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L'Hôtel de Ville de Saguenay

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ÉDITORIAL / Cette façon de nommer des directeurs à la Ville de Saguenay, sans appel de candidatures ni autres formes de processus de sélection, est sinon douteuse très questionnable.

Avant même d'entrer en fonctions, le directeur du nouveau Service de développement durable et de l'environnement, Denis Bernier, est exposé à la critique et doit répondre des promesses faites par le maire Jean Tremblay. «Le meilleur de tous», a-t-il répété sur toutes les tribunes, en prêchant son efficacité et ses compétences. Aussi, les attentes seront-elles particulièrement élevées pour cet employé fraîchement nommé sans opposition.

Denis Bernier a-t-il les connaissances et l'expérience nécessaires pour assumer les tâches qui lui sont proposées? Très certainement. Était-il le meilleur candidat pour ce poste? On ne le saura jamais.

À juste raison, cette question sans réponse suscite la controverse et ternit une démarche qui aurait pourtant mérité d'être applaudie par l'ensemble des élus et des citoyens de Saguenay. La création d'un département dédié au développement durable est en effet une initiative louable, pertinente, qui témoigne d'une Ville moderne. La nouvelle est cependant éclipsée par un autre affrontement à l'hôtel de ville, où, d'une part, la conseillère Christine Boivin accuse le maire de favoritisme, et, d'autre part, le maire réplique en qualifiant cette dernière de «langue sale».

De ce face-à-face peu édifiant, une seule question émerge: pourquoi le maire n'a-t-il pas soumis son candidat à un jury de sélection, sinon parce qu'il craignait qu'on lui préfère quelqu'un d'autre?

On ne peut diriger une Ville comme on règne sur un royaume, sans comptes à rendre ni explications à donner. En préconisant une politique de gestion unilatérale, le maire ouvre la porte au type d'attaques dont il a été la cible lundi, lors de la séance régulière du conseil. On ne peut quand même pas reprocher à la conseillère Christine Boivin d'exiger des explications au nom de la population qu'elle représente!

d'autres Candidats potentiels

Au cours des dernières semaines, voire des derniers mois, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'industrie forestière a continué de battre de l'aile alors que, dans le secteur de l'aluminium, Rio Tinto a amorcé une vaste restructuration qui se traduit, entre autres choses, par l'abolition de dizaines de postes d'encadrement. Des professionnels issus de la grande entreprise, qui sont déjà établis dans la région, auraient-ils été susceptibles de prendre les commandes du développement durable à Saguenay?

Des employés de la direction régionale du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques (MDDELCC) auraient-ils été tentés par un nouveau défi?

La nomination de Denis Bernier s'inscrit dans le même registre que celle de l'ex-conseiller municipal Fabien Hovington, placé à la tête de la Zone portuaire, ainsi que celle de Danielle Godin à la direction générale de l'arrondissement de Jonquière. Cette dernière était membre du cabinet du maire Tremblay avant d'obtenir ce poste. Dans l'un et l'autre de ces cas, le maire n'a pas jugé qu'un affichage serait indiqué.

Au cours de sa carrière politique, Jean Tremblay a su s'entourer d'alliés qui lui sont demeurés fidèles et qui, en revanche, ont pu compter sur son appui indéfectible, envers et contre tous.

Dans le cas du nouveau directeur du Service de développement durable et de l'environnement de Saguenay, c'est le successeur de Jean Tremblay qui devra composer avec le candidat choisi et qui devra répondre de son travail. Moins de deux ans avant la tombée du rideau, n'aurait-il pas été souhaitable que le maire cède la place à un comité indépendant, qui aurait évalué les candidats potentiels selon une liste de critères précis et objectifs?

Une chose est certaine, pour un tel mandat, dans les circonstances actuelles, il est peu d'arguments moins convaincants que l'impression d'avoir nommé «le meilleur».

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