L'inébranlable forteresse

Les candidats à l'élection partielle dans Chicoutimi ont... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Les candidats à l'élection partielle dans Chicoutimi ont participé à un débat sur les ondes d'ICI Radio-Canada mercredi.

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ÉDITORIAL / Les résultats du sondage publié ce matin témoignent d'une réalité indéniable: il faudra bien plus que l'appât du pouvoir pour ébranler la forteresse péquiste de Chicoutimi.

Le portrait réalisé par la firme SEGMA Recherche pour le compte du journal Le Quotidien et Énergie-Rouge FM démontre également à quel point aucun aspirant au siège de l'ex-député Stéphane Bédard n'a su, jusqu'ici, imposer de nouvelles idées au cours d'une élection partielle qui, pourtant, était sensée être l'occasion parfaite pour prôner les intérêts supérieurs de la circonscription. Plutôt qu'un buffet de projets potentiels et structurants, les électeurs chicoutimiens ont été servis, essentiellement, avec les mêmes plats qu'à l'habitude, décongelés et sans saveur.

Il y a lieu de se demander très sérieusement pourquoi le Parti libéral n'a pas inondé Chicoutimi de belles promesses et d'engagements au cours des quatre dernières semaines, ce qui aurait donné aux citoyens un échantillon de ce qu'est le pouvoir. En confirmant la participation de Québec dans la réfection du Centre Georges-Vézina, par exemple, le gouvernement aurait sans aucun doute été taxé d'opportunisme. Par contre, il aurait augmenté de façon significative ses chances de l'emporter.

Le premier ministre Philippe Couillard a eu beau multiplier les bains de foule en compagnie de sa candidate Francyne T. Gobeil, il n'a pas été en mesure de la protéger des scandales qui ont éclaté pendant cette course, en particulier l'arrestation de l'ancienne ministre Nathalie Normandeau par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et, plus récemment, la controverse entourant Sam Hamad, qui a finalement démissionné de ses fonctions de ministre.

Francyne T. Gobeil a été victime de son parti et c'est ce qui explique, en grande partie, sa dégringolade dans les intentions de vote, depuis le sondage du 24 mars. Avec un recul de 11 points sur l'exercice précédent (22% par rapport à 33%), elle peine aujourd'hui à devancer la caquiste Hélène Girard, pour qui 18% des personnes sondées sont favorables.

Le Parti québécois domine largement dans les intentions de vote, à quelques heures du scrutin, et ce n'est certainement pas une question de hasard.

La candidate Mireille Jean a été à la hauteur des attentes de ses militants dans les différents débats auxquels elle a participé, de même que lors de ses sorties publiques. Depuis le déclenchement de la campagne, elle a effectué un parcours sans fautes et, par-dessus tout, elle a su se distinguer de son chef, Pierre Karl Péladeau, qui peine à convaincre les électeurs de la région. Mireille Jean a par ailleurs été en mesure de proposer quelques projets réalistes, qui méritent d'être poussés davantage une fois cette élection terminée. Ce fut notamment le cas mercredi, dans le studio de Radio-Canada.

Au cours de ce débat, la candidate du PQ a jeté les bases d'un projet-pilote qui ferait du Saguenay-Lac-Saint-Jean le point de départ de la stratégie québécoise d'électrification des transports. Entre autres arguments, elle a évoqué la présence de l'Université du Québec à Chicoutimi. Elle aurait également pu mentionner le climat nordique qui caractérise la région et qui constituerait un atout dans l'analyse de ce type de véhicule.

Le sort semble aujourd'hui scellé en ce qui a trait à cette élection partielle.

Si le Parti québécois confirme sa domination dans Chicoutimi avec une marge aussi écrasante que celle que prédit le sondage, alors que la formation Pierre Karl Péladeau siège dans l'opposition, le premier ministre Couillard devra nécessairement faire acte d'introspection et se demander s'il s'est suffisamment soucié de sa région d'adoption, depuis que celle-ci l'a porté au pouvoir.

Il devra surtout craindre que ce rejet soit l'indicateur d'un mécontentement plus vaste, qui déborde des frontières du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le cas échéant, les deux prochaines années seront-elles suffisantes pour redorer l'image du Parti libéral et renouer avec les électeurs québécois?

Une chose est sûre: la lumière rouge est allumée dans les bureaux du gouvernement.

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