean a su s'imposer lors des débats et des entrevues auxquelles elle s'est prêtée.

Sans l'ombre d'un doute, la meilleure candidate a gagné.

La défaite de Couillard

Même si cette victoire correspond à une treizième profession de foi consécutive de la part des électeurs de Chicoutimi envers le Parti québécois, elle ne constitue pas moins un échec pour les troupes libérales, et particulièrement pour le premier ministre Philippe Couillard qui n'a pas été capable de « vendre » le pouvoir dans une circonscription voisine de la sienne!  

Pourtant, de mémoire récente, jamais les astres n'ont été alignés de façon aussi favorable. Car, en plus d'être majoritaires à l'Assemblée nationale pour encore deux ans et de connaître parfaitement les enjeux du Saguenay-Lac-Saint-Jean - qui a été l'objet d'un sommet économique l'été dernier, rappelons-le -, les libéraux auraient dû tirer profit la démission inattendue de Stéphane Bédard.

En 2014, les libéraux étaient passés bien près de ravir la circonscription avec Michel Mallette comme candidat. Ce dernier a terminé avec un maigre déficit de 1605 voix contre l'ex-député Bédard, pourtant l'un des députés les plus influents du gouvernement de Pauline Marois.

Que s'est-il passé entre cette performance plus que respectable et la débâcle de lundi soir? Rien. Et c'est précisément là que réside le problème. On ne peut mettre fin à un règne de plus de quatre décennies sans y consentir les efforts.

Grâce à ses fonctions au sein de l'administration municipale de Jean Tremblay, Francyne T. Gobeil jouissait d'une notoriété plus grande que celle de M. Mallette, davantage connu au Lac-Saint-Jean pour son rôle de président et fondateur de l'événement Démo Forêt 2000. Il aurait été normal qu'elle talonne son opposante péquiste jusqu'aux derniers dépouillements.

Or, non seulement la candidate a-t-elle dû composer avec des obstacles qui étaient hors de sa portée, soit l'arrestation de l'ex-ministre Nathalie Normandeau et la controverse entourant Sam Hamad, elle a également été envoyée au front sans arme ni munitions.

C'est à se demander si le gouvernement souhaitait réellement l'emporter.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer